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INTRODUCTION

Les premiers ponts métalliques ont été construits en Angleterre à la fin du siècle dernier : ce sont des arcs en fonte, dont les dispositions très défectueuses ont servi de modèle pour les ouvrages établis en France au commencement du siècle actuel. Cette innovation n'eut pas grand succès au début, et resta à l'état de curiosité jusqu'au moment où Polonceau créa, dans le pont du Cart'ousel (1833), un type très bien conçu et infiniment supérieur aux œuvres imparfaites de ses devanciers, et que Ton s'empressa d'imiter.

L'invention et le développement des chemins de fer eurent une influence décisive sur la construction des ponts métalliques. Ce ne fut plus une afl'aire de curiosité ou d'expérience, mais une question de nécessité, qui obligea à édifier en maintes circonstances des ouvrages en fer ou en fonte, au lieu des ponts en pierre dont l'usage était jusqu'alors général.

La construction des ponts en maçonnerie est régie par un certain nombre de règlespratiquestrès étroites et très rigoureuses, dont l'application est souvent bien difficile, et auxquelles il faut pourtant se soumettre. Pour un pareil ouvrage, il faut d^s fondations solides et inébranlables qui puissent supporter un poids énorme sans tasser ou se

KYl PONTS MÉTALLIQUES.

déplacer, sous peine d'entraîner la ruine du monumeni. L'ouverture, ou la distance entre deux piles, ne peut guère dépasser 35 mètres ; au delà de cette dimension, si des circonstances particulières permettent de la dépasser, on a un ouvrage exceptionnel qui doit être traité avec un soin tout particulier et entraîne de fortes dépenses. Il n'y a pas d'exemple que l'on ait atteint 68 mètres d'ouverture. Le rapport de la hauteur à l'ouverture ne peut être fixé arbitrairement : il ne s'écarte guère, en plus ou en moins, de la valeur 1/2, sauf pour les portées inférieures à 20mè- Ires, où il peut être considérablement augmenté. Chacun a j)u voir qu'aux abords des anciens ponts en pierre, établis à la traversée des rivières, les routes présentent des rampes très prononcées, si la vallée est large et unie, et (les pentes non moins accentuées si la vallée est étroite et profonde : leurs auteurs ont dû en effet ramener le niveau

de la chaussée à la hauteur qui convenait au pont, et ils

ont subordonné le profil en long de la route aux exigences de la construction. Si l'on ne veut pas recourir à cet artifice, et qu'on ne dispose que d'une faible hauteur, il faut, bon gré mal gré, diviser l'ouvrage en arches d'ouvertures réduites, et multiplier les piles, quelque coûteuses qu'en soient les fondations. Si au contraire la hauteur est considérable et dépasse 20 mètres, on est encore forcé de diminuer les ouvertures, et l'on a un viaduc, ouvrage coûteux, qui exige des matériaux excellents et beaucoup de soin dans leur emploi, nécessile des fondations multiples, et présente dans son exécution des difficultés sérieuses. Lorsque la hauteur dépasse 60 mètres, il faut renoncer au pont en pierre qui n'est plus admissible, à part des cas absolument exceptionnels.

D'autres sujétions naissent de la nécessité de laisser une hauteur libre suffisante pour la navigation, sous les

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