DI\ISÉS EN QUATRE CLASSES
Classe I."" Race maure (42) à laquelle on a donné une origine arabe ou asiatique, et qui parait être, selon Mr. Walckenaer, celle des véritables indigènes des parties septentrionales et orientales de l'Afrique. Dans les états barbaresques, en Egypte et en Abyssinie, cette race s'est beaucoup mêlée avec les Arabes, qui au 7.=^ siècle s'y sont répandus, par les armes, la religion et le commerce, et avec d'autres peuples venus d'Europe et d'Asie. Cependant elle est suOTisamment recounaissable dans les abvwins (5o), qui forment une-
race essentiellement distincte des Arabes. La race maure scst conservée plus pure dans les montagnes de TAtlas, parmi les kabyles ou brebers ■ ou BERBER3 (/(S)) d"où vicnt le nom de barbarie; parmi les Kaliyles des montagnes septentrionales du royaume de Maroc, de celles d'Alger, de Tripoli et de Tunis; parmi les amarzighs, nommés par les Arabes schilla ou scHtLLA, à Textrêmifé sud de l'Atlas; parmi les touaryks (4(i) et les tib- Bos ou TIEE0U3 (48). Lcs coFTEs OU Koi'HTEs (47) Semblent être un faible reste des descendans des anciens Égyptiens. Classe II.'^ Race des nègres qu'on a nommée peut-être improprement race éthiopienne; ce sont les habifans primitifs de l'Afrique occidentale et centrale; ils ont pénétré, vers l'Est, jusqu'en Nubie, en Abyssinie, en Egypte, et sur la côte orientale. Celte race est la plus nombreuse de l'Afrique. Nous ne connaissons point les peuples nombreux qui habitent l'Afrique centrale ou le Soudan. Cependant nous sommes certains que les habitans du Darfour sont de véritables Nègres, et il parait que les habitans de Bournou, de Kordofan, de Seunaar, sont aussi Nègres. Les foullahs (5i), d'un noir rougeâtre, habitent principalement le Sénégal; il en existe des tribus jusqu'au S. du Fezzan, sur les Contins et même dans l'intérieur du royaume de Bournou; ils habitent encore sur le Joliba ou Niger (4g) dans les royaumes de Masina, de Tombouctou. Au sud de l'Abyssinie sont les gallas, les CHiLLOUKS, les NUMBOS, Ics ziMBAs. Lcs Abyssius nomment schingalla. tous les Nègres en général. Parmi les Nègres de la Sénégambie on remarque les JALOFS (32), les plus noirs et les plus beaux des Nègres; les man- DiNGUES (54) qui possèdent le riche pays de Bambouk ; les sousous de Sierra- Leone; sur la côte d'or les fetou, les akim, les akra, les aminas, les da- HO.MAvs (55), les habitans de bénin (56), les calbongos (5;). Les naturels du CONGO, quoique noirs comme les Nègres de Sénégambie, semblent former cependant une race différente, et se rapprochent par les traits des Européens. Le plus terrible et le plus dégoûtant cannibalisme règne parmi les habitans de l'intérieur de cette partie de l'Afrique, particulièrement
chez les DJAGAS.
Les Nègres de la côte orientale d'Afrique, également originaires de l'intérieur, sont les MOUDjous, Nègres très-laids sur la côte de Mozambique {6^) ; les MONGALLEs (65); les MAKOUAS OU MAK.0UANAS, dcpuis Meliuda jusque dans le voisinage des caffres; les Nègres de Madagascar ou les madacasses (69). Cette île a sur ses côtes plusieurs colonies arabes très-nombreuses. — III.*^ Race des hottentots et des caffres qui occupe toute l'Afrique méridionale. Cette classe est distinguée des Nègres par un angle facial moins obtus, un front bien voùlé, un nez saillant; mais elle s'en rapproche, dans plusieurs tribus, par des lèvres épaisses, des cheveux sinon laineux, du moins crépus, un teint qui varie du brun jaunâtre au noir clair. Les NOMAycois et les PAMARAS au N. O. de la région du Cap; les koaunas à l'est des Nomaquois;
les GOUANQUAS à l'est des Koronas et vers les montagnes de la Caffrerie. appartiennent à la race des hottentots. Mais ceux que les Hollandais appèleut BOScHiMANs et qui se nomment eux-mêmes houzouanas et saae, qui habitent aussi au N. E. , forment une vai'iété particulière. A Test des eoscHiMANs sont les CAIFRES, IcuFS euncmis, grands, vigoureux et bien proportionnés; leur peau est brune ou ressemble à celle du fer nouvellement forgé, leurs cheveux sont noirs, crépus et courts, leur barbe est peu fournie. Le nom de caffres n'est qu"uue dénomination générale, qui signifie infidèles; il a été donné par les Arabes, qui se sont établis dans la partie septentrionale de la côté orientale d'Afrique, à tous leurs voisins non Musulmans, comme les Européens ont donné le nom de payens aux peuples qui ne sont ni Chrétiens, ni Juifs, ni Mahométans. Les tribus des Caffres, le» plus voisines de la région du Cap, se nomment koussas; plus au ]S. E. sont
les TAMBOUAKIS et les HAME0HNAS. Au ]S. dcS H0TTENT0T5 et dcS BOSCHIMAN»
et à l'ouest des montagnes de la Cafl'rerie est la grande nation des betjou- ANAS (Co), qui paraissent tenir plus à la race des caffres qu'à celles des
EOSCHIMANS et deS HOTTENTOTS.
Classe IV.* Peuples originaires des autres continents, qui possèdent de vastes territoires et forment des nations nombreuses; tels sont les Arabes des états barbaresques (4:2) et des côtes de l'Afrique orientale; et les Européens du cap de Bonne-Espérance, et les divers élablissemens de Sénégambie, de Guinée, de Sofala et de Mozambique. La race de ci anches ou des indigènes des CANARIES, ne nous est connue que par les momies embaumées que ce peuple nous a laissées (voy. pi. XXIA .)