DES LANGUES
Apres la religion et le gouvernement il n'y a pas de liens [ihis piiissans entre les hommes que les langues. Dans les premières périodes de la société, chaque peuplade-
sauvage a un langage particulier et (ouf différent de celui des peuplades voisines; mais lorsque la civilisation perfectionnée donne naissance à des états assez étendus, régis par un seul gouvernement, alors les dialectes particuliers des diverses peuplades primitives disparaissent peu à peu, ou se mêlent avec le dialecte de la tribu principale, qui prévaut sur toutes les autres, et forme une langue. L'usage de cette langue se répandra chez un grand nombre de nations, et semblera pouvoir aspirer à une durée illimitée, si le peuple qui la parle, se distingue par ses productions littéraires, si ce peuple étend au loin ses relations par le commerce, s"il subjugue un grand nombre d'autres peuples, ou s'il voit uaitre dans son sein une religion qui se propage sur une grande partie du globe.
Les langues sous le rapport de leur extension, sont générales ou particulières; sous le rapport de la situation géographique des peuples qui les parlent, elles sont orientales ou OCCIDENTALES; cllcs sont 310KTES quand elles ne sont plus en usage que parmi les gens de lettres, et vivantes quand leur usage est commun h toutes les classes de la société. Les laugues sont naturelles quand elles sont propres au continent où elles ont été ou sont eu usage, et étrangères quand elles se sont inlroduiles d'un continent dans un autre à la suite des invasions d'un peuple conquérant. On considère enfin les langues comme mères, ou comme ayant transmis beaucoup de leurs traits à celles qui eu. dérivent et qu'on nomme, par cette raison, langues filles.
L'Europe a plusieurs langues générales, dont quatre naturelles et une étrangère.
Les langues naturelles sont la GRECyrE, la latine, la teutoniqle et la sclavone; l'étrangère est la TURQUE, qui vient de l'Asie.
Les deux langues anciennes les plus répandues autrefois sont:
La L\NGUE GRECQUE^') parlée anciennement depuis les colonnes d'hercule jusqu'à I'in- Di s , et depuis les sources du nil jusqu'à l'oxus. Nulle autre langue ne peut lui être comparée par le nombre et la beauté des productions littéraires; et pour connaître toute sa gloire et l'étendue de ses bienfaits, il sufiit de nommer l'évangile, les poèmes d'Homère et les ou\ rages d'Aristote. Aujourd'hui elle est encore reeonnaissable sous la jilume et dans la bouche des desccndans subjugués et avilis des anciens (jrecs.
La langue latine"', qui est devenue l'expression du sentiment, la langue de l'esprit, la peinture de la poésie sous la plume de cicéron et des césar, des saluste et des tite- LivE. des HORACE ct des virgile, et a été redevable aux conquêtes des Romains, d'une aussi* grande extension que la langue grecque, en devenant la langue dominante du vaste empire romain, depuis I'océan atlantique jusqu'à la mer caswenne; depuis les jiontagnes d'éihiopie jusqu'à celles qui séparent la calédonie (l'Ecosse) du reste de I'ile b'aleion (l'Angleterre). Cette langue, quoique morte, est restée la langue sacrée et savante de l'Europe, Les langues tilles de la latine sont:
♦> Oïl a mdi<iUL- lîau asléris<juc tes Langues .Tiiciouncs f^ui sont encore cii u^a^e p.iui.i los savaus.
ne s'est pas ëlenduc audelà des limites de . .
l'iTALiE ; c'est une des causes de de son inévitable décadence.
dominai! (e en
La LANGUE ITALIENNE, qul parait être, surtout pour les mois, une modification delà langue latine, mais qui, par la syntaxe, se rapproche de toutes les langues inndernes. parmi lesquelles les clicfs-d'œuvres lilleraires qu'elle a produits et qui rappèlent les beaux noms de rÉTRARijuE, de
I'aHIOSTE, du TASSE, de MÉTASTASE
et d'ALFuni, lui assignent un des premiers rangs •
C'est celle dont la lilléraUire s'est formée la première lors de la renaissance dçs leflres. Elle s'est divisée en ditlérens dialectes; les peuples germaniques, qui ont envahi la haute et moyenne Italie, ont introduit un grand nombre de mots de leurs idiomes. D'un autre côté les arabes, les ^•ORMA^Ds, les aragonais, ont exercé une forte inlluence sur le langage de I'italie jiéridionale. . . La langue trançaise, quiamoins de magie, mais plus de sagesse, et doit être sous ce rapport la langue favorite des philosophes.
Elle a dû la gloire de s'étendre parmi un si grand nombre de peuples, à la situation géographique de la FRANCE, aux conquêtes des Français, à leur influence dansles aflaires de l'Europe, à son extrême clarté, et au génie des nombreux écrivains qui l'ont cultivée et se sont approprié toutes les beautés grecques et latines
C'est dans le 12.'^ siècle qu'on a commencé à écrire la langue française ou romane, abandonnée auparavant au vulgaire. Elle se divisa presque dès sa naissance en deux grands dialectes, celui du Nord ou langle d'oil, ou celui du Sud ou la.ngle n'oc.
La langue espagnole, qiie les Suèves, les VVisigoths et les Arabes ont contribué a moditier, mais qui, avec I'italien, se rapproche le plus du LATIN. Les fortes aspirations qui la distinguent, lui viennent du teutonique ou de l'arabe. Elle doit sou extension au règne brillant de CHARLES-yuiNr, aux découvertes des COLOMB, lies coatez et d'autres conquérans du nouveau monde. La langue espagnole est dérivée du castillan, l'uu des deux dialectes qui ont prévalu sur les diiféreiis autres qui se sont j)artagé la péninsule his- ÎANii^LE
parlée et entendue
FRANCE, dans Je caxapa a sain-ç,-
DOMINGUE, à la MARTINIQUE, cl l'iLE-DE-FRANCE, à l'JLE-DE-BOi: R-
P.ON , et dans les divers points da
globe où les Français entendes
établisseniens.
dans les h au tes classes de la société des autres états de l'Europe.
parlée en
ESPAGNE, dansia NonvErxE-ES?AC- N£, dans le vaste empire espagnol de l'AMÉRlyUE MÉRIDIONALE, dans File de cuba, dans quelques lies des ANTILLES, auxrHiLii-piNfs, aux lies MARIANES ou dans les colonies espagnoles de l'Archipel de KOiAsiE et de polv>É5IE.
La LANGHE PORTUGAISE, quî doït
son extension au loin bien plus aux colonies et aux conquêtes des Portugais qu'au génie du CAMOÉxs et d'autres poètes recommandables. Cette langue est dérivée du galucien
parlée en Europe dans
se propage
en usage
le poRTHCAi. par moins de deux
millions d'habitans.
dans les vastes solitudes dm