‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 65 sur 180 · P L A ^: C H E XXVI · texte numérisé non relu

P L A ^: C H E XXVI

La Laponic se présente sous un aspect liideux; elle semble être le tombeau de la nature, la terre proscrite, et Ton réserve ordinaireinent au Lapon le dernier rang parmi les nombreuses variétés de l'espèce humaine. On accuse la nature de l'avoir traité avec rigueur, et on le regarde comme le plus misérable des hommes; car on ne peut concevoir que le bonheur puisse exister dans un pays privé cliaque année pendant plusieurs mois de la présence de l'astre du jour, et dont le sol resserre par un froid excessif, n'offre pour parure que la mousse et quelques végétaux rabougris. Ce jugement est néanmoins précipité et l'expérience en a démontré le peu de solidité. En effet le Lapon aime son pa3's et le trouve préférable aux contrées les plus favorisées de la nature; il est donc heureux. Transplanté sous un climat moins rigoureux, il tombe dans la mélancolie, dépérit et meurt bientôt en regrettant sa cabane enfumée et ses rapides traîneaux. Plusieurs géographes préfendent que tous les Lapons sont d'origine finoise.. Cependant les hommes actifs et industrieux qui habitent le Grand-Duché de Finlande, ont, pour porter le nom de Finois, un droit garanti par l'usage, et ils seraient, avec raison, fâchés de se voir confondus dans la même classe que les Lapons. Tous les Finois-Lapons sont sujets norvégiens et tous les Lapons appartiennent à la Suède. Mais si l'on parle de ce peuple en général, on ne peut plus lui appliquer la dénomination de Finois. Les Lapons sont de petite taille, mais leur force surpasse celle des liabitans de la zone tempérée. Leur tête est grosse; leurs yeux ordinairement bleus, sont enfoncés et chassieux. Ils ont une grande bouche, des joues creuses, un menton long et pointu et un teint très-basané. Les traits des Laponnes, un peu moins repous- 'sans, sont cependant incompatibles avec la beauté. Ce peuple dont les facultés intellectuelles sont excessivement bornées, est plongé dans l'ignorance la plus profonde. La pauvreté de sa langue annonce celle de ses idées, et à peine sait-il compter au-delà de dix. La superstition, fille de l'ignorance, règne chez les Lapons. Ils sont soupçonneux, colères, brutaux, menteurs et paresseux; mais ils sont probes, charitables et hospitaliers. Leur habillement consiste dans une tunique de peau de mouton, un habit de dessus en drap grossier ou en peau de renne et un étroit pantalon. Xeurs souliers grossièrement fabriqués de peau de mouton, sont pointus et recourbés par le bout comme les sabots des Chinois et garnis en mousse. L'habillement des femmes diffère peu de celui des hommes. On distingue les Lapons en Lapons des côtes et en Lapons pasteurs. Les premiers s'établissent dans les lieux les plus poissonneux et y forment des habitations ou des huttes couvertes d'écorce et de terre, et dont la porte est si basse qu'on ne peut y passer qu'en rampant. Un trou ménagé au sommet de la hutte, livre ■un passage à la fumée, qui néanmoins remplit toujours l'intérieur de cette misérable habitation, dont la planche XXVI présente la forme, ainsi que celle d'une espèce de magasin destiné à serrer les provisions et où l'on monte au moyeu d'un escalier formé

par des entailles pratiquées dans la pièce de bois qui suulicnt cette cage qui ressemble assez <à un colombier. Le lait du renne aigri, forme la principale nourriture des Lapons. Pendant Tété ils le préparent en le faisant bouillir avec de l'oseille. L'hiver ils le recueilii^nt et le conservent ])hi.sieurs mois dans un estomac de renne, après l'avoir mêlé avec des sucs d'aircHe. il se durcit tellement par la gelée, que pour le manger o'.i est obligé de le couper par tranches avec une hache. Les Lapons des montagnes ;i)oute'nt siiivciil à ce mets la ciiair du renne. Ceux des cotes se nourrissent de celle (lu bœuf, du mouton, du Ion]!, du renard, en un mot ils mangent la chair de toute espèce d'animal, excepté celle du cochon qu'ils ont en horreur. Ce sont les hommes qui se chargent du soin de la cuisine et de tout ce qui concerne l'écoKomie du mén;.ge. Les femmes ont en parlage la préparation des vêtemens et la fabrication des ustensiles de bois. La boisson des L;i])nns est ordinairement la neige fondue. Rien n'égale la passion qu'ils ont pour le tabac quand ils le mâchent; ils crachent dans leurs mains et se frottent le nez avec cette salive imprégnée de tabac, afin de se procurer une double j<mis5ance. Les Lapons des côtes ne changent que deux fois de demeure pendant l'année, au printems et en automne; mais ils n'abandonnent leur habitation que pour la reprendre avec le retour de la saison. Les Lapons des montagnes sont au contraire continuelleuicnt errans; le milieu de l'été les voit se rapprocher des côtes de la mer, et aux aniioiices de l'automne ils retournent vers leurs montagnes. Le Lapon se transporte rapidement d'un lieu à un autre, dans un traîneau en forme de nacelle et attelé d'un renne. Une corde ])assée dans la bouclie du coursier et entre les jambes, remplace la bride de nos ciievaux. Cet animal docile obéit à. la voix de son inaitre, et lorsque celui-ci veut > oyager avec foute la vitesse possible, il se met à genoux dans son traîneau et prie le renne d'accélérer sa marche. Encouragé par des sons devenus familiers, l'animal redouble cfTeelivenient de vitesse, et parcourt dans l'espace d'une heure trois ou quatre lieues sur leire et six à sept sur la glace.

Une certaine espèce de lichen {/lichen is/oiic/icus, L.) qui croit abondamment dans la Laponie, forme la nourriture de cet animal, qui fait la principale richesse du pa\s. Avant que le Danemark eut envoyé des missionnaires dans la Laponie, les habitans de cette contrée étaient adonnés à l'idolâtrie la plus grossière, et il parait presque certain qu'une partie d'entr'eux n'ont point encore renoncé aux erreurs de leurs ancêtres, quoiqu'ils dérobent soigneusement aux missionnaires la connaissance de leurs pratiques superstitieuses. Ils adoraient entr'autres divinités thor ou thier.mes, qu'ils représentaient par ie simulacre grossier d'une figure humaine en bois de bouleau , et ils enfonçaient dans la pai'lie qui formait la tête, un clou d'acier, auquel ils attachaient un caillou, aiin que thob. put allumer du feu à volonté, et ils lui donnaient pour signe distinctif un marteau. Cette idole placée derrière leur cabane, était élevée sur un plancher et ils l'entouraient d'une haie de branches de pin. Derrière l'idole ils pinçaient les cornes et les principaux os de la tête des rennes qu'ils avaient immolés en son honneur, et ils déposaient leurs offrandes devant elles. Certaines montagnes et un grand nombre de rochers remarquables par la singularité de leurs formes, étaient autrefois le lieu de leurs sacrifices et des pratiques pieuses des Lapons; ils sont encore aujourd'hui l'objet

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de leur vénération. Quelques-uns il'entr'cux y vont de grand matin en pèlerinage, revêtus de leurs meilleurs habits; ils n'offrent point de nouveaux sacrifices, mais ils se gardent bien de toucher aux ossemens, restes des anciennes offrandes, car ils croiraient commettre un grand sacrilège. Jamais ils ne placent leurs fentes dans le voisinage de ces lieux sacrés, afin de ne point troubler la tranquillité de la divinité, et ils n'oseraient y tuer un animal quelconque. Lorsqu'une femme passe près d'un de ces endroits, elle est obli-Jce de se couvrir le visage ou de détourner la tête. Ils font des offrandes lorsque des épidémies régnent parmi les rennes, ou en cas de maladies, de mariages stériles. C'est toujours à un magicien qu'ils demandent à laquelle de leurs divinités il faut s'adresser, quelle offrande il faut porter, eu quel endroit il faut la déposer. Le ina°icien se sert souvent de son tambour magique, qui est une boite ovale couverte d'une peau et garnie de plusieurs cordons et de différens ornemens; des figures de corps célestes, d'animaux, d'oiseaux, et plusieurs autres caractères sont tracés sur cette peau. Le sorcier pose un anneau sur le tambour, y frappe avec une baguette qui est une corne de renne, et d'après la figure sur laquelle la vibration de la peau fait tomber l'anneau, il répond à toutes les questions et prédit l'avenir. Ils attribuent à leurs sorciers le pouvoir de procurer ou d'empêcher le vent et la pluie, de produire et de détruire les insectes, de parler aux revenans; mais ils croient que le tonnerre poursuit les magiciens, et de là leur proverbe: Sans le tonnerre, le monde périrait par la tnngie. En vain les rois de Suède ont rendu des ordonnances très-rigoureuses contre les prétendus nécromanciens; ils n'ont pu détruire le penchant de ce peuple pour l'art illusoire et méprisable des enchantemens, des divinations et des sortilèges. La stérilité est, comme chez les Juives, un opprobre parmi les Laponaises. Le père donne à l'enfant nouveau né un renne femelle; lorsqu'il a fait la première dent, le père, s'il est riche, lui fait présent d'un second renne. Les parens ne souffrent pas qu'un jeune homme se marie avant qu'il soit en état de tuer un renne. Les Lapons enterrent leurs morts sans cercueil, tout habillés et quelquefois tout nus suivant les cantons. Ceux qui sont payens, enterrent leurs plus célèbres chasseurs près des endroits destinés aux sacrifices; ils couvrent ordinairement le tombeau d'un traîneau renversé, et ils y placeut quelques nourritures.

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IK O T E S K È L A T I r E S AU T A B L E A V-

Cl) Prse Ju nicri(3icâ Je Paris et tîisiingticc scion sa position en orientale et occitlentale.

(2) L'Angletcrrn d'abord appelée Alhion, de la lj!a:iclieiir de ses dunes, rrrut des FLonî.iiii'! celui de Britannîa, Bielagnc, dont les racines lettiques sont hiit, peint, tatn, V*^}'*' P^*" ^^ ^"^ ^'■'^ haLîlans de celte île, à l'arrivûe des Romains, étaient dans l'usapc de se peindre le corps à la marnère des insulaires dont parlent nos vovagcurs modernes. Elle ne prit le nom tl'Aiiiileicrre qu'en 82" , époque où, sous ce nom, Egbcit, 17/ roi des Saxons occidrnlaux, éîevé à la cour de Cîiarlcmagne, réunit son-; sa dominatiou les rovaunics saxons de rUeplarcîiic.

(3} La surface, d'après Plarf.iir, est de 49,/,5o milles carrés i lesquels, à raison de la population estimée à Sj.ioOjOoo liubitans^ en donnent environ ï68 par mille

(4) Ce qui donne pour le plus long jour iG heures, et poitr le plus court 9 lieures.

(d) n se trouve particulièrement dans le pays do Galles et est appelé £/n/« Je co/Hou^/V/ej (Corn vall). Cent mille ouvriers, dit-on, sont employés à l'expl«itativ>n des mines de celte contrée Elles éiaicut célèbres da tems des Pliénicicns; ce soûl les plus riches qu'il y ait.

(6) Elle se tire de Drvonsliîre.

(7) Elles sont dans le Clicshire et le IVorLluimliCrland.

(8) Les seules mines du Nortliumberland en envoient à Loudres annucUcuicnt plus de 6no,ooo mesures (Cbaldrons),

(9) Le cidre d'ilertort et de Devonshire est estimé à Londres.

(10) II est de première qualité et dans le niiili de TAngleterre; il forme une branche considérable de commerce.

(iij Excrllens coursiers, et sous ce rapport s^iuvont inappréciables pour les courses qui ont rendu quelques lieux célèbres, comme Newmaiket en Epsom etc. Les courses de chevaux durent corninunément une semaine , et donnent lieu dans les villes de province à des bals et à des spectacles qui V attiient beaucoup de femmes. Celles d'Epsom sont les plus fiéquentées par les persan nés de Londres, qui n'en est qu'à 1 fi milles; mais c'est à ?Se^Tmarkc•t, bourg fort triple près de Cambridije,

oiî viciiucnl lrè-;-peu de femmes, que courent les meilleurs chevaux et que se fout les plus gros paris. Les personnes qui ont des chevaux à faire courir, s'arrangent ensemble pour le jour et po'.r les paris, qui se combinent avec un art infini et qui souvent varient plusieurs fois peu da ut les courts . insinns que dure la course. Ces courses sont plus ou moins lonï^ues. et se fniit en Ion-; ou en rond, selon la naluie du terrain, qui «.-si indiqué par des poteaux. Pour que le poids que porte chaque clieval, soit le luémc, ou égalise avec des plaques de plomp celui des postillons ou jockeîs, et on les repèse après la course, pour voir s'ils n*en o?it pas jeté. Ces postillons, très-légèrement vêtus, i élèvent sur leurs étrîers, se penchent sur la tête de leurs cbcvau?: , et après les avoir ménages au commencement de leur carrière, les animeul vers la fin avec la voix, le fouet et réperon. Des juges placés près du but, et dont le jugement est irrécusable, nomment le cheval qui l'a atteint le prcinier, et décident ainsi des- paris. 11 y a des espiiipics de chevaux qui arrivent si également, que la course est déclarée nulle. Celte passion des Anglais pour les courtes, ou plutôt pour le Jeu, leur occa-jïonne beaucoup de dépcn-its et a ruiné plusieurs familles. Connue spectacle, leur beauté dépend du grand nombre des spectateurs, de chevaux et d'équipages. (PI. XXXU.)

(12) Ils y sont de prem.ère qualité pour la laine, une des plus précieuses pour la fabrique des draps.

Ci3) CozvtictiBATiox DU SOL. Lcs viontagncs âe V Aji' glctcrre ne forment point de chaînes tiès-étcnùucs ni Irè '-prononcées, et ne s'élèvent pas à une graiide hauteur. Lcs principales sont le Peack da^s le Derbishire; le Cheviot-JJilts , qui s'étend du N au S. au travers des provinces de Northumbeilaud et de Cumberland; le Cïiiitem ^ qui traverse le Buclvingamshire; le Manern, dans le "Worcestcrshire ; le ffrekin, dans le Shropshire; le Pi:iiliinmon et le Snowdon dans le pays de Galles. Hivicres, outre celles du tableau général, la McthvaY , qui arrose le Susscx et le comté de Kent; la Sa7>erne , qui se jette dans le canal de Bristol; le IVent qui, joint à l'O'ise, prend le nom ne ffumhert; la Tjne, qui se jette dans l'Océan âTinmouih, la Tees, qui se jelle dans l'Océan au-dessous de SiocKtnn ; VEdan, qui arrose Applebv et Cailisîe; l'^î'on, q^ui se jette dans la mer d II lande au-dessous de Preston ; la ^lur'sej- , dans

la mer <TIi!,inJe, an-^>s5oi!5 il. I.ivorpnol. Latf, ccMiK (le Soham-Mere, Trittlesea-Were, Ramscj- Meie, dans l'ile d'EIr; Jimander-Meie , Jaus le "VVestaiorlaad et dan'S le Lancaster, etc. (i.,! L'£co«e porta d'abord le nom de CaU'donie, de ses premiers habilaus, les Calédoniens, qui furent subjugués par les Pktes , mais les Scots '.cùlonie irlandaise qui s'y établit vers le eoLBUicnc*mcnt de l'ère ciirélienne) après la retraite des Eomains, lurs de l'invasion des Gotlis , lui firent donner celui de Scoth'ul que nous traduisons [ur celui iVEcosse, (i5) C'est-à-dire d'après Plarf.nr, 27.79I milles carrés, qui, à raison d'une population de 1.600,000, eu donnent 57 par mille.

(iGJ Ce qui donne pour le plus long jour 17 bcurcs

et demie, et pour le plus court 7 et demie. (,7) Cosr.GURAliOK DU SOL. Principales moniognei . les Grampl.ins, cliaine qui s'étend dans les comlés de Pertli, Angus, Mearus et Aberdeen. Les montagnes de Zoivlands, ou des basses terres, au midi et à l'est des Grampians ; les montagnes de flrghlamh, ou bautes-lerrcs, qui commencent au-delà d'Inverness. Les Grampians peuvent être considcrés comme une grande cliaine frontière, qui s'étend depuis Locli-Lomond jusqu'à Stonebaven. I.e Ben-ncvis dans l'Inveruessbiie est considéré tomme le plus baut sommet de la Grande Biciagi.c; il a 4,33o pieds de bauteur^ Hivil-res , outre la Spey. on dislingue la Fortli , la Tay , la Dée , la Tweed, la Cljde, Vllumher, la nibhte, Mersej etc. Lacs (appelés Loch dans la géograpbie d'Ecosse): ils sont très- nombreux. On distingue principalement Loch-Taj, Locli-Lolimlnd , loch-Xess , Loch- A\ye, Lochc-Tyne, qui est une espèce de mer, et Loch-Spinic, près d'Elgin, dont le bassin est toujours rempli de cvgnes. Baies; les plus remarquables sont celles de Glenluce , de irigtown, de Sohviii, de Marnr, de Giomarty etc.

(l3) N*uiuée par les Irlandais Erinlaml , ce qui dans la langue du pays signifie pays d' Ouest. Le nom latin flihenda vient du mot phénicien Abeiiiae, qui siguilie la partie la plus éloii^iiée à l'Ouest. Ancicnne.r.cut elle recul quelquefois le nom de Iiisu'a sacra sancla, par ce qu'il ac devait y e\i>. 1er aucun animal vénimeus, et que la nation était fertile en savans et en saints dans le moyen âge. (19) Selon Plavfair, la surface est de 27. .t'jj milles carrés, qui. a raison de la population de .,,000,000 bonimes, en donnent l52 par mille carré. (20) Ce qui donne pour le plus long jour 16 bourrs et demie vers le S., 17 heures et demie vers le

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N., et p^ur le plu« ci.url 9 heures vers le S., 7 heures et demie vers le !V. ;2i) Quelques-unes de ces mines contiennent des

parties d'argeul, telles que celles de AViclvIou. C22) Les salaisons qu'on en fait, forment une branche

d'esportation considérable, ;23) Cetie ile est un excellent pay.s, dont le sol prèsque partout gras et friable, est propre à tous les climats du N. , et surtout aut pâturages que l'humidité li.abituelle de l'air m.iintient toute l'année dans lluo verdure, à la beauté de laquelle rien n'est comparable en Europe.

Co.^•ru■.UK.^TIO^• du son, L Irlande forme un contraste frappant avec l'Ecosse; elle est presque toute unie, fertile et abondante en pâturages; elle oOre peu de bauteurs remarquables, qui méritent à peiiic^le nom de collines; les principales sont le Mourne et VIvcagb dans le comté de Dawn. Jiiijières ; outre le Slianiioii, le Jian, la r.ngne, la IJffer, le ^arrov/, le i\o;e et le Suir. Les naies les plus remarquables sont celles de Carrick-Fergus. de Cardi^nford , de 0,rk. de Jiallimce, de y,<uurj: de Galhnvar. de Donegal etc. Les ifl« sont en très-grand nombre ; les plus considérables sont ceux de Reagb et de KiUarnej. Ce dernier est justement célèbre; la nature scnd.le s'être plue i y réunir tous les genres de beautés pittoreniucsj'la poésie les a célébrées, et l'art de U gravure s'est surpassé pour en reproduire les points de vue les plus romantiques, ilarais; il y en a de très-vastes; celui d'.///cn a 80 milles d'étendue et contient .îoo.ooo atres ; il y eu a encore d'autres très-étcndus et plus petits épars dans le ri.yaume. ITn pbénouièue bien remarquable en histoire naturelle , qu'on remarque sur la cote d'Irlande, dans le comté d'Antrim , c'est une réunion immense de basaltes dont le nombre est de plus de ;io,ooo. Ces nrismes de grosseur et de fm-mes Irès-varices sont poreux et percés de petits trous. Leur couleur-,, irn peu noire p.irtout où ils sent baignés par les. eaux de la mer, devient blancb,ilrc dans les endroits qui restent toujours exposés à l'aclion de l'air et du soleil. Ce lieu célèbre, nommé la riiaussce des géants, forme, sans Contredit, la plus imposante de toutes les productions volcaniques. Une suite de colonnes plus ou moins régulièrement placées, décorent cette côte d.ins une étendue de plusieurs milles, et vielincnt se terminer à i!|»r..ffç«(/, pointe énorme. D'autres prismes, aussi variés daVis leurs formes et leurs combinaisons, s'élèvenf au milieu de la mer autour de la petite ile de Rhagery , cl terminent cette scène majestueuse qui, p.ir sa richesse et sa v.ariélé, l'emporte sur l'ilc de Stali'j, mais qui n'a

rien de comparable à la régularité de la groUe de Fingal, dont il est parlé plus bas.

Les îles voisines de V^ngleterre sont l'île de Mun dans la mer d'Irlande , qui dépend du comté de Cumberland ; l'ile d'^ni^lesej- , dans la mciiie mer, déi^rndant de la prlncipaulé de Galles ; les Sorlin. sues ou anricunes Cassïtérides , dépendantes du comté de Cornouailles , dont la principale est Ste. Marie; l'île de îf ii;ht, dans la Manche, dépendant du comté de Haiitz; l'île de Jersey ^ dans la Mancbe , à six lieues des côtes de France. Guemesey f au Nord; l'île à\'4lderney , au >î. E. de la précédente; l'île Sark à TEst.

I<:les de r Ecosse. On les classe en trois division<;: les Hébrides, ou les îles de l'Ouest (Western-Islands) ; les Orcades , groupes de 67 îles, dont 29 habitéesles îles de Schetiand. Chacun de ces derniers archipels nourrit plus de 20,000 hommes. Les petits chevaux de Schetland sont devenus u» objet de luxe et "de curiosité en Angleterre. Les solitaires îles J-f'estern n"ont dû quelque célébrité qu'aux poèmes galliques attribués à Ossian , et aux admirables ca- Ternes basaltiques de l'île de Staffa. Il parait qu'Ossian, ce barde célèbre, vivait vers la fin du 3* siècle,, entre la chute des Druides dont il fut un des derniers disciples, et l'établiiseraent du chrisllanisnic- Ou doit à M "^ Macpherson une éloquente traduction des œuvres de ce poëte, écrites en langne erse, qui est la même que l'irlandaise, et qui est un mélange de l'ancien celte et de la langue punique, qu'on appelé galic dans les Higlands. L'île de Staffa gît par le 57** de latitude nord; elle est entièrement formée de prismes d'une pierre noire , compacte. Ces espèces de colonnes de basalte, qui- ont quelquefois jusqu'à 45 pieds de hauteur, sont réunies en faisceaux , et couronnées par nn peu de terre végétale et de petits prismes d'un moindre calibre que ceux dont la charpente de l'île est formée. Les Hébrides et par conséquent Staffa , sont presque généralement regardées comme des restes de volcans antiques , qui jadis exercèrent leurs furies destructives dans ces contrées, occupées anjourdliui par la mer, qui, à son tour, sans cesse en courroux, sape à chaque instant les fondemens de Staffa. Déjà ses coups réitérés ont ébranlé et détruit un certain nombre de prismes ; elle s'est ouvert un pû«;sage au milieu d'eux et semble vouloir les engloutir tous dans son sein et dérober par là un des plus beaux monumens volcaniques. Parmi les ouvertures qu*elle s'est pratiquées, la plus importante et la plus gigantesque est celle que les habitans des Hébrides nomment la grotte du Fingal ou grotte mélodieuse (pi, XXXllIO C'est vraiment un temple naturel,

qui, par son stjlc iévèrc, son aspect majestueux, ne craint point la comparaison des monumens égyptiens. Ce n'est pas tout: à l'extrémité de cet antre, dans un lieu sombre et silencieux, le vorageur étonné entend quelquefois des sons doux et mélodieux, qui sortent d'une cavité qui est souvent cachée par les flots; en cela scniblablc au colosse de Memnon , qui salue le soleil par ses chants, Staffa semble par les siens rendre hommage à Neptune. La nature n'offre rien de plus parfait datis ce genre; des colonnes basaltiques décroissantes en ornent les côtés, et le long de leurs bases régnent de nombreux degrés , restes d'autres prismes brisés par les flots et dont le sommet forme «ne belle vouie que les stalactites jaunes semblent décorer de caissons et de rosaces dorées. La mer est le pavé de cet auguste temple, dont l'aspect, tantôt riant, tantôt sévère et terrible, varie au gré du plus inconstant des élémens. Tout l'art et tout l'eftort des hommes n'en sauraient é ever ni d'aussi durables » ni d'aussi maje»;tueux, et ce qui est plus, admirable, ajouteraient à peine à sa régularité.

\oici les dimensions de cette grotte d'après le che^ valicr Banks, qui voyageait dans les Hébrides en 1772:

Longueur 371 pieds.

Largeur à l'entrée. • 53 '— Largeur au fond . . 20 — Hauteur à l'entrée . 117 — Hauteur au fond . . 70 ■ — Profondeur à l'entrée 18 — Profondeur au fond . g —

On remarque à l'habillement des Écossais qu' ! leur a été permis de reprendre, il j a quelques années et'auquel ils tiennent beaucoup, quelque chose de l'habillement romain^ des bas d'étoffes rayées en losanges et liés au-dessous du genou, un jupon court qui leur tient lieu de culottes, une ou deux petite& vestes assez serrées, et un manteau de 5 à 6 aunes de long, qu'Us portent lié en écharpe quand il fait beau; le jupon et le manteau sont toujours d'une étoffe de laine rayée de couleurs foncées et tranchantes. Ils portaient autrefois un poignard et un couteau dans àes gaines attachées à leur ceinture> près d'une large poche de cuir, qui leur servait de bourse. L'habillement des femmes ne diffère point de celui des Anglaises. La fierté dans la misère,^ la paresse, effet de la vanité, et la curiosité, enfant de l'oisivité, voilà les traits qui caractérisent les Hîglanders , qui d'ailleurs sont bons, honnêtes, hospitaliers, peu intéressés, mais sensibles à l'excès aux injures, au mépris, durs à eux-mêmes, et couch? t souvent en plein air sur leurs bruyères, enveloppés dans leurs manteaux ; ils aiment la guerre et en bravent avec courage les fatigues et les danger».

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