‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 110 sur 167 · LES B O R I( ES · texte numérisé non relu

LES B O R I( ES

le 12° de Blongit/oc jet le ^longit,' or.| le 36° elle 44I'dlat,N-

L ETENDUE

long ■ larg

r les Pyrénées , / ( l’Océan

[ ( allant.1

( le

C Portugal,

^ le détroit de| ^ Gibraltar.

( Méditerran,

’auN,

àl’O

lau S,

16,74b ,s carr, (4).

LES rPLODUCTIOnS.

'Minérales. TVIin. d’or, d’argent, de platine, de fer (6), de cuivre et de plomb ; soufre, alun, vif-argent, antimoine et salpêtre; cristaux, marbres, pierres de taille (7) et pierres précieuses de plusieurs espèces, eaux minérales.

Végétaux. Vins (8), fruits excellens, olives (g), câpres, pastels , garance, lin, chanvre, sumac, blé, riz, safran, tabac, potasse, liège, bois de charpente.

5 et6.1 Janimi climat \ (10), £5)^ mule

males. Chevaux moutons (11), mules, cochons, bêtes fauves, toute espèce d. vola il le, abeilles, vers-à soie, kermès, poissons.

Industr,” Le commerce des piastres qu’on tire de l’Amérique, lasoiecrueou mise en œuvre , le miel (12), la cire, I; parterie (i3), la ba rilla (14L la bonne terie , les cordages les laines qui on grande réput." 0 5) les soies , les glace; (16) etla porcelaine

LE CLIMAT ET LE SOL

Climat. Est salubre; les montagnes qui la traversent et l’élévation de son plateau, tempèrent la chaleur des vents du Midi ; dans les provinces du Nord, l’apreté de l’hiver est adoucie par les vents de l’Océan plus humides que froids ; dans presque toutes les saisons, l’aspect du pays estdélicieux, les pâturages embaumés, les vignobles, les bois d’orangers , le thym et les autres plantes, forment un spectacle aussi agréable que varié. Le vent du Sud appelé Solano, exercesurtoute l’Espagne une fatale influence et cause aux nerfs une grande irritation.

Sol (17). Très-fertile en Catalogne, dans le royaume tle Valence et en Andalousie ; excellent en Arragon et en Castille ; ingrat dans les Asturies, la Galice et la Biscaye, où cependant l’industrieuseactivilé des habitans supplée à la médiocrité du sol.

NOTES RELATIVES AV TABLEAU

(i) L’Espagne fut appelée Hespêrie par les colonies grecques, à cause de sa situation au Couchant; Ibérie par les navigateurs de Phénicie , de VIber ou Ibei us , aujourd’hui l’Ehre ; Hispan d’IIispalis [aujourd’hui Séville], fondée par Hispan, un des anciens rois de la Bétique, à une époque qui n’est point assignée par l’histoire. L’Espagne fut peuplée par des Africains, des Gaulois, des Phéniciens, des Grecs et des Carthaginois attirés par l’or de ses mines. Ces derniers en furent chassés par les Romains, qui divisèrent l’Espagne en trois provinces et la gouvernèrent comme le reste de leur vaste empire- A la chute de l’empire romain, l’Espagne fut envahie par les Goths. Au commencement du 5,e siècle, les Suèves, les Vandales, les Alains se la partagèrent; en 584 les Visigoths en firent la conquête, et y élevèrent une monarchie puissante, qui fut bientôt détruite par les Arabes, Maures ou Sarrasins. Les gouverneurs maures ayant secoué le joug des califes d’Afrique, formèrent des royaumes indépendans. Leurs rivalités fomentèrent de longues et éternelles guerres, qui le devinrent encore davantage, lorsque des princes chrétiens ayant conquis une partie de l’Espagne sur les Maures , y fondèrent de nouveaux états , entre lesquels la différence des religions , du langage et de la figure excitait des haines irréconciliables. Le premier de ces royaumes fut fondé dans les montagnes des Asturies par le prince Pélasge; il s’y était réfugié avec tous les nobles Visigoths, après la malheureuse bataille de Xérès, qui rendit les Maures maitres de l’Espagne. De cette poipoignée de braves réfugiés s’élevèrent, à différentes époques, les états chrétiens des Asturies, de Léon, de Navarre, de Castille, d’Arragon, de Portugal; lesquels resserrant les Sarrasins chaque jour davantage, les chassèrent tout-à-fait et se remirent enfin tous [à l’exception du Portugal] sous le nom de royaume d’Espagne , par le mariage de Ferdinand, roi d’Arragon, et d’Isabelle, reine de Castille. Ce prince reprit enfin aux Maures le royaume de Grenade , le seul qui leur restât. Il établit l’inquisition dans ses états, et insensiblement tous les Maures furent contraints de repasser en Afrique. A la mort de Ferdinand, l’Espagne passa dans la maison d’Autriche, par le mariage de sa fille Jeanne avec l’archiduc Philippe. Leur fils, Charles-Quint, éleva ce royaume au plus haut degré de gloire, au moyen de la prépondérance que lui donnait en Europe la possession de lAllemagne, des Pays-Bas, d’une grande partie de 1 Italie etc. La postérité

de Philippe s étant éteinte, la couronne passa dans la maison de Bourbon , en la personne du duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, qui prit le nom de Philippe V , dont le roi actuel est l’un de ses descendans.

(2) Prise du cap Finistère en Galice , au cap Creus en Catalogne.

(3) Prise du cap Gates, au royaume de Grenade, au cap Ortégal en Galice.

(4) Qui, à raison d’une population de 11 millions, donnent 656 habitaus par lieue carrée.

Tau Sud 14 1/2 h. p.r le plu- long jour.

— 9 h. p r le plus court j.r v.l.N. i5 \J~2 h. p.rle plus long jour.

— 81/2 h. p.r le plus court j.r

(6) Le Biscaye en est remplie , et le fer y est exploité avec beaucoup d’industrie. L’exportation de ce métal forme une des principales branches du commerce que fait l’Espagne.

(7) Il y a des carrières près d’Aranjuez, d’où l’on tire une pierre qui égale en beauté celle de Portland, et la surpasse par la facilité avec laquelle on la travaille.

(8) Parmi les vins on distingue ceux d’Alicante, de Malaga et de Xérès. Si l’Espagne eut préféré la culture des vignes à l’exploitation de ses mines dans le nouveau monde, elle serait aujourd’hui plus riche et moins dépeuplée.

(9) L’Espagne possède des forêts d’oliviers, et les olives les plus belles de l’Europe, surtout celles de Séville; cependant l’huile y est détestable.

(10) Remarquable par leur belle conformation, par leur vitesse et leur docilité. L Andalousie, sous ce rapport, offre les plus belles races; elles sont l’un des objets d’économie, dont le gouvernement s’occupe avec le plus grand soin.

(n) Les moutons donnent la plus belle laine qu’on puisse posséder. L’Espagnol, faute d’industrie et peut-être de moyens, eu vend beaucoup plus à l’étranger qu’il n’en met en œuvre ; cependant point de beaux draps s’il 11’y entre de la laine d’Espagne. Divers gouvernemens de l’Europe cherchent à acclimater les moutons d'Espagne dans leurs territoires, et déjà de grands succès couronnent ces efforts, surtout dans les contrées analogues à l’Espagne,

tOJ i.e qui donne

(12) Le miel de l’Alcaria surpasse celui de Narbonne, si justement renommé en France.

(13) Le sparte est une espèce de chanvre dont on fait des nattes de toute espèce, des chaussures pour les gens de la campagne, cl d’excellens cordages.

’ i-j) La barilla^est une espèce de soude qu’on obtient de certaines plantes dont les royaumes de Valence et de Murcie abondent. On l’emploie avec avantage dans la fabrique du savon et dans les verreries. On en récolte année commune î 5o,ooo quintaux, qui passent en France, en Angleterre, à Gènes et à Venise.

Ci 5) Susceptibles d’en acquérir une plus grande, si Ion apporte plus de précautions dans la tonte et le lavage des toisons.

(tC) Surtout celles de la manufacture de Saint-Ildephonse.

Configuration du sol. Montagnes intérieures ou Sierras: Outre les Pyrénées , sur les frontières de la France, on remarque deux chaînes de montagnes, l’une dans la moitié septentrionale et l'autre dans la moitié méridionale de l’Espagne. Chacune présente à peu-près la configuration d’un fer à cheval, dont les extrémités sont tournées vers 1 Ouest. La première chaîne commence au cap Finistère , et comprend dès ce point jusqu’à la source de l’Ebre les Cantabres , c’est-à-dire, les montagnes de Galice et des Asturies ; puis vient la Sierra d'Oca ou le mont Idubeda ; la chaîne se dirige ensuite vers l’Ouest jusqu’au Portugal où elle forme à la fin les montagnes limitrophes du sud du royaume de Léon, sous le nom de Sierra de Pico et Sierra - Gata. A l’est de cette chaîne il sort, tant au Nord qu’au Sud, une chaîne latérale. Celle du Nord se dirige vers le N. E. puis vers Je N. O. des Pyrénées, et forme la frontière de la Biscaye et de la Navarre; celle du Sud va du côté de l’Orient vers la source du Taje, et se nomme Sierra-Molina , anciennement la partie méridionale de Yldubeda . La principale chaîne de la partie méridionale de l’Espagne commence déjà à la côte sud-ouest du Portugal, et n’entre en Espagne que vers la Guadiana. Elle se dirige d’abord au N. E. comme chaîne limitrophe septentrionale de l’Andalousie, sous le nom de Sierra-Morena [l’ancien Mons Marianus]; puis elle se courbe vers le Sud, sur les limites de l’Andalousie et de la Murcie, sous le nom de Segura ou Orospeda ; enfin elle passe à 1 Ouest, au travers de la Grenade jusqu’à Gibraltar ou C ilpe , sous le nom de Sierra-JS’evada ou cordil-

lière méridionale, aicc las Alpuxarras et la Sierra* Elhi ra. La Sierra-Nevada , quoiqu’une des moins iongues de toutes les chaînes que renferme l’Espagne, est Sa pins élevée ; elle forme au Sud le rempart de cette péninsule ouverte, et complète, avec les Pyrénées , les Cévennes , les Alpes suisses, tyroliennes, carnir/ues, pannoniennes, dalrnatiennes, les monts Balkans et Einineh , ce vaste système de montagnes qui, joint à la chaîne de V Atlas en Afrique, au Liban et au Taurus en Syrie et en Asie-Mineure , forment un cirque immense à l’entout^ du bassin de la Méditerranée.

Forets : L’Espagne est couverte de nombreuses forets, qui doivent en partie leur existence au peu de progrès de l’agriculture, et en partie au goût qu’ont les rois pour la chasse. C’est à ce plaisir qu est destinée celle du Pardo , qui a plus de milles de long.

Fleuves: Outre les rivières des côtes, l’Espagne présente six fleuves, dont quatre coulent jusqu’en Portugal ; les deux autres appartiennent exclusivement à 1 Espagne. Des quatre premiers, deux coulent au nord et deux au midi de l’Espagne et du Portugal, Ceux du nord sont le Minho grossi du SU, et le Ducro grossi de la Puiserga , [qui l’est elle-même de Y Arlassoti] et du Tormcs. Dans la partie méridionale se trouvent la Tage et la Guadiana. Les deux bassins qui appartiennent exclusivement à l’Espagne , avec les fleuves qui y coulent , sont au S. O- celui de Quadalquivir grossi du Xénil, et au N. E. [dans une direction parallèle aux Pyrénées] celui de 1 ’Fbre grossi au N. E. par les eaux de 1 ’Arga et de l 'Arragort, et du Segra ou Sicoris ; au Sud par les eaux du Xalon et du Xiloca. Les autres rivières qui se jettent dans la Méditerranée, sont le Guadalentin, la Segura, le Xucar, le lobregat et le Ter.

Les baies les plus fréquentées sont celles de Biscaye, du Ferrol, de la Corogne, de Figo, de Cadix, de Carthag'ene , d Alicante , de Valence , de B os a : on peut y joindre celle de l’île Maforque , le port Muhon dans File Minorque , et Gibraltar qui appartient aux Anglais. Gibraltar est un roc d’environ trois milles de long, un de large dans sa plus grande largeur, et sept de circonférence; il est entièrement isolé, et ne tient à l’Andalousie que par une langue de sable d’environ 45o toises de large et un mille de long. Le point le plus élevé de ce roc a 1200 pieds de haut. C’est cette célèbre montagne connue des anciens sous le nom de Mons Calpe. et celle de Ceuta sous celui de Mons Un la, qu’i s

nommèrent les Colonnes d’Hercule. Il ne parait pas que Gibraltar ait été habité avant que Tarif, général maure, qui, l’année précédente, avait pris Algesiras, y bâtit en 712, sur le revers du rocher, une forteresse dont les restes subsistent encore, il lui donna son nom Gibel-Tarif, montagne de Tarif, d'où par corruption est venu Gibraltar. Ferdinand, roi de Castille, la prit au commencement du 14.° siècle; les Maures la reprirent en r 33 3 , après sis.

mois de siège ; les Espagnols s’en emparèrent en 1462; Cbarles-Quint sentant l’importance de cette forteresse, fit refaire ses anciennes fortifications et y en fit ajouter de nouvelles, qui la firent regarder depuis comme imprenable. Les Anglais s’en emparèrent par surprise en 1704, dans la guerre de la succession, et depuis elle est restée dans leurs rnaius , malgré les efforts réitérés de l’Espagne pour la reprendre.

Page 1