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COMBAT DES TAUREAUX. (PL XL1X

A la tête des plaisirs qui appartiennent presqu’exclusivement à la nation espagnole, il faut placer un spectacle pour lequel elle a un attachement effréné, tandis qu’il répugne à la délicatesse du reste de l’Europe: ce sont les combats de taureaux. Ce n’est guère que pendant l’été que se donnent ces combats, parce qu’alors ces animaux sont plus vigoureux, et que la saison permet ces sortes de spectacles en plein air. L'arène est une espèce de cirque, autour duquel régnent plusieurs gradins, dont le plus élevé seulement est couvert; les loges occupent la partie supérieure de l’édifice. Le spectacle s’ouvre par une espèce de promenade autour de la place, où paraissent tant à cheval qu’à pied les athlètes qu’on va mettre aux prises avec le fier animal, tous vêtus avec l’élégance du costume espagnol. Quand cette promenade est finie, on voit s’avancer gravement deux Alquasils à cheval, en robe noire et en perruque, qui vont demander à celui qui préside la fête, l’ordre de la faire commencer. Le signal donné, aussitôt l’animal retenu jusques-là dans une espèce de loge pratiquée au-dessous des gradins , sort par la porte qui donne dans l’arène. L’animal déjà irrité par les coups de piques qu’il a reçus, rencontre d’abord les combattans à cheval (Picadores) qui l’attendent armés d'une longue lance. Le taureau fond sur eux et revient à la charge malgré le fer aigu qui repousse ses attaques, et lui fait de profondes blessures. Il s'acharne sur le coursier qui porte son ennemi, lui déchire les flancs et le renverse quelquefois avec son cavalier, qui, dans cette crise, courrait le plus grand danger, si les bandilleros ou combattans à pied n’accouraient; ils jettent à l’animal une pièce d’étoffe rouge sur la tête; par ce moyen le Picadore gagne du tems pour se sauver et pour monter à cheval.

Lorsqu'on juge que le taureau a été suffisamment tourmenté par les combatlans à cheval, ils se retirent et le livrent aux barbares agaceries des coinbattans à pied. Ceux-ci vont au-devant de l’animal, et à l’instant qu’il s’élance sur eux, lui enfoncent dans le cou, deux par deux des banbrillas, espèce de flèches terminées en forme d’hameçon et garnies de petites banderolles de papier coloré. La fureur du taureau redouble; if mugit, il s’agite, et ses vains efforts ne font que rendre plus poignant le trait qui le déchire. Ce dernier supplice fait briller l’agilité de ses nouveaux adversaires; d’abord on tremble pour eux en les voyant braver de si près les cornes du redoutable animal; mais leurs bras exercés portent des coups si surs, ils échappent si lestement au danger, qu’aprés quelques séances, leurs tours d’adresse ne paraissent plus qu’un léger épisode de la tragédie dont voici le dénouement. Lorsque la vigueur du taureau parait à peuprès épuisée, que son sang qui s’échappe par vingt blessures, ruisselé le long de son cou et humecte ses lianes robustes, et que l'impatience du peuple appelle une autre victime, le président de la fête donne le signal de sa mort, qui est annoncée par le bruit des fanfares. Le matador (tueur) s’avance et règne seul sur l’arène ; d’une main il tient une longue épée, de l’autre une espèce de drapeau qu’il fait flotter devant son adversaire; les voilà tous les deux en présence; ils s’arrêtent, ils s’observent. Quelquefois le taureau reste immobile, il gratte la terre de son pied et semble méditer sa vengeance. Le taureau dans cette position, le matador qui calcule ses mouvemens , qui devine ses projets, forment un tableau qu’un pinceau habile pourrait ne pas dédaigner de saisir. Le silence de l’assemblée respecte cette scène muette. Le matador porte enfin le coup mortel, et si l'animal tombe à l’instant, mille cris célèbrent le triomphe du vainqueur. Aussitôt que le taureau est mort, des chevaux paraissent sur l’arène; on les attache à ses cornes, et l’animal est traîné hors de l’enceinte au milieu des acclamations et des applaudissemens du peuple.

L'habillement des hommes est le même qu’en France, et celui des femmes le même que dans le reste de l’Europe. Le manteau et le chapeau rond ne sont point usités en Catalogne, comme dans toute l’Espagne. A peine y voit-on un habit de Majo. Les paysans seuls ont quelque chose de distinct; ils portent ordinairement un gilet à manches, une ceinture rouge, la résille et des espèces de sandalles de cordes attachées aux pieds avec des rubans; on les appelle esparagas. Ce genre de chaussure est particulier à la Catalogne et au royaume de Valence. Quelquefois aussi ils ont par-dessus le haut de la jambe, jusqu’au genou, des guêtres de cuir brun. Les gens du peuple et les calechieros s’entortillent dans de larges couvertes de laine, qu'ils drapent sur leur tête et sur leur corps, et portent des bonnets de laine rouge ou bleue.

L’Italie (1) est située entre

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