LE LÉNA
Le Vilui l’Aldan
La Janna L’Jndigirka .
La Kowima
Bassin sept du gd. j océan ; — pentes orientales de la Sibérie et du plateau de la Mon» j golie.
L’Anadir ..........
L’A MUR ou Saghalien Oula en y conprenant la Szilka .... . .
Le Henkon.
Silimpdi.
Tschikiri Oula.
Bassin de la meré'
de Chine, faisant y LE HOANG-HO ( fleuve jaune ) . .
d^gd o^éan^— \ LE YANG - TSÉ - K1ANG (fleuve bleu).
pente orient. , ou/ Le Hon - Kian ........
plateau duThibet.
Bassin de la merf LE ME - KOM ou Camboja de Chine et du( golfe de Siam.
Le Mé - Nan
Bassin de la mer ; des Indes.
Bassin du Aral.
lac
Dans la pet Bucharie
tite j
Le fleuve du PÉGU ou l’Jrabaddy .
-D’AVA ou le Ken-Duen.
Le TSAMPO ou BURAMPUTER . .
Le Gange Le Godaveri Le Kislana Le Nerbudda I.’INDUS ou Sinde
Le Syr ou Daria .....
L’Amu-Daria ou Gihon ( Qxus )
Le Jerkend ou Mehescha
Bassin du lac Baikal.
Vers la mer Caspienne.
Vers le golfe Persique.
Vers le golfe Arabique.
Vers la Médit, et l’Archipel.
Médit. ( îipel. )
Vers la mer noire.
Le Sélinga ........
Le Kur ou Cyrus ......
Laraxe .........
L’EUPHRATE (jusqu'au golfe)
Le TIGRE . . .
Aucune rivière et peu de ruisseaux.
L'Oronte ..........
Le Méandre . ........
Le Sangarius (Sakaria) . . . . .
Le Halys ( Kisfl- Jrmak)
Le Phasis ou Rione .. . . .
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3oo
Pentes méridionales du plateau .
du Thibet.
) Pente occid A Pentes.
> du g. Pateau / et bas- ) Central, \sins de
l Vers le dé-( ‘ ^ sert de Kobi ) y Asie,
Pentes de TAsie oecid. ou du Caucase, de lArarat du Taurus , etc.
Température — . C rimât — déterminés par les 5 divisions géographiques indiquées plus haut.
La stérilité du sol, l’intensité du froid qui y règne même en toutes saisons, même dans les plaines et les vallées, caractérisent le plateau central de i’Asie.
Les deux grandes régions qui s’appuient au plateau central du côté du nord et du midi, ont reçu chacune de la nature un caractère physique que l’industrie humaine ne réussira jamais à changer, ou seulement à modifier d’une manière sensible. Semblable à un magnifique parterre de fleurs, sur lequel l’art du jardinier a concentré les rayons du soleil, l’Asie méridionale ou l’Inde garantie des vents glacés du nord par les montagnes du Thibet s’incline fortement vers les tropiques et l’équateur. Arrosé par des nombreux et larges fleuves, son riche sol reçoit toujours les feux du ciel, etj s’imprègne des exhalaisons d’une mer que l’hiver jamais n’enchaîne. Quel contraste entre les contrées fertiles et les tristes solitudes de l’Asie septentrionale, de cette vaste Sibérie, qui toute entière penche vers le pôle et vers la mer glaciale, n’aspire jamais la douce haleine des vents du tropique, et dont l’atmosphère ne reçoit des mers voisines que des particules chargées du froid polaire! l’Asie orientale, qui se confond insensiblement avec le plateau central, présente trois parties distinctes. Une large chaîne de montagnes couvertes en partie de neiges éternelles, s’étend du plateau de Mongolie jusqu’en Corée. Au nord de ces montagnes, l’Amur se tourne d'abord vers le sud-est. Cette dernière exposition est la plus froide possible dans la zone tempérée boréale. D’ailleurs, le sol parait être très-élevé. Ces contrées, désignées communément sous le nom de tartarie chinoise, ressemblent à l’Asie septentrionale, quoiqu’elles soient situées sous les latitudes de la France. La masse du froid qui, pour ainsi dire, couve sur la Tartarie, et d’un autre côté la température constante du Grand -Océan, jointe à une exposition directement orientale, donnent à la Chine propre un climat moins chaud que celui de l’Asie méridionale; ce vaste pays, quoiqu’il dépassé un peu le tropique, et ne s’élève guère au-delà du 40.0 degré de latitude boréale, renferme tous les climats Européens.
La troisième partie de la région orientale de l’Asie est formée par cette prodigieuse chaîne d’iles et de presqu’îles volcaniques qui s’élèvent à peu de distance du continent, et présentent comme une immense haie, contre laquelle la fureur de l'océan vient se briser. Voisine d’un côté des régions du tropique, de l’autre du froid plateau de l’Asie centrale, et environnée d’un élément tumultueux et inconstant, elle présente nécessairement d’innombrables variations de température.
La cinquième grande région de l’Asie se détache plus qu’aucune des autres de la masse du continent. La mer Caspienne, le Pont-Euxin, la Méditerranée et les golfes Persique et Arabique donnent, à l’Asie occidentale, quelques ressemblances avec une grande péninsule. On pourrait, avec quelque degré de vérité, dire que cette région est aussi opposée à la région orientale, que celle du midi l’est à celle du nord: l’Asie orientale est en général humide; l’occidentale est sèche et même en quelques endroits aride; l’une a le ciel orageux et souvent nébuleux; l’autre jouit de vents çonstans et d’une grande sérénité d’atmosphère; l’une a des chaînes de montagnes escarpées,
que séparent des plaines marécageuses; l’autre est f composée de plateaux en grande partie sablonneux et peu inférieurs en élévation aux chaînes de montagnes qu’ils portent sur leur dos. Dans l’Asie orientale on voit les fleuves de long cours se suivre de très près, tandis que dans l’Asie occidentale, il n’y en a que deux ou trois d’un volume considérable, mais en revanche, beaucoup de lacs sans écoulement. Enfin la proximité de l’immense foyer de chaleur que renferme l’Afrique, donne à une grande partie de l’Asie occidentale une température bien plus chaude que celle dont jouit même l’Asie méridionale.
Productions. — L’immense étendue de l’Asie, la diversité de ses climats et de la conformation de son sol, doivent nécessairement causer une grande variété dans les degrés de sa fécondité naturelle. La partie méridionale surtout a été singulièrement favorisée de la nature qui semble y avoir répandu sa corne d’abondance et réuni tous les prodiges de la magnificence, tous les dons qu’elle a disséminés sur de vastes continents. La fécondité s’y déploie dans les arbrisseaux, les plantes herbacées, les fleurs et les fruits qui présentent des figures plus singulières, plus variées, des couleurs plus vives, des saveurs plus fortes, des odeurs plus douces.
Règne végétal. — On y trouve presque toutes les espèces de grains ; le riz et le maïs sont principalement cultivés dans les contrées du sud et du S. E. ; la canne à sucre, le thé (*) de la Chine et du Japon; le sagou, le coton, I’indigo, les épices les
plus fines, telles que la canelle, le poivre, les clous de girofle, les noix de muscade,
les cardamomes, le macis (improprement fleur de muscade), le gingembre; les pistaches, etc. etc.; I’aloès de Perse et d’Arabie; divers baumes, celui de la mecque, que l’on retire de I’amyris opobalsamum, supérieur à celui de toute autre gomme résine» la myrrhe, Pencens qu’on recueille dans I’hadramant en Arabie, Popium, le mastic, le quinquina , la noix de galle, la manne abondante sur les chênes de la Mésopotamie et employée par les Arabes en guise de sucre dans leur pâtisserie et autres méts; le chanvre, le lin, la garance, le tabac etc. etc. Toutes les espèces d'arbres fruitiers qui ont été apportés et acclimentés en Europe (voy: page g5) ainsi qu’un grand nombres d’autres, tels que le cocotier, I’indigotier , le palmier à dattes, le bananier
eu figuier d’iNDE, le cafier , dont le fruit le meilleur et le plus estimé est connu sous nom de café moca, qui se cultive particulièremeut à l’ouest des montagnes de l’Hyémen ; le muscadier, le giroflier, le mûrier, la vigne, qui en Perse étale ^outes ses richesses, est cultivée par les seuls Guèbres, ou adorateurs du feu, et
*) En Chinois tscha , dont les Chinois comptent 4 espèces particulières, le sokg ■ lo le bou-y, le pou* y - al et le lo-kgaw. Les Européens estiment surtout la première espèce qu’ils nomment thé vert. Le thé impérial nommé mao tscha est composé de feuilles cueillies sur l’arbuste eu-y-tscha f le Thé bon). Il ne circule pas dans le commerce; l’empereur en fait présent à ses courtisans; c’est par 1 intermédiaire de ces derniers que le thé exquis passe en d’autres mains et quelquefois peut-être dans celles des Européens: comme les endroits secs et élevés conviennent à la culture du thé beaucoup mieux que les endroits humides et bas , la récolte de cette production est très - pénible. Aussi là où les lieux sont très escarpés et périlleux pour les hommes, on a appris aux singes à y grimper et à effeuiller les arbustes. Le fruit du thé étant très amer, et n’ayant par conséquent rien d attrayant pour ces animaux, il n est pas fort facile de dresser ces animaux. On y parvient néanmoins en faisant souvent celle besogne en leur présence, et en leur distribuant quelque friandise quand ils s’en sont acquittés,
produit les excellens vins de Schiraz, d’Yend, d’Hispahan ; le camphrier, dont on emploie les branches pour fabriquer la drogue connue sous le nom de camphre; le mûrier à papier de la Chine, dont l’écorce sert à faire des étoffes et du papier; 4’arbre à suif dont on compose dans le même pays une cire verdâtre qu’on façonne en bougies, l’arbre à huile qui diffère un peu de nos noyers; l’arbre à rose, qui exhale le parfum de la violette; l’arbre jaune, dont l’odeur et la beauté sont d’un grand prix; l’arbre à vernis de la Chine et du Japon; le peuplier bananier de Sibérie, qui laisse transpirer une résine odorante, le sicomore, le cèdre du Liban; celui de Sibérie qui s’élève quelquefois à 120 pieds de haut; le bambou dont la matière fibreuse sert à faire du papier en Chine. L’aloès qui renferme sous son écorce trois sortes de bois, le premier noir, compacte et pesant, appelé bois d’aigle; il et est rare; le second nommé calambouc léger comme le bois pourri; le troisième vers le cœur, appelé bois calamba, aussi cher dans l’Inde que l’or même etc. etc.
Règne animal. — • L’éléphant, dressé dans l’Hindoustan comme un animal domestique; le dromadaire, employé à la monture des pélérins; le chameau, appellé le navire vivant, le navire du désert, sans lequel l’Arabe ne saurait traverser les mers de sable dont sa patrie est couverte (*); le renne, ce grand bienfait de la nature envers le malheureux Nomade du pôle arctique; le buffle; le bœuf, avec une bosse sur le dos, en Arabie et en Syrie, sauvage en Sibérie; l’yak, ou vache grognante, dont la belle queue est estimée dans l’orient et employée à divers usages, surtout à la parure des chevaux et des éléphans; le cheval, robuste et léger dans la Tartarie d’Asie, excellent en Arabie, dont il fait la gloire, le plus beau et le mieux fait de l’orient en Perse; petit, mais plus de feu, vif et robuste dans le Thibet; les cochons dont la race est belle surtout en Chine; le mouton, qui, en Arabie et en Perse, traine, dit-on, sa queue sur une charette ; la chèvre, en grand nombre dans l’Asie -mineure , où elle se distingue, surtout celle d’Angora , par la longueur et la finesse de son poil dont on fait d'excellens camelots, renommée au Thibet par son poil précieux , lequel se trouve sous un autre poil plus grossier, et qui transporté par les Thibétains dans le Cachmyr sert à la fabrication de ces sclials si renommés chez les orientaux et dont le luxe a fait irruption jusqu’en Europe; la gazelle de Syrie , Icschakal, le loup, P hyène, Tours, Pantéi.ofe ou cheval sauvage; le dchighetaï de la Sybérie, espèce de cheval sauvage, intermédiaire entre le cheval et Pane; P animal porte - musc ; les zibelines, dont les meilleures se trouvent aujourd’hui près de Yakutsk et de Penschinsk et dont la peau bien conservée vaut quelquefois 240 francs dans le lieu; le renard noir, dont la peau se vend jusqu’à 100 roubles; Pours blanc, le plus redoutable parmi les bêtes féroces de Sibérie, la panthère, le lion, le tigre, les singes, les serpens, les crocodiles, la tortue de mer et de terre; le scorpion, le perroquet, Pautruche, Poiseau du paradis, Phirondelle, dont une espèce fournit des nids bons à manger, que l’on exporte
') Le poids de sa charge ordinairement est de 760 livres; avec une livre d’aliment et autant d’eau par jour, on le fait voyager des semaines entières. Pour passer les fleuves les Arabes leur altacheut une peau de bouc remplie d’air ; le chameau est mauvais nageur.
d’Anam dans l’Hindoustan, le VER-à-soiE; les abeilles; une espèce de Sauterelles regardée en Arabie comme un met délicat (*) gibier et volaille de toute espèce et en abondance; des paons (originaires de l’Inde); la cochenille, une prodigieuse variété de poissons exquis, une multitude de loutres, de cétacées, de phoques, d’oisEAUx d’EAU etc»
Règne minéral. — On trouve en Asie toutes les espèces de métaux et demi -métaux; Éor , abondant en Sibérie, le Pérou des Russes; au Japon, où il se trouve partout; l’argent, natif en Sibérie et souvent mélé d’or, très- abondant au Japon et en Chine, mais peu exploité dans ce dernier pays; le cuivre, mélé de beaucoup d’or au Japon, où il est un précieux objet d’exploitation, singulier en Chine, où il est de couleur blanche, appellé pétung; Pétain, le plomb, le fer, plus rare que tout autre métal au Japon, natif en Sibérie, dont on a trouvé une masse pesant 1680 livres; Paimant; les mines de cinabre riches en mercure au Thibet; le sel gemme, commun en Arabie et au Thibet; le salpêtre, le tinkal ou borax brut, production particulière au Thibet; le charbon de terre, I’asbeste, Pambre, le granit, le marbre, le porphyre, le jaspe, le cristal de roche, le soufre, abondant au Japon, le naphte; les pierres précieuses, surtout de beaux mamans, des rubis, des saphirs, des topases, des émeraudes, que Pon croyait particulières au Pérou; etc. etc. des terres à porcelaine très-estimées , des eaux minérales, etc. etc,
En jetant un coup d’œuil sur la diversité des alimens, des animaux et des habitations, nous trouverons que le riz et le maïs servent d’aliment aux nations méridionales; le millet et l’orge à celles de la Zône froide; sur la limite on trouve des pays à froment. La nature offre aux régions méridionales des fruits délicieux et en partie des aromates piquants; les contrées septentrionales sont privées même des productions des vergers de l’Europe boréale. La région où habitent les Rennes marque dans le nord et le nordest, le vaste espace qui est et qui sera toujours inaccessible à toute culture. Les Tartares, les Mogols et en partie les Persans doivent au grand nombre de chevaux qu’ils possèdent, leur goût pour les courses, le brigandage et la guerre. Dans tous l’occident le chameau sert à multiplier les communications commerciales et les rélations naturelles des peuples. L’éléphant, utile à l’agriculture et jadis si redoutable à la guerre, a influé sur l'antique civilisation de l’Inde. La Chine, privée en grande partie du secours de ces divers animaux, y a suppléé par ces milliers de barques dont ses rives sont peuplées. Le défaut de bois de construction a obligé l’habitant du plateau central du nord de l’Asie à se loger dans des tentes couvertes de peaux ou d’étoffes, les unes et les autres provenant de ses troupeaux. Une nécessité semblable a produit le même résultat en Arabie. Au contraire dans l’Inde et d’autres contrées riches en bois, mais surtout en bois de palmiers, l’usage des maisonnettes légères a été trouvé aussi conforme à la paresse des indigènes qu’à la douceur du climat. L’un et l’autre genre d’habitations n’offrent rien de stable, rien de solide; les villes d’A.sie disparaissent comme les empires dont elles sont les centres momentanés. Ce caractère général des habitations asiatiques ex-
+) Les Turcs n’en veulent pas; à Mosul , au Caire, à Bagdad, elles font les délices des poules, des cochons et surtout des singes.
dut nécessairement le goût des meubles précieux, des tableaux, des statues; aussi les beaux-arts n’y feront jamais de progrès. D’un autre côté l’uniforme influence d’un climat qui détermine impérieusement les genres de culture et d’alimens propres à chaque région, l’influence non moins irrésistible des religions superstitieuses, des lois despotiques et des mœurs serviles, bannissent de Famé de l’Asiate les vives et libres émotions qui , en Europe , exaltent un cœur ami des lettres et des sciences. Ainsi les diverses régions de l’Asie offrent partout d’antiques ébauches d’une civilisation à laquelle les avantages et les désavantages physiques impriment un caractère ineffaçable ; mais aussi partout cette civilisation atteint les peuples de l’Europe moderne.