‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 13 sur 167 · DE LA LONGITUDE ET DE LA LATITUDE · texte numérisé non relu

DE LA LONGITUDE ET DE LA LATITUDE

Quoiqu’à proprement parler, la terre n’ait ni longueur, ni largeur, on suit encore la manière de parler des anciens , qui comptaient la longueur de la terre d’Occident en Orient, et sa largeur de l’équateur aux pôles.

On entend par latitude d’un lieu sur la terre, la distance qu’il y a de l’équateur à ce lieu, en tirant vers l’un ou l’autre pôle, et cette distance est mesurée par l’arc du méridien compris entre l’équateur et le lieu. Ainsi une ville, qui serait à i5° de l’équateur, aurait i5° de latitude, ou de hauteur du pôle. Ces deux choses sont égales, (pl. XI. fig. 1.)

En effet le Zénith ne peut s'éloigner de l’équateur qu’il ne s’approche du pôle, d’où il faut conclure que le pôle s’éloigne autant de l’horizon que le Zénith de l’équateur. Pour démontrer cette vérité, qui est d’un grand usage, surtout pour les peuples qui ont la sphère oblique, il faut observer que de l’équateur au pôle il y a 90°, que du Zénith à l’horizon il y a également 90° en passant par le pôle. Si l’on ôte de ces deux arcs égaux entr’eux, l’arc du méridien qui leur est commun, savoir la distance du pôle au Zénith, il restera de part et d’autre deux arcs égaux entr’eux, savoir d’un côté la distance du Zénith à l’équateur, ou la latitude, et de l’autre la hauteur du pôle sur l’horizon; lesquelles sont par conséquent égales entr’elles, suivant ce principe, que si de deux quantités égales on ôte une même quantité , les restes seront égaux en t deux. Cette règle reçoit également son application dans la sphère droite et dans la sphère parallèle. Dans la sphère droite (p. XI. fig. 2.) où le Zénith est dans l’équateur, la latitude est nulle, de même que la hauteur du pôle. L’horizon est également nul, puisque les pôles du monde ou 'de l’équateur sont alors dans l’horizon, et éloignés de l’équateur de 90°. Dans la sphère parallèle (fig. 5.) où l’équateur sert lui-même d'horizon, le Zénith n’est pas différent du pôle du monde, et par conséquent comme la distance du Zénith à l’horizon est de 90°, de même la hauteur du pôle, qui n’est autre chose que le Zénith, y est pareillement de 90°.

Il y a deux latitudes; l’une septentrionale, qui se compte depuis l’équateur jusqu'au pôle arctique; l’autre méridionale, depuis l'équateur jusqu’au pôle antarctique. D’où il s’ensuit que la latitude ne peut jamais être de plus de 90°, par ce que l’arc du méridien compris entre l’équateur et le pôle, n’est qu’un quart de cercle (pl. XII. fig. 1.)

.Des 1800 de latitude que l’on conçoit de part et d’autre de l’équateur, on n’en marque ordinairement sur les globes que 8 de chaque côté, non compris le pôle, qui est supposé le 9.°, et ils son^ éloignés les uns des autres de 10 degrés. On les trouve tous décrits sur les méridiens des globes et sur les cartes de géographie à droite et à gauche.

Les degrés de latitude sont tous estimés à a5 lieues de 2,282 toises chacune. Us ont tous même valeur depuis l’équateur jusqu’aux jxdes, par ce qu’ils se comptent sur les méridiens, qui sont de grands cercles qui passent par les pôles du monde. Or, les de grés des grands cercles sont tous égaux, et valent par èonséquent 20 grandes lieues, 23 moyennes et 3o petites lieues de France. Ainsi en suivant ces mesures et par une

simple règle d’arithmétique, on saura à quelle distance de l’équateur est une ville dont on connait la latitude. On verra, par exemple, que Lyon, dont la latitude est de 45 degrés 46 minutes, est éloigné de l’équateur de 916 lieues de 20 au degré, de 1144 de 2 5 au degré, et de 1072 lieues dè 3o au degré.

11 résulte de ce que nous venons de dire, que les lieux situés sous l'équateur, n’ont point de latitude, que ceux qui sont situés de l’un et de l’autre côté de l'équateur, ont plus ou moins de latitude, selon qu’ils en sont plus ou moins éloignés. Enfin que ceux qui sont sous les pôles, ont la plus grande latitude possible.

Les cercles de longitude sont de grands cercles qui passent par les pôles de la terre, et coupent perpendiculairement l’équateur ( pi. XII. fig. 2.) C'est pourquoi ce sont, à proprement parler, des méridiens; ainsi par longitude on entend l'espace compris entre deux méridiens, ou plutôt la longitude d’un lieu est l’arc du parallèle compris entre le premier méridien et le méridien du lieu. Cet arc est plus ou moins grand, selon que l’on s’approche ou que l’on s’éloigne du premier méridien.

Comme il y a une infinité de lieux sur la terre, tant du côté de l'Orient que du côté de l'Occident,- on doit aussi concevoir une infinité de cercles de longitude. Mais pour éviter la confusion, les géographes n’en marquent que 56o, qui sont décrits sur l’équateur, et que l’on ne marque que de 10 en 10 ou de 1 5 en i5 sur les globes ou mappemondes, et de 5 en 5 sur les cartes moins générales, et ces degrés y sont décrits au N. et au S. de toutes les cartes.

De tous ces méridiens, ou cercles de longitude, il n’y en a que 180 d’entiers. Chaque ligne ne saurait faire le tour entier. Elle forme par conséquent deux méridiens, de sorte que le premier et le i8o.c ne composent qu’un même cercle.

On a été longtems dans l’usage de compter les degrés de longitude depuis 1 jusqu’à 060, en allant vers l’Orient, à partir de la ligne méridienne de l'ile de Fer, l'une des Canaries. Mais de nos jours on est convenu que le point de départ pour compter les longitudes, serait le méridien de l’observatoire de Paris, et qu’à partir de ce point, on compterait 180 degrés de longitude orientale, et 180 de longitude occidentale. La longitude de Paris, par rapport à Pile de Fer, est à peu près de 20 degrés.

Les Anglais font la même chose par rapport au méridien de Londres. Cela est assez indifférent en soi; il est pourtant vrai que si tous les astronomes convenaient d’un méridien commun, on 11e serait pas obligé de faire des réductions, qui sont nécessaires pour ne pas embrouiller la géographie moderne, et l’on n’aurait pas l'embarras, toutes les fois qu’on voit une carte géographique, de chercher le méridien que l’auteur a choisi.

Un degré de longitude, qui vaut sous l'équateur 25 lieues communes de France, n’en vaut plus que 16 sur le parallèle de Paris, en allant à l'Orient ou à l'Occident. Cette différence vient de ce que les cercles parallèles vont toujours en diminuant de l’équateur aux pôles, et qu’il faut faire bien moins de chemin pour changer de longitude sur les parallèles éloignés de l’équateur, que sur ceux qui en sont proches.

Page 1