POUR L’HORIZON DE NOTRE-DAME DE PARIS. (PL II
Les vents ne sont autre chose que l’agitation de l’air. Ce fluide qui nous environne de toutes parts, et dont le ressort nous empêche d'être écrasés sous la pression d’un
volume de 16,452 kilogrammes (environ 33, 600 livres) qu’il exerce sur l’homme, nous devient sensible par les courants qui s’y établissent d’une manière assez réglée dans les
climats chauds, mais avec beaucoup d’inconstance dans nos régions tempérées. L’ctil saisit leur direction par la marche des nuages, et elle nous intéresse par rapport à leurs influences sur les objets les plus importans, l’agriculture, le commerce et l’économie animale. On distingue les différens vents par les points de l’horizon d’où ils semblent partir, et ils n’ont en français d’autres noms que ceux des quatre points cardinaux. Celui qui vient du côté où le soleil se trouve à midi, porte de même le nom de vent du midi ou du sud; celui qui lui est opposé, est le vent du nord oh du septentrion; les deux autres ont les noms d’EST ou levant, et ouest ou couchant. Les noms composés nord-est, nord-ouest, sud-est et sud-ouest, désignent les vents intermédiaires. On établit seize divisions au moyen de noms doublement composés, nordnord-est, est-sud-est , et ainsi <ics outres , et connue lot marins, pour se diriger dans leurs routes, ont besoin d’une plus grande précision, ils portent jusqu’au nombre de trente-deux et même de soixante-quatre les divisions des grandes boussoles ou compas de mer. Mais dans un lieu fixe, on se contente de joindre à la girouette l’indication des premières divisions des vents. Elles se trouvent ici avec les noms des principaux lieux qui y répondent pour l’horizon de Paris. Ceux des paroisses voisines de cette ville forment un premier cadran familier à ceux qui l’habitent. Les noms des frontières de France et ceux des pays limitrophes, écrits en dedans et en dehors du cercle, peuvent servir à expliquer ce que l’on entend dire assez souvent, que les grands froids et les
chaleurs excessives de ces provinces ne tarderont pas à se faire sentir à Paris, si le vent
qui vient de ce côté, continue à souffler pendant quelques jours.
Il en est de même des pays plus éloignés , qui semblent terminer les effets que l'on
doit attendre des vents, suivant ce qu’ils ont parcouru de terre ou de mer. Ainsi, quoique les vents du Nord et du Midi dûssent être les plus froids ou les plus chauds, ils le sont ordinairement moins que ceux du Nord-Est et du Sud-Est, qui, venant des extrémités de la Russie et de l’Arabie, ont été moins altérés par l'humidité de la mer. Au contraire, celui du Sud-Ouest est fort pluvieux, à raison de la grande étendue de l’Océan qu’il a traversé, depuis le Brésil jusqu’au golfe de Gascogne.
NB. Ce sera un exercice utile pour les élèves , de s’amuser à vérifier sur une carte géographique la marche des différens vents. Ils y verront, par exemple, que celui de Nord-Ouest, venant de l’Irlande, passe par l’Angleterre, traverse la Manche, entre en France par Dieppe, et arrive à Paris par Colombes. A l’égard des directions intermédiaires, il sera facile de les trouver, au moyen de la rose qui se trouve jointe au porte-feuille, sur papier transparent et sans nom. Cette rose conviendra également à différens horizons, en les orientant sur des cartes de détail, et rapportant le centre à tel lieu qu'on voudra, comme celui-ci l’a été sur Notre-Dame, qui se trouve au milieu de Paris.