‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 31 sur 167 · CLASSES · texte numérisé non relu

CLASSES

L’Asie actuelle est habitée par (les peuples de race et d’origine diverses, se distinguent sous plusieurs rapports des Européens, et présentent entr’eux des différences frappantes tant par leur langage, la figure et la couleur du corps, que par le caractère moral, le genre de vie, le degré de culture, les mœurs, les usages, les opinions. On peut les diviser, selon Mr. 'YValckenaer , en treize classes; savoir:

Classe I.ro La race polaire, qui occupe un plus vaste espace qu’en Europe; tels sont les samoyèdes proprement dits (io5); les ostiaks (106); les kamatchinzy, à la droite du Jénissei; les karogaz et les taïginz sur la rive de Tussewa ; les toubinsk, sur la rivière de Touba; les koïbals dans les districts de Krasnoyarsk et Koustnez; les motores, sur la rivière de Touba à l’orient de Jénissei; les soyetes dans les mêmes montagnes à l’ouest du lac Baïkal.

— II. c Peuples mêlés avec les tatars et d’autres tribus, et qui habitent les fron-

tières de l’Europe et de l’Asie de chaque côté des monts ourals ; tels sont les tcheremisses (35) et les votiaks (34); les permiens ou biarmiens (107); les vggouls ou les ostiaks, dans la province de Tobolsk; les mardouins, dans les gouvernemens de Kasan, d’Orenbourg et de Niehny; les teptjekaïs dans le gouvernement d’Orenbourg.

— III.e Tatares dégénérés, dans la partie Jnférieure du bassin du Léna jusqu'à la

mer glaciale et à l’extrémité N. E. de l’Asie; tels sont les youkhaguires (104); les jaicouts (100); les tchutchis (io5); les koriaks (102); les kamtzchakdalê (116); les habitans des Kouriles (117).

— IV.° Peuples de race tatake, divisés en deux grandes familles, les tatars septen-

trionaux et les tatars méridionaux. Les premiers sont les tatars proprement dits; tels sont les nggaïs (21) dans la Crimée; les tatars de kasan; les kalmoucics (3 g); les tatars trouchmans du Daguestan et du Schirvan ; les koumaniens , qui résident dans les environs du fleuve Kouma , entre la mer Caspienne et le golfe d’Azof, d’où sont probablement issus les cosaques du Don (22) et de la mer noire; les basktres (38); les karakalpaks (91); les kirguises (92) etc. Les tatars méridionaux comprennent les turcs (26); les oïghours, qui habitent les monts Bogdo, et occupent le pays situé entre Kami et Turfan dans la Mongolie; les turcomans (3 1 ) ; les tatars usbeks (5o); les bo u k ha ri ens (90) ; les karamaniens, race d’origine turque, qui sous un prince nommé karaman, ont formé en Asie-mineure une principauté appelée karamanie, détruite ensuite par les csmanlis, autre race turque qui, scus la conduite d’un chef nommé osman, a fondé l'empire turc actuel.

Classe V.c Race des mongols (87), les huns de l’antiquité et confondus mal à propos avec les Tatars. Ils- se subdivisent en plusieurs tribus ou nations qu’on peut renfermer sous deux grandes divisions, les mongols proprement dits et les mongols mélangés. Parmi les premiers sont les kalkas (97) au nord du désert de Cobi; les ortocs au nord de la grande muraille; les kalmouks ou les eleuts, la plus nombreuse et la plus connue de toutes les nations r mongoles, qui se partageait en quatre grandes hordes; savoir les chochots

(88); les soungar.es (96); les derbets , sur le "YVolga; les bourats (98), les plus laids de tous les peuples mongols.

Parmi les mongols mélangés, au nord des Eleuts, dans le bassin de la Léna, aux sources du Jénisseï et le long de la chaîne altaïque, sont les tschoulyms entre l'Obi et le Jénisseï; les telouts ou kalmouks blancs des Russes; les kistins sur le Tom; les abinzes (93); les jakouts (100); les youkaguirs (104) appartiennent à ces races mélangées, ainsi que les tcbouvaches (36) que les Russes appèlent tatars des montagnes.

~ VI.® Race des mantchocs au N. E. des Mongols, à l’extrémité de l’Asie. On distingue parmi les peuples de cette race les kins, nommés aussi nieutchés ;

les MANTCHOUS (86); les DAOTJRÏENS (90); les TONGOUSES (98) ; les LAM0ÜTS (lOl).

— VIL® Peuples du sud-est de l’asie, qui paraissent appartenir à la même race; sa-

voir les chinois (83); les coréens (84); les japonais (82); les habitans de formose, lioukiou et madjicosema , les tibétains (77); les siamois (80); les ARAKHANIENS, les BARMAS (78), les PEYGOUANS (79), les ANAMITES (8l) OU tonkinois, les cochinchinois , les habitans de camboye et de laos.

Les malais (164) n’appartiennent ni par leur conformation physique , ni par leur langage, à la grande classe des peuples dont nous venons de faire l'énumération.

— VIII.® La race des hindous (74)5 que l’on peut diviser en hindous septentrionaux

et en hindous méridionaux ou du Dekhan. Parmi les premiers sont les habitans de kamboul et de kandahar , les cachemiriens , les habitans du

MOULTAN, du TATTA OU du SIND , du GUZERATE OU de SURATE, d'AGRA OU de

dehli, d’ALLAHABAD etc. Parmi les seconds sont les malabares (72); les habitans de kanara, les dekhan aïs , les concanais , les marattes (75); les habitans de la côte de coromandel, les chingalais (71) ou les habitans de l’intérieur de Pile de Ceylan.

— IX.e Tribus sauvages, réléguées dans les montagnes ou dans les lieux d’un diffi-

cile accès, qui diffèrent entièrement des peuples au milieu desquels elles se trouvent et auquels elles livrent une guerre continuelle, et qui sont évidemment les malheureux restes des véritables indigènes de ces contrées: tels sont les aïnos , indigènes de jesso, de saghalien , et d'autres tribus des montagnes de la Chine, de la Cochinchine, de Tchiltigang . d’Arakhan. de Malakka etc.

Classe X.e Vers l'Ouest on trouve les afghans ou patans (41)? qu'on croit originaires de l’Hindou-Koh et des montagnes de Candahar; ils dominent dans la Perse orientale et dans le N. O. de l’Hindoustan. Les séiks (76) sont une race mélangée d’AFGHANS.

— XI.C La race des persans (29), aujourd’hui dominés par des hordes de Turcs et

d’autres Tatars. Les tadjics, de même que les coptes et les fellahs en Egypte, sont les anciens habitans des contrées qu'ils habitent, c’est-à-dire, de la Perse, de la grande Boukharie ou de la Bactriane.

— XII.e Peuples de la Turquie d’asie et de l’arabie, considérés comme issus d’uné

seule grande race qu’on nomme sémitique, qui se subdivise en sémitiques du nord ou araméens; c'est-à-dire, ceux qui dans les environs de Moussoul parlent le chaldéen, et ceux qui, répandus dans la Judée et dans quelques cantons de la Syrie , parlent la langue syriaque ; en sémitiques du centre ou cénanéens, c’est-à-dire, ceux qui parlent le samaritain et l’hébreu; en sémitiques du sud ou les arabes (28). Les arméniens (25) vers les sources de l’Euphrate et du Tigre, forment une nation nombreuse qui ne peut se rapporter à la classe des peuples sémitiques.

— XIII.® Les peuples du caucase, qui habitent les vallées et les montagnes qui s’en

détachent, sont les géorgiens (24); ils se nomment eux-mêmes kartüliens; ils habitent les contrées situées au sud du Caucase et arrosées par le Kur. Les imirétiens, au N. O. des Géorgiens; les mingréliens à l*fest des imirétiens ; les kourdes (27) au S. des Mingréliens ; les suanes au N. des Mingréliens: les abasses ou abasgues au N. des Imirétiens et à l’est des Mingréliens; les tchercasses ou ciRCASSiENs (21) du Kouban , au N. du Caucase. Ce sont les anciens scythes d’Hérodote, qui étaient dans la presqu’ile de Crimée et se réunirent dans la suite aux amazones, les abkases à l’Ouest, les basianes à côté des Suanes et au Sud des Tchercasses ; les ossètes sur la rive gauche du Terck , les kistes ou les ingousciies vers les sources du Terck et de la Sunscha. Ils se nomment eux-mêmes lamur, c'est-à-dire habitans des montagnes; les leghiens, dans le Leghistan , à côté des Kistes (voy. pl. XXIII— XXIV.)

PEUPLES D’AFRIOUE

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