CHAPITRE VI
Le deuxième fut d'abord abbé de Longcry, chanoine et grnnd-archidiacic de Langres, prieur de Saint Just, puis évôque de Poitiers, le 25 aoilt 1 555.
Enfin, le dernier, René d'Amoncourt, prieur de Sainte-Germaine à Rar-sur- Aube et do Colombé-les-Dcux-Egliscs, abbé de Saint-Martin-és-Vignes de Troyes, fui nommé abbé de la Ferlé-sous-Grosne , en 1549 [I).
Jchanne, leur sœur, dame et seigneur de la Ville-au-Rois et de Briel en parti)', avait épousé, vers l'an 1480, noble hommo messire Nicolas de Uochetailléc , che- \alicr du Saint-Sépulcre. Il était fds de Jacques de Rochelailléc et d'Andrée de iiuarchy, et vraisemblablement cadet de famille, car il ne parait point qu'il ait de son chef possédé aucune terre.
Si l'on en juge par ses armes, qui différent de celles des autres familles de France portant alors le même nom , il n'y avait aucune parenté entre ces familles et la sienne. Les Rochctaillée auxquels il appartenait tiraient leur nom d'un petit château fort relevant de la CluHellenic de N'ogenUe-Roi, en Rassigny, et situé dans l'élection de Langres, en Champagne (2 .
Edmo.de de Mootfor». fille de Jeu,, cl.e.»l.rr de l'ordre d. roi, «uni* d. Moalfoel, el de CU.de d. Baron»al. Il «I pour
fil.:
r PlaliUrte d'Amoncourt. dame île Brsiign. Monliguv-.ur-Aube et autre* lieu*. Elle épousa AhIoum Berilloo, baru» de Mariage*, conseiller d'Etal e« directeur de* finance», l'hilibrrte «mwu sans enfants es 1671 ou 167 (. En el'e k'élrignil l'ancienne famille des d'Ainoncourt.
Cependant l« nvvrv de Philibert*, Paul Hat-Ulmt, seigneur de ?iaocj, Morsoge* , rte. , acahmudeur r» Angleterre, fui tvbslitu* sus. uom et *rmr* d'Amuncourt, qu'il rcartrla rt «pi'il tranamil à aon fil» Anlmiut, Mai* celui-ci laiaaa tomber la tubuiiulion, et eu priva *oii fila Anloùtr-Pierrt BtrMa* , ssignrur <l» Kmnrj , qui abandonna defwiûremani le nom et lea armer de» irAmr>iic«art-
Oliui à la terra de Braage*, qui avait appartenu »•& dernier» descendant» dra d'Amuncourt, alla devint la propriété de Sonne , sorur de Anloiiut-Pirm Panlinn , qui appointa Fr+HÇi\u-(i*rmAui Cimau , roarqaia da Blignv.
Lea aroiet d'AmoDcuurt étaient de gueule* • sautoir u"or, avec tuppof u da deu» lions d'of.
(1) Sa tombe cal à Monùg«i»-*ur-Aube.
(a) lia existé en France an moi»» cinq famille» différent» portant U u m, de Rnchrlailt,*.
telle qui noua occupe en « moment est peul-rtrs .1» UjuL* une de» enoia» connue», pai»qu'il nona ■ été impossible de
L> famille dea Rochelaillé*, de la VUla-l^Boi. le. Ven Jeuvre, tire donc aon origine, comme noua renona de la dire, d u,, prt.l eJ.Jteeu f.,rl surnommé La «ocAe MrUer, el dépendant <U la CUtellenic de Nagent le-Roi, en Baaaignv.
I.e premier document relatif à crue famille, que non» ajon» pu retrouver, constate en un manuscrit (He la ehambir dea pair* • l'art») daté d. l'annét 11S6. Dan» cette pièce, un certain Kiguear de Rocbetaillw f.it l.omm»ge de »> xigneuric ■ Thibaut, comte de Champagne. (H-m.g-um Tbrobaldo res K.v.rri*. corne. Campagui» MCCLVI. - Feod. Nogrn.i in B.-ignio - domina» de RockaulWo). - (*T<M Jt Cigméris.)
Nous ne connaiwon» point Ira dirrr» membres de celte Camille jaaqne renTan 1 Î90. — A partir de ortie data, voici la g.aé.logie d» RocHclailIce :
Jehan de Roclict.illér, ccutrer. scigurur de RochetaillcV, de ftet ev , etc. Il rpoata Marguerite de Bricon» , il eut poor fils : Jacrjuti de Rocbf Uillér, éruver, «ri|pitur dr Roehetaillée, d» Rccrv, etc II rponw Andrée de Unarchv ; il rut pou» fila :
GRAVURE MONIMENTALK. 7
Il est à croire que Jehanne, sa femme, était douée des charmes de la figure cl des grâces extérieures ; mais , ce qu'il y a de certain c'est qu'elle l'était grandement du cote du cœur et des sentiments. Plusieurs de nos vieux papiers la comparent à un ange et affirment qu'elle était « ne plus ne moins bonne qu'avenante. »
Elle fit preuve toute sa vie d'une grande générosité envers les églises et les monastères. On lui doit notamment la restauration de l'antique église du village, Notre-Dame de la Ville-au-Bois. sous les dalles de laquelle elle repose aujourd'hui. Ses largesses se répandaient, en outre, sur celte petite chapelle du Valsuzenay qui , dès le temps de la pieuse châtelaine, s'abritait déjà sous ces énormes chênes, les mêmes qui l'ombragent aujourd'hui. Ce lieu de pèlerinage, si fréquenté de nos jours encore, portait à cette époque reculée le titre de paroisse, avait un curé, et se trouve designé dans tous les documents sous la dénomination de Val-su r-Senain.
A la date de 1477, un évoque de Sebenico, en Dalmatic, permit à Jehanne de faire chez elle, sans sortir de son château , les prières et les œuvres pies prescrites à l'effet d'obtenir les indulgences d'un jubilé qui se prêchait alors (4).
Il est à croire qu'elle se livra également à une autre pratique pieuse fort en usage dans ce temps de foi vive, même parmi les personnages de la plus haute distinction : elle dut postuler l'habit séculier du tiers-ordre. Sa tombe nous la représente portant col habit. Nous trouvons d'ailleurs, à la date du 27 septembre
De son ««ring* «»ec .Jebano* iTAbiotk ourt , Nicol» de Rochcuillée roi ,
■>■■■■ de >' cbrralicr ■ : xputt de la Ville-eu- Boaa et de Bricl en partie. — (Xow n'avoua pu découvrir
1? nom cJr la femme tic ce seigneur.) — Jacques eut pour fila :
l* Xicalai de Roelieuillé*, ctietsller, seigneur de la Ville-eu-Bois et de Briet en partie. — Mort un» postérité. Il fil donation de ses biens à tUmoiaelle Kicolf* Lt Gurf tr. — (f «> U notice.)
f Jac-imts de Rocbeleïllre, <|ui épousa MadeleeM d'Aulne», fille de Nicolas d'Auliuj, seigneur du Hetil-Heenil, Cbeumewil, Htye-Flear », ete~ en partie.
V Jeanne de 1
De son mariage arec Madeleine d'Aulne». /«cour, de Roclieudlr* eut pour fit. :
J*(yon de rWkelaillée. écnyer. seigneur du Petil-Neuil, rhsunaesnil, etc-, en parti*. Il épousa Mine , Il rut pour (ils :
i* Jrhnrt de Rocbrteiïlée. — Mort sans postérité 1 .
>* Pirrrt de RoebeuQIee, seigneur du l'rtU-Neeail, Qiaumrsnil, etc... es partie, <rui épousa Nieolle de Liebsult. — Ce dienir» décéda le i" décembre iCJ», e» Laissant pour seule bériliére Ckartaltt de Rochelsillé*. Ainsi s'rtcignit celte famille des Rocbcteillé*, elle p-wlail de gueule* a su burvlei d'or rapprochées deu à drus. { i ) Manuscrit latin commencent par ces mou : ■ Lucas, epiecopu» ■MelJu, »
CIU PITRE VI.
1480, un pli émane de Guillaume Berlon (I), vicaire-général des Frères mineurs, dans lequel celui-ci confère à Jehanne toutes les grâces attachées à son ordre, et lui promet des prières perpétuelles; il termine en disant qu'à raison de ses nombreux bienfaits, il la considère comme un soutien et comme un des père$ de sa communauté (2).
Quanta « noble homme messire Nicolas de llochelailléc », bien que la tombe le représente tout bardé de fer et portant son armure de chevalier, nous ne savons rien de sa valeur et de ses exploits guerriers. Nous ignorons absolument s'il prit part aux discordes civiles do l'époque ; s'il fut pour Bourgogne ou pour France; s'il marcha avec Charles le Téméraire ou avec le compère de Tristan. Il est probable que son existence fut moins agitée et ses exploits plus modestes. Homme pieux, mais plaideur infatigable , il aida sa femme dans ses œuvres charitables, et soutint d'interminables procès contre les seigneurs d'Amance, village le plus proche de la Ville-au-Bois. 11 avait d'ailleurs affaire à forte partie, car ces seigneurs n'étaient rien moins que les moines du prieuré de Saint-Georges de Vendcuvrc. Il reste de nombreux vestiges des procédures incessantes (3) qui s'échangeaient ainsi entre les deux seigneuries limitrophes, de moine à chevalier du Saint-Sépulcre : lanhmr ■Mtttl cfeleslibut irttl
Daine Jehanne d'Amoncourt décéda le 23 mai 1496. File devait être jeune encore, puisque nous voyons que l'un de ses frères . puiné à la vérité, no fut point jugé trop vieux, en I5.'>5. pour remplir les fonctions épiscopales.
Nicolas do Rochelaillée, son mari, no lui survécut que de quatre années. Mats, dés 1 194, les deux époux « considerans que n'est chose sy certaine que la mort. » ne sy incertain que l'eurc » avaient fait conjointement leur testament en présence de deux notaires jurés de la chAtcllenic de Ycndeuvrc. Cet acte est empreint d'une telle simplicité d'expression, d'une foi si vive, que nous ne pouvons résister au plaisir de le reproduire ici. Il ne peut manquer d'accroître l'intérêt qu'inspirent les deux personnages figurés sur la tombe ; il cachera la nudité de la pierre et y ajoutera comme une sorte d'ornement.
.'ij » <Mij|licmniBrnli<i frairom rainorum Je uharrtaniî» r-umMiianurum |ui,»m grarnln ».carm>. ... *
(a) ManuKril latin commençant par m mou : » Nobili >c {n«t.« in CbnXo aibi ililecte tlnmki-llr Johann* Oamnumutl deoi|u* »t bcalo....*
(3) C'.-M c* <|«i appm d'une nnliiludc dt piéVr», dont ({iirhiiwa-nnra w imarrni rncort a lu mairie de la commune
.l'Amancc.
CHAVIRE JtOXIMF.XTU.E.
JI1SLI MARIA
« In nomiac Dutnini amen. Saichcnt tous que nous Nicolas do Rochotaillée . » M-igneur do la Ville-au-Roys et de Rriel en parlye, et nous, Jehenne d'Arnoncourl, » remine et espouse dudil seigneur Nicolas dessusdit, du lolz, licence et actoritlé » a nous donnée par nostre dit seigneur et mary, nous doux ensemble dessus » nommeis, eslans en nostre plaine mémoire, sens et entendement, considérons • que n'est chose sy certaine que la mort, ne sy incertain que l'eure; pour obvier
■ ud ce que souprins ne soyons intestas ne inconfes, et non pourveus de testament » lais et ordonnance de darrenière volontez, avons fait et faisons, ordonné et » ordonnons se présent nostre testament lais et ordonnance de darrenière volontez » |«ir la mnnycre que «ensuit. *
» Premiers nous rendons a Dieu nostre créateur grâces de nostre nativilté, vye, » corps et membres dont il nous a créés, des cinq cens qu'il nous a preslés et de » tous les biens dont il nous a remplis cl governé durant nostre vye. Apres nous » nous confessons a luy, a la glorieuse Vierge Marie et a tous sains et sainclos de » tous les pechiés et meiïailz en quoy durant nostre dite vye nous sommes encheue » et desquels nous navons aultre fois esté confies et par pénitence remis, suplianl » Dieu dévotement que pardonné nous soient, en recongnoissant et rendant pour » ce par vraye contriclion nostre eoulpc une fois, aultre et tierce; et pour salisfac- » lion ferc volons que se riens ests ccu que de fautruy ayons, qui soit rendu des » biens qui de nous demeureront ; et sy aucuns avons mesfait nous suplions qui » nous soit pardonné, cl sy par aucuns avons esté wesfais, beninement nous luy « pardonnons, priant Dieu par sa miséricorde ainsin luy plaise faire et nous tenir » en sa grase et Visitation jusques à la mort, si que en l'extrême d'icelle. l ennemy » d'enfer ne puisl avoir po\oir de nous tempter ne nous faire varyer de mercy et » miséricorde requérir, et en sa saincte foy finir et nos ames avoir en sa saincle » gloire,
» Item nous elizons nos sépultures et \olons estre enterré, s'il est possible, au » lieu de Rriel ou de la Ville-au-Roys, a la discrétion du premier survivant.
» Item elizons le survivant de nos deux, nxeculteurs de se présent testament pour
■ le premier décédant et après avoir le darrenier décepdé nous elizons nostre » seigneur et frere Jacques d'Arnoncourl, présenteur de Lyon, et nostre sœur daine
Portejtuilte nrcAco/o^i^Mr, Ctiap. VI. \