‹ Portefeuille archéologique de la ChampagneChapitre 19 sur 82 · ROREI.OT. SYMON VOISIN · texte numérisé non relu

ROREI.OT. SYMON VOISIN

Nicolas de Bochetailléc et Jehanne d'Amoncourt n'eurent qu"un fils, Jacques, qui ne parait pas avoir joui d'une existence bien longue. Celui-ci à son tour laissa trois enfants en tes Age, dont la garde noble fut, conformément à la coutume, confiée à leur grand'tantc Claude de Kochelaillée, abbesse de Ucmircmont, qui se trouve mentionnée dans le testament que nous venons de transcrire.

Les seigneuries de la Ville-au-Bois et de Bricl en partie échurent à Nicolas, l'atné de ces trois enfants, • ce dont le dict Nicolas se lient pour bien contant » : ainsi le constatent les litres.

Enfin, n'ayant point d'enfants, ce Nicolas transmit ses biens « de sa bonne » volonté à damoiscllc Nicollc le Gusyer, fille de messire Alexandre le Gusyer. » chevalier du roy, seigneur de Fontainon, etc.... pour l'amytié qu'il lui porte, etc.! Il»

Fe mariage de la donataire avec. Gaspard de Pons, seigneur de Bennepont et autres lieux, fit passer dans cette famille le domaine de la Ville-au-Bois.

Le souvenir des deux familles seigneuriales qui se sont éteintes en la personne du second Nicolas de Bochetailléc. s'esl maintenu dans la localité, grâce à des appellations très-anciennes données à deux contrées du pays. L'une est le champ de la Roehetailléc; le nom de l'autre, qui primitivement «lait le champ d'Amoncourt, s'est gracieusement transformé en celui de champ d'Amour.

Il reste, enfin, le monument simple mais intéressant à l'occasion duquel nous nous sommes livré à la digression qui précède.

Cette tombe (2], nous l'avons dit, se fait remarquer par sa belle conservation, par une grande netteté de traits. Voici la légende qui se lit au pourtour :

(0 Aci* d< doo.t»* on <W d. ,S m.i .S;g.

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Portifnullt archtelegiyut, Uup. VI. 4

r.lUPITBE VI.

« Cy gist messire Meollas de Hochetaillicr, chlr (chevalier) du sainct scpulcrc cl » dame Jehane d'Amoncourt sa feme s' (soigneur; et dame de la Ville-au-Boys cl en » partie de Bricls lesquels trespasserent eostassav' [ c'est à savoir ) la diclc dae le » xxiii jo' demay l'an de grâce mil quatre 5 nu" et seze ( H5)6 \ , inhumée en celte » église ot le dit s' (seigneur ; le dit jo' de may mil v ' | 1500 ; esl à Bricl inhume. » Bequicscanl in pace. Jus. Mar. »

Les deux personnages (pic mentionne l'inscription sont ligures dans l'encadrement de la pierre.

Messire Nicolas, la tête appuyée sur un coussin, les mains jointes , est couché dans son armure de guerre; il est tout tardé de for; son épée pend à son coté cl son casque est jeté à ses pieds.

Placée à sa gauche, Jchannc , sa femme, est également représentée la léte appuyée sur un coussin ; clic \mic le vêtement du liers-ordre ; un chapelet pend à sa ceinture ; son livre d'heures aux fermoirs d'argent esta ses pieds.

Un lévrier, emblème de la fidélité conjugale, lève la tête et son regard vers dame Jchannc.

légalement aux pieds des deux personnages sont gravées leurs armes respective-;, et, par une précaution extrême, le tailleur d'imaiije» a mis en évidence le nom de la famille à laquelle chacun de ces blasons doit être attribué.

Le premier, à droite , appartient aux Bocuotailléc. Il porte de gueules à six burcles d'or rapprochées deux à deux.

A gauche se trouve celui des d'Amoncourt, qui est de gueules à sautoir d'or.

Ces armes sont reproduites . en oulrc , dans un écu parti de chacune d'elles : il est placé à la léte même des deux figures qu'il sépare.

Enfin, quatre autres écussons se trouvent gravés aux quatre coins extrêmes de la pierre. Selon l'usage d'alors, ils ont pour objet de rappeler les alliances les plus honorables de la famille des défunts.

Les deux écussons de droite nous paraissent se rapporter aux Boehelailléo ; les deux autres aux d'Amoncourt.

En grattant la pierre, nous nous sommes aperçu que primitivement ces écussons avaient reçu la couleur de leurs émaux. Mais l'humidité . le pied des fidèles, les injures du temps ont porté une telle atteinte à ces couleurs, que plusieurs sont restées pour nous il l'état d'énigmes. Il nous a donc été impossible de lire ces

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