‹ Portefeuille archéologique de la ChampagneChapitre 30 sur 82 · CHAPITRE TII · texte numérisé non relu

CHAPITRE TII

De son mariage avec- Jean II, duc i!e Clèves, est venu Exgilbert, qui réunit sur sa lète , du chef de sa mère , les comtés de Nevers, d'Auxerre , de Kelhel et d'Etampes. Engilbert fut naturalisé français, en U86. il suivit les armées du roi de France. Au sacre de Louis XII , il représenta le comte de Champagne.

En 1486, il épousa Charlotte de Bourbon de Vendôme, et mourut en 1506. Sa femme se retira à Fontevrault et y mourut le H novembre 1520.

De leur mariage sont nés quatre enfants : Ciuri.es de ('.lèves, comte de Nevers, Louis, comte d'Auxcrrc, François, abbé de Saint-Michcl-de-Tréporl, et F.ngilberl, mort jeune.

Charles de Clèves, comte de .Nevers , Pair de France , hérita de la terre de Jaucourt. Il épousa, le 25 janvier 1804, Marie d'Albret d'Orval , fille de Jean d'Albret d'Orval et de Charlotte de Bourgogne, comtesse d'En.

De ce mariage est sorti François 1" de Clèves , du: de Nevers.

En 1509, la terre de Jaucourt comprenait comme fiefs: les villages de Jaucourt. Proverville, Arsonval, liaiicltc et Hurtclusc, Argançon, Le Chanel, Dolancourt. Magny-Fouchard , les hameaux des Brouilleux et des Vaux , la Maison-des-Champs, Beurey, ThicfTrain , Longpré, Montmartin, Villefèvre et Les Bruyères, Le Puits et Nuisement, Bossancourt, en partie, La Kothière, Chatillon-sur-Broué, le hameau des Bergeries, Eclance, le Petit-Eclance et Lé\igny.

François I" de Clèves, dit: de Nevers, fut pair de France, comte d'Auxcrrc , de Rethel, de Beauforl, marquis d'Isle, gouverneur de Champagne. Brie et Luxembourg.

Il épousa, le 19 janvier 1538, Marguerite, fille de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, ef de Françoise d'Alençon. Elle lui donna six enfants:

I" François II, duc de Clèves, mort gouverneur de Champagne, sans enfant de son mariage avec Anne de Bourbon de Monlpensier. Blessé, par imprudence, au siège de Dreux, il mourut de cette blessure le 10 janvier 1562.

2° Henry, mort non marié.

3° Jacques de Clèves. mort sans enfant de son mariage avec Diane de Lnmarck , lillc de Bobcrt, duc de Bouillon. Jacques de Clèves se qualifiait, en 1562, du litre de baron de Jaucourt, En y, Chaource. Villcmaur, Maraye, etc.. marquis d'Isle, e'.c.

l" Henriette de Clèves, qui épousa Louis ou Ludovic de Gonzague, prime de Manloue, descendant en ligne directe, par sa mère. Marguerite Paléologue.

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marquise (lo Monlfen.it, d'Andronic-le-\ïeux, empereur d'Orient. Louis de Conzague fut le premier reçu chevalier du Saint-Ksprit , par Henry III, le 31 décembre 1378, lors de la création «le l'ordre.

6' GfflttM de ('.lèves, qui épousa, en premières noces, Antoine de Croy, prince de Portion; et en deuxièmes, en io70, Henry de Lorraine, duc de Cuise, assassiné en 1588, pendant les Ktats de Blois, par l'ordre du roi Henry 111.

G" Marciehite de Cléves, marquise d'islc, comtesse de Beaufort, qui épousa Henry de itourbon, prince de Condé, en juillet lo7i.

Après la mort de Jacques de Cléves, la terre de Jaucourl pas>a aux mains de ses Meurs. Toutes les trois figurent dans des contrats relatifs à la terre de Jaucoiirt.

I»e cette noble descendance des maisons de France, de Bourgogne, de Novers, de Foix, de Lamarck, de Lorraine, d'Albret d'Orval, de Bourbon, des anciens eni|>ercurs d'Orient, la terre de Jaucourt passa, avec son château, sur le donjon duquel ont pu figurer les léopards des Jaucourt, les anciennes et nom elles armoiries de Bourgogne, celles de Flandre, de Coucy, d'Artois, d'Albret, de Fenthièvrc. les armes de Belhel, de Lamarck, d'Arragon, de Bourlnm- Vendôme, d'Albret, de Gonzague de Cordouo, de Jérusalem, de Conslanlinople, de Bar et de Lorraine, etc.; la terre et le château de Jaucourt passèrent, dis-jc, aux mains d'une femme, noble, il est vrai, mais bien plus aimée que noble; cette terre de\int la propriété de la Iielle Gabrielle d'Fslrées, alors seulement marquise do Monlceaux.

La terre de Jaucourt, possédée par la famille de C.tè\cs, on même temps que celle de Beaufort, fut incorporée dans celte dernière par les lettres d'érection de duché-pairie, en faveur de Gabrielle d'Estrées et de César de Vendôme, premier enfant mâle de Henry IV et alors âgé de 3 ans. Ce duché-pairie releva «le la Tour du Louvre, et les appels des sentences du baUli ducal, par pri\ilége spécial , furent |K)ités , sans ressort médiat , à la cour dos pairs. Ce duché-pairie prit rang, par taveur, immédiatement après le duché-pairie de Montmorency.

Les enfants de François I", duc de Cléves et de Nevers, et de Marguerite de Bourbon de Vendôme, étaient cousins germains de Henry IV. Cette parenté peut expliquer le choix fait des terres de Beaufort et de Jaucourt pour l'érection du duché-pairie créé on faveur de César de Vendôme. Ces terres, disent les lettrespatentes, n'ont jamais dérogé.

César de Vendôme appartient à l'histoire. Son nom figure dans les troubles de la

Port-ftuilU nrvUologiyut. CJi*p. VII. 4

régence de Marie de Malins el du règne de Louis XIII, troubles fomentes par la haute noblesse qui essayait de reprendre la position quelle occupait autrefois dans les aiïaires de l'Etui .

I.e contrat de mariage de Césvr he Voulue se fit en l.'i'JH il a\ait alors V ans . avec Françoise de Lorraine, lille du duc de MercuMir. de la maison de Loi mine. |j> mariage se réalisi à Fontainebleau, en 1009. Trois enfants sont nés de ce mariage : I ' Louis, cardinal de Vendôme, compromis dans les troubles du règne de Louis XIII; ** Fraurun, si connu dans le XVII' siècle nuis le nom de duc de Beauforl , et, dans les guerres de la Fronde, sous celui de Roi des halles; A° Elisabeth, qui épousa Charles-Ainédce d<' Savoie, duc de Xcmours.

Lt terre de Jaucourt, réunie à celle de lïeauforl , eut donc pour seigneur le pelit-tils naturel de Henry IV, celui qui lit tant d'efforts pour mettre en échec la monarchie de Louis XIV, son cousin germain , cet autre petit-fils de celui qui n placé la branche des Bourbons sur le trône de Franc»'.

Après la mort du duc de Beauforl, arrivée au siège de Candie, en 1669, la terre de Beauforl , par \oie d'acquisition, passa à (hailci-Fraiirait-Frêdéric dr Muntmurcurij-Lurrmbiiurfj, duc de Luxembourg, premier baron chrétien. Par lettres-patentes de 1 08H, les terres de Beauforl et de Jaucourt réunies prirent le nom de duché-pairie lie Montmorency. CnvnLES-FR.vxçois-FBEi»ÉBic de Moxtviobexcv-Li xkmboi bg était (ils du man chai duc de i'iney-Luxembourg et de MadelcineCharlolte-Bonne-Thérèsc de Clermonl-Tallard de Luxembourg. Il épousa, en premières noces, Marie-Anne d'Albrcl, fille aînée du duc de Chevreuse de Luynes, pair de France, et de Jeanne Marie-Thérèse Colbert. De ce mariage sont nés deux enfants morts en bas-ùge. En secondes noces, il épousa Marie Gillonne, fille du marquis de Clérembault.

La famille de Montmorency-Luxembourg posséda la lerre de Jaucourt jusqu'au jour où il n'y eut plus de seigneurs. En I78Î), nous trouvons Ax.xk-I.kox i>f. MuNTJioHENCï-LiXEMBOiBG. seigneur de Jaucourt.

.Nous venons de faire passer rapidement sous les yeux cle nos lecteurs la liste des nobles possesseurs de la terre de Jaucourt. tours noms sont oubliés là où ils commandaient en maîtres absolus. C'est avec quelques peines que nous avons pu reconstituer cette illuslre chronologie, dans laquelle figurent les noms les plus sonores que l'histoire ait gravés dans ses annales.

(.hic resle-l-il matériellement de la seignemie de Jaucourt? Comme les privilèges honorifiques, le château est détruit. On en mesure encore le pourtour: root quarante

OUFÈVRERIK. 15

lias tic long cl cent trente de large. On y voit encore un fosse de trente pas de largeur cl d'une profondeur de quelques mètres. Ce fossé est con\crti en verger. Deux tours, uuvre du XIII' ou XIV* siècle, ont encore leur rez-de-chaussée, mais elles sont envahira par le lierre qui, en les festonnant, arrondit ces derniers vestiges d'une construction d'un autre âge. Ir gracieux portail de la chapelle du château sert d'entrée à une élable. I)e ce puissant château, \oilà tout ce qu'il reste!

L'époque de sa deslniclion n'est pas certaine; mais, l'altrihuer au marteau de Richelieu, ce grand démolisseur de chalcaux féodaux au profit de la monarchie, c'esl se rapprocher de la vérité. Peut-être encore sa démolition remonte-l-ellc au XV* siècle, alors déjà qu'un grand nombre de châteaux payaient par leur démolition la résistance qu'ils avaient présentée aux armes des rois de France, En I6.'>8, l'enceinte du château était déjà envahie par les habitations des gens du village, misérables hangars appuyés d'un côté sur les murailles du vieux castel qui n'ont pas moins de deux mètres d'épaisseur. Telle est encore la disposition générale du village. Il existe néanmoins quelques maisons de bourgeoise apparence; celles-ci étaient les habitations do officiers de justice de la seigneurie, baillis, prévôts, notaires, elc.

1,'églisc de Jaucourl conserve des traces du XIII* siècle. On y voit des pierres lomhalea qui recouvrent les cendres des desservants, pris toujours parmi les religieux de l'abliayc de Bcaulicu. I.'abbé était collateur et gros décimatcur de la paroisse.

Th. BoVTiOT.

KF.SC.niPTIOX ni reliquaire.

L'église de Jaucourl est en possession d'un gracieux reliquaire spécialement destiné à enchâsser une parcelle de la Vraie-Croix.

\x Vraie-Croix a disparu, mais le reliquaire est demeuré comme un souvenir de la pieuse libéralité de Marguerite d'Arc , qui en fil don à celle église.

L'inscription gravée sur le pied, en caractères gothiques du XIII* ou XIV siècle, en fait foi. Klle est ain>i conçue : 7 Ve*t tainluaire ou il a de la Vraie Croit fin ainsi u rsl nfrr noble dame Madame Manjeritr d.ire dame de Jaucourl prie* .Vo»fre Snjnieur pour U qui li doint boue rie et houe fin. Amen. 7

16 CHAPITBE VII.

Celte légende, dont lVnoncé naïf se retrouve encore en partie sur les lèvres des bonnes gens de quelques-uns de nos villages, donne l'idée du langage, do la »implicilé chrétienne cl de la solide piété de ces Ages bénis.

Le dessin n° I, inscrit au centre de la planche 111*. représente le reliquaire proprement dit. Le n° i est une porle à coulisse qui s'adapte sur la face de la chAsse, dans le but de protéger et de voiler les saintes reliques, quand elles cessent d'être exposées. Le dessin n' 3 est le derrière du reliquaire. Le n° i est un ornement qui en indique et décore l'épaisseur. Toutes ces pièces sont des lames en cuivre doré appliquées sur une petite charpente en bois. Tous les détails, tant ligures qu'ornements, sont en repoussé. La plaque n°3, semblable à une dentelle à lilels, et chargée d'une croix, est en repoussé et percée à jours. C'est a travers ces jours que se montre le Iwis sur lequel le métal est fixé.

l-i cavité qui affecte la forme d'une croix à deux branches, dite croix d'archevêque, était disposée pour recevoir la parcelle de la Vraie-Croix. I-es deux autres, qui ont plus de profondeur que la première, ont dû renfermer des reliques diverses, que les fils disposés en sautoir, ou croix de Saint-André, étaient destinés à maintenir.

Les Anges adorateurs qui supportent le reliquaire cl semblent présenter le bois sacré à la vénération des fidèles, sont en vermeil. I-i châsse est fixée sur leurs bras par une bande d'argent doré, rivée sur la bordure derrière et devant. I^e montant sur lequel est soutenu le reliquaire et qui te relie à la plate-forme, est aussi en vermeil; la plate-forme elle-même et les lions qui la supportent sont en simple cuivre doré.

Le blason, qui est à droite sur le pied, est d'argent doré et émaillé. Il fait relief et est attaché par deux tenons d'argeni soudés. Les autres angles ont «lû être autrefois garnis d'armoiries attachées de la même manière. Ce blason conservé, posé au-dessus du nom de Marguerite d'Arc, appartient vraisemblablement à cette noble dame.

Le reliquaire proprement dit el la plate-foi me avec les Anges et le montant qui le supportent, sont de deux époques différentes.

Le reliquaire, qui est la partie la plus ancienne, accuserait l'art byzantin du XT* au XII' siècle. I,cs petits personnages, anges et saints, qui le décorent, ont, dans d'élégantes dra|>eries et quelque raideur, les formes caractéristiques de celte époque. Cette raideur se fait sentir au dessin n* 2, où la sainte-Vierge

Ci saint Jean sont icprésentés. On remarque plus de souplesse et plus de grâce dans les autres figurines de la châsse. Mais quels sont, au point de vue iconographique, ces personnages* Tous ont les honneurs du nimbe, signe distinclif de la sainteté consommée et canoniquement reconnue.

ta sainte Vierge et saint Jean figurent évidemment au-dessous de la croix du dessin n" 2. Les inscriptions grecques qui les accompagnent ne laissent pas le moindre doute. Mèiir Thêou, dans une abréviation bien usitée, indique la Hère de Dieu. Le litre de Thénlùgo», donné au saint posé en face de la Vierge, avec les initiales iâ, désignent suffisamment saint Jean lôamièt, le fils adoptif de la Mère de douleur, l'aigle des Lvangélisles, le théologien, par excellence, du Verbe incarné.

Les anges représentés à la partie supérieure des dessins n" 1" et V, ne sont-ils pas, l'un l'archange saint Michel, l'autre saint Gabriel? Les inscriptions, bien que quelque peu obscures, qui les avoisinenl et que je n'ai pu parfaitement déchiffrer, me paraissent favoriser celle interprétation. Les deux figures qui brillent dans la partie principale de la châsse, représentent à coup sûr des personnages qui se rattachent à l'histoire de la Croix ! Le nom de EUnè, posé à côté de la sainte nimbée et couronnée, qui porte devant elle, dans un ovale, une croix à double croisillon, indique l'illustre mère du grand Constantin. C'est à cette pieuse reine que la religion doit l'invcnlion du bois sacré sur lequel s'est opérée la Rédemption du monde.

Mais le personnage nimbé, couronné ou mitre, qui faille pendant de sainte Uélcne, qui. comme elle, montre d'un geste le signe adorable du salut, quel est-il ? Ce n'est pas sans doute Judas, le saint homme qui, selon la légende dorée, a désigné et creusé le lieu où était enfoui le préc ieux trésor, et qui plus tard succéda, sous le nom de saint Quirian, à saint Macaire, sur le siège de Jérusalem? Ce n'est pas saint Macaire qui, à l'apparition des trois» croix trouvées par Judas, cl pour connaître à coup sur celle qui avait servi au rachat du genre humain, les fit appliquer l'une après l'autre sur une personne morte ou mourante. C'est Constantin lui-même, Constantin, qui a mis tant de zèle à propager la connaissance de Jésus-Christ et le culte de la Croix ; qui par ce signe sacré : in i>oc tigno rince», avait remporté sur Maxencc la victoire qui lui assurait l'Empire. Les caractères qui avoisinenl le personnage désignent, ù n'en pouvoir douter, ce premier empereur chrétien.

ParttftÊnllt arcMofaffifW. Chip. VU. 5

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