SECTION VI
Armai rit* des comtes de Champagne.
Les traites de blason n«us enseignent que les comtes de Champagne portaient d'azur à la bande d'argent accostée de quatre cotices, deux à dextre et deux à sénestre, polcncécs et contre-potencées d'or de treize pières (1).
Examinons les un* après les autres les sceaux publies ici et vérifions :
,' Hugues. Son écu, haut d'environ quatre pieds, allongé et bombé suivant la mode du temps, est revêtu extérieurement d'une armature de Ter en forme de rroix. On n'y voit pas trace d'armoiries.
2* Thibaut II. Son écu est de même forme que le précédent; seulement point d'armature apparente, pas d'armoiries.
3" Henri V. Ni l'un ni l'autre de ses deux sceaux ne sont armoriés. Tout ce que l'on peut remarquer c'est que dans le second, qui date de 1152. l'écu a perdu la moitié de sa hauteur, et que sous ce point de vue il se rapproche de l'usage moderne. Mais la masse de fer qui se trouve au centre de cet écu, la^ houcle, comme on disait, les barres de fer qui, suivant une pratique fréquente alors, rayonnent de ce point aux extrémités, enfin la bordure saillante de l'écu, tout cela s'éloigne quelque peu des armes classiques de Champagne (î).
i* Henri II. Son écu est la reproduction de celui de son père. La Ixnicle , les rayons, qui n'apparaissent pas sur la planche, sont facilement reconnaissables sur certains exemplaires.
5* Thibaut lit. C'est chez lui (H 97] que nous voyons pour la première fois des armoiries. Elles se trouvent à la fois sur l'écu suspendu à son bras et sur
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C1UHTRR VIII.
un autre écu placé au contre-sceau; elles consistent soil en deux colices, soit, si l'on veut, en une bande concave, et dont les bords font saillie.
6" Blanche de Navarre. Au contre-sceau on voit un écu chargé d'une bande.
7* Thibaut IV, sur son premier sceau, porle au bras un ccu chargé de deux cotiecs; sur le second, un écu chargé de quatre cotices. Sur le troisième on voit un écu aux armes de .Navarre; mais alors il met les armes de Champagne sur son conlre-sccau : c'est une bande (I), Ses successeurs, à son exemple, ne conservent les armes de Champagne que sur leur contre-sceau.
8* Marguerite de Bourbon. Une bande accompagnée de deux cotiecs.
9* Thibaut V. I)c même.
10° Henri III. I.'écu est parti de Navarre et de Champagne, cl, comme dans les deux exemples précédents, les armes de Champagne consistent en une bande accompagnée de deux cotices.
i I" Blanche d'Artoit. On trouve à son conlre-sceau quatre écus opposés par la pointe. Celui d'en haut est aux armes d'Angleterre, à cause du second mari de celte princesse; celui de droite aux armes d'Artois, celui d'en bas aux armes de Navarre el celui de gauche aus*nrmes de Champagne. C'est ici que pour la première fois, c'esl à-dire en 127-'», après la mort du dernier comte de Champagne de la maison de Dlois. nous voyons apparaître les potences. La bande est accomiiagnée de quatre colices polencées et contre-polencées.
M° Edmond porte parti de Lancastie [c'est à-dire d'Anglelerrc brisé d'un lambel] et de Chani|wgne , c'est-à-dire, comme chez sa femme, une bande accompagnée de quatre cotices polencées cl conlre-polencécs.
1 S* Jeanne de Navarre rend aux armes de Champagne la forme qu'elles avaient sur le contre-sceau de son père. Elle porte parli, au premier de Franc»' , au second coupé de Navarre el de Champagne
1 4° Sceau* det tirainh-Joun. On y retrouve deux fois les potences conlrcpotencées. Sur le sceau proprement dit, la chaire du roi est ornée de deux écussons, l'un aux armes de France, l'aulre à celles de Navarre, et au contresceau on trouve un écu parti de France et de Navarre. C'est en iiOi.
Antérieurement , en 1303, le sceau d'Isabelle de France, fille de Jeanne de Navarre, nous donne aussi l'exemple de potences contre-polencées (ij.
(l) Saiwnt le clunoiiM Bonhomrar, Tli.biml IV pertr ait «»»!« .1» paraU* » Irai» rMlrlM d'or, qui «ml In inw
MOItUMUMHB. 43
Mais les sceaux des pré\ôtés de Champagne sont fort souvent . pendant le XIV siècle, armories suivant l'ancien système.
Nous ne lrou>ons donc pas dans les sceaux du moyen-Âge la belle harmonie des héraldistcs modernes, ou si celle harmonie existe quelcpjefois , c'est pour contredire formellement des systèmes créés à priori ot sans étude suffisante des documents.
Quelles étaient les armoiries des prédécesseurs de Thibaut III? personne n'en sait rien (I). C'est seulement au milieu du XIII" siècle que l'usage s'établit de réunir, sur le même écu, une bande et des cotices. Auparavant on ne trouve de cotices qu'à défaut de bandes, ou de bandes qu'à défaut de cotices. Aucun comte de Champagne de la maison de Blois n'a jamais placé de potences sur son écu (2). Quand on commença à faire usage de ces pièces héraldiques, le nombre auquel on devait les employer n'élait pas fixé à treize; car on n'en compte que dix sur le sceau d'Edmond, pas davantage sur celui d'Isabelle de France.
Hecon naissons, toutefois, que les émaux de l'écu de Champagne paraissent avoir été au moyen-âge ceux que l'enseignement des héiauts d'armes a conservé.
I! existe au Musée du Louvre, collection des émaux, n* 48, un écusson parti de Navarre et de Champagne. Ce sont les armoirîts modernes de Champagne que nous y trouvons. Cet émail parait appartenir au XIII* siérle i,:J; . nous le daterions de 1275-1300.
Les armoiries des deux derniers comtes de la maison de Blois se trouvent peintes en émail sur le pied d'un porte-cierge du XIV siècle, conserve dans lu même collection, n" 58. Elles sont d'azur à la bande d'argent accompagnée de deux cotices d'or (4).
Notons que ce portc-cierge est un témoignage de plus de la persistance déjà signalée des anciennes armoiries de Champagne, concurremment avec les modernes, au XIV siècle.
Quant aux supports de l'écu, au casque surmonté de couronne et de cimier, qui l'aurait timbré, on peut, à l'aide de nos planches, constater que Thibaut V a fait usage
(i) Nom ne diooes rien des lomtxsui de» comtes de Chsmpujpjo et des srenuiries qui »'jr trr>u»alewt, dit-on, peintes »« sculptée*. Noos M sawitos pu r époque précise de ta construelion de ces tombeaux, qoi d'ailleurs n'existent plus, et »*>& dessins desquels no doit sjouter Ires-peu de cmliince. On sait ce que vsol l'srcrjcologie do XVIII" siècle.
(i) Ccsl ce que P. Pilhou a reconnu di>s le XVI* siècle dans sno AiVre /*' «Vr camjes tU Chtm/taigin CI oîe JfrtV. Pnri Ptllurt «prm, p. S<|3
;1) Dr. Limai, jVor« e air. /■Mtti.rlr., Ju Muirt ila Louvre, p. GS.
ta ««*•«. va
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île supports (Pl. IV, lîg. 6; ; mais que ni lui ni aucun autre de ses prédécesseurs ou de ses successeurs, ne timbre son écu d'une pièce héraldique quelconque. La Colombièrc peut garder la responsabilité du conte qu'il nous fait à ce sujet (I).
(.)M,4.«tP»i«T.Mtî.
H. ii'Akbois de Jkiàinville.
MTEKUILLE ARCHÉûLOCIçîlF.
fldUKRAPHIE
SCEAUX ET CONTRE-SCEAU! DES MITES DE CHAMPAGNE, HENRI II, 1181 - 1197 (lIT2) ; THIBAUT ni,I19M201 (î ET 4-,) ET DE LA COMTESSE BLAHCHE, VEUVE DE CE DBRKIER (5 ET 6 )
SCEAUX et CONTRE-SCEAUX du COMTE de CHAMPAGNE, THIBAUT IV. N? 1 et 2 .premier type, N" 3 et 4-, second type, N" 5 et 6. troisième type Les quatre premières flirts dessinées d après des exemplaires conservés aux Archives de 1 Aube , les deux dernières d'après un exemplaire conservé aux Archives de UVille de Troyes
ll'.il.LOGH/tpfW PL ♦
SCEAUX M CONTRE iCEAUX: VU MARGUERITE DE BOURBON, VEUVE BU COMTE 3E CHAMPAGNE THlBAUTWf fij} 1 cl 2 y Z: DU CUMTE DE CHAMPAGNE THia*'JT Vf fit ir-a*e rte d«ix typev ( Ti)pi.fiî^f« , tjj«.^r».6). .
Ltl ntifinaux Tint L-.^-.ervoi Ml mbivei taiAuin
PETIT SCEAU DU COMTE DE CHAMPAGNE THIBAUT Y.lîSS-UNl.NM- SCEAUX ET CQNTM-SCEAÏÏX; 1! D'HEHH III U'. LU [tfl tt».ic»IT3i 2! DE BLANCHE ÛART01S. SA FEMME N"4 ET 5; S! îl EDMDNT DE LANCASTRE. SECOND MA.R1 V
Bl.ANCHî WJIT0!S.N:£ET7
SCEAUX ET GNTRE-SCEAUX- EUE JEANNE DE NAVARRE. FEMME jW ROI DE FRANCE PHILIPPE LE-BEL. CÈWTESS2 CE CHAMPAGNE. 1284 -1305. N!M ET 5, V. DE LOUIS HUT1N X? M NOM COMME BAI DE FfiAN CE. COMTE BE QUMPl »BK 1335-1S1S. N?5ET* ; 3°. DES GRANDS JOURS DE TRÛÏES AU COMMENCEMENT DU XV.' SIÊCLE.ti?5-€