‹ Portefeuille de l'ingénieur des chemins de fer (volume 3)Chapitre 41 sur 110 · DE LA POSE DE LA VOIE · texte numérisé non relu

DE LA POSE DE LA VOIE

a La position du rail étant ainsi déterminée d'une manière précise, on perce les trous pour le second coussinet avec le porte-outil , de la même manière qu'on a percé précédemment le second trou du premier. »

Réception L'ingénieur qui reçoit la voie doit s'assurer que de la voie par , , , . ^ , ,

l'ingénieur, les pentes ont ete rigoureusement observées et que

les courbes ont été bien tracées.

Que les traverses sont dans les lignes droites perpendiculaires et dans les courbes normales à l'axe de la voie.

Qu'elles sont espacées convenablement.

Que la largeur de la voie est partout constante.

Que l'inclinaison des rails est également constante.

Que l'espace laissé entre les extrémités des rails n'est ni trop grand ni trop petit.

Que dans les lignes droites, les surfaces de roulement des rails , des deux côtés de l'axe de la voie , sont bien exactement au même niveau.

Que dans les courbes, les rails de la courbe extérieure sont plus élevés de la hauteur qu'exigent le rayon de la courbe et la vitesse des convois.

DE l'entretien DE LA VOIE. 217

Que les coins serrent bien le rail et ne pénètrent pas trop avant dans le coussinet, en sorte qu'on puisse les enfoncer davantage lorsqu'ils viendront à se dessécher.

Que les chevillettes ne se sont pas détachées lorsqu'on a damé les traverses.

Que l'ensablement est suffisant.

L'entretien des voies d'un chemin de fer est confié Entretien

., du chemin et

à des brii^ades de cantonniers, qui, pour travail- fonctions des

'' , , , . , , . , . cantonniers

1er convenablement, doivent être reunis plusieurs et gardes- . ensemble. Ces brigades , composées chacune d'un chef ouvrier et de quatre hommes pris exclusivement parmi les poseurs, redressent, nivellent la voie^ et sont chargés de tous les travaux de réparation qu'elle peut exiger.

Ce sont les gardes-voies qui, placés de distance en distance pour la pohce du chemin, examinent après le passage de chaque convoi si aucune partie de la voie n'a été brisée ou dérangée. Ces mêmes hommes serrent les coins qui, par une cause quelconque, auraient pris du jeu. (Voir dans les documents l'extrait du règlement général d'exploitation du chemin de fer de Strasbourg à Bâle.)

Le nombre des gardes-voies varie selon le tracé du chemin et le aombre des passages de niveau dont la surveillanc'3 leur est confiée.

218 DE l'entretien

Quant au nombre des cantonniers, il peut, sur les chemins où se présentent de grands mouvements de terrain, être considérable, surtout au commencement de l'exploitation ; toutefois si les travaux ont été faits avec tout le soin nécessaire, et si la voie est bien ensablée, il se réduit après un certain laps de temps à un ou deux hommes au plus par kilomètre.

Sur le chemin de Bâle à Strasbourg, où à la vérité les courbes sont peu nombreuses et de grand rayon, et les remblais de petite hauteur, la circulation journalière étant de cinq convois dans chaque direction, on n'emploie aujourd'hui, dix huit mois après l'ouverture, qu'un seul poseur par kilomètre.

Sur le chemin de Versailles ( rive gauche ) , en 1843, les remblais d'une très - grande hauteur n'ayant encore subi qu'incomplètement les effets du tassement, la voie étant médiocrement ensablée, les courbes nombreuses et certaines parties de la ligne, telles que celles posées sur les estacades en charpente, exigeant un entretien spécial, les convois passant sur les rails d'heure en heure les jours de la semaine , et de demi-heure en demi-heure les dimanches, le nombre des poseurs est de deux par kilomètre.

Soins La voie d un chemm de fer ne doit pas être un

à prendre . i- / . i

pour seul instant négligée. Les moindres déformations

sont très- nuisibles au matériel, et s'accroissent ^'^n^'^^^'?" «^t^

promptement si on n'y remédie immédiatement.

La voie doit être réparée surtout avant l'époque des grandes sécheresses et avant celle des gelées.

Lorsqu'on répare pendant les sécheresses , on détruit, en dérangeant le sable, la faible quantité d'humidité qui restait dans la couche inférieure. Le sable perd alors sa cohésion, et il fuit sous les traverses.

Pendant les gelées, le terrain de la voie durcissant, les réparations deviennent impossibles , et le matériel, si la voie n'est pas parfaitement dressée, reçoit des chocs qui lui sont plus nuisibles dans les grands froids qu'en tout autre temps; ou, si la gelée n'est pas assez forte pour s'opposer à toute espèce de travail, il arrive que le sable que l'on introduit sous les traverses étant gelé, perd toute sa consistance lorsque le dégel survient, et que la voie cesse d'être en bon état.

Les remblais tassant inégalement , il est très-important d'examiner souvent si dans les parties courbes la différence de hauteur entre les rails de la courbe extérieure et ceux de la courbe intérieure est constante. Il serait très-dangereux que les rails de la courbe extérieure vinssent , par suite de tassements , à se trouver moins élevés que ceux de la courbe intérieure, au lieu de l'être davantage.

220 DE l'entretien

Approvision- Comme dans les premières années d'exploitation

nenieut i • i r i « r

du sable, d un chemin de fer les traverses doivent être fréquemment relevées, il ne faut pas négliger d'approvisionner des quantités suffisantes de sable en plusieurs points de la ligne.

Il faut aussi déposer sur la voie des rails et des traverses; mais, autant que possible, ces objets doivent être renfermés, moins pour les mettre hors de la portée des voleurs que parce qu'ils deviennent quelquefois de dangereux instruments entre les mains des malveillants.

Ainsi, sur le chemin de Versailles (rive gauche) et sur celui de Bâle à Strasbourg, on a trouvé des traverses munies de leurs coussinets placées avec intention en travers des rails, un instant après que le garde-voie avait fait sa tournée, et lorsqu'un nouveau convoi était sur le point de passer.

Loi â faire Remarquons à cette occasion qu'il n'existe encore

FeTe^ffe^s dTîa ®" France aucune loi spéciale pour la répression de

""^siiï'ies"'^'^ ces crimes qui exposent à de graves dangers la vie

^^deTer ^ ^'^" grand nombre de personnes. Ce genre de délits,

plus fréquent qu'on ne le suppose, n'entraîne pour

les coupables que la condamnation à des peines

insignifiantes. Dans un moment où le gouvernement

paraît préoccupé des moyens de prévenir les acci«

dents sur les chemins de fer, il serait urgent qu'il

remplît cette lacune dans notre législation.

Nous terminerons ces notes concernant l'entre- Précamion

importante

tien de la voie par l'indication d'une précaution à à prendre

, , . . . lorsqu'oa

•prendre lorsqu'on relève la voie qui bien que pa- relève la voie. raissant peut-être minutieuse n'en a pas moins de l'importance dans la pratique. Les piocheurs, lorsqu'ils relèvent la voie, ont l'habitude de ne piocher que la partie voisine de la traverse à relever, en sorte qu'entre deux traverses relevées il reste une partie de sable qui n'a pas été remuée. Cette portion de la chaussée se trouvant alors plus dense que celle qui vient d'être réparée, l'eau, s'il survient de la pluie, se porte sous la traverse et lui enlève toute sa stabilité. Il faut donc exiger des ouvriers que lorsqu'ils ont relevé une traverse, non-seulement ils remuent le sable des deux côtés, mais encore qu'ils piochent la partie restant au milieu.

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