TITRE PREMIER
» Article premier. Il sera formé une liste des absens dans la trente-deuxième division militaire.
» Art. II. Cette liste comprendra : i^. Tous les individus qui ^ exerçant des fonctions publiques y se seraient absentés du pays au moment de la rentrée de l'armée française. 2^. Les sénateurs de Hambourg et de Lubeck qui auraient repris les fonctions de sénateurs après l'évacuation de l'armée française. 3<>. Tous les propriétaires qui se seraient absentés depuis le premier mars^ et ne seraient pas rentrés quinze jours après la publication du présent décret. 4**. Tous les individus qui auraient accepté un grade d'officier dans les levées pour l'ennemi ; tous les individus qui auraient pris du service dans la légion anséatique , ou auraient fait partie des autorités créées par l'ennemi. 5®. Tous les individus connus pour avoir fait partie des rassemblemens armés , et pour avoir excité le peuple à la révolte. 6^. Tous les individus connus pour être au service d'Angleterre, soit civil, soit militaire, et tous ceux connus pour être au service de la Russie et de la Prusse , soit civil , soit militaire. 7®. Enfin tous les individus qui se seraient absentés de leur domicile depuis le i". mars de cette année, et qui ne seraient pas rentrés dans les quinze jours qui suivront la publication du présent décret.
» Art. m. La liste de tous les individus absens
9a LE PORTEFEUILLE
sera dressée sans délai sous les ordres du prince d'Eckmûhl, par département, par arrondissement, par canton et par municipalité. 11 sera à cet effet nommé par les préfets une commission dans chaque arrondissement et dans chaque ville. Les listes seront faites de nouveau tous les quinze jours. Il en sera adressé une expédition au ministre de la police générale et au directeur général de la régie des domaines et de l'enregistrement.
TITRE DEUXIÈME. y ' Des effets de T absence.
» Art. IV- Le séquestre sera sur-le-cbarap apposé sur les biens, meubles et immeublés de tous les individus inscrits sur la liste des absens de la trente-deuxième division militaire. Notre régie des domaines et de renregistrement en prendra aussitôt possession. L'état de la valeur de tous les chiens saisis sera adressé au directeur général.
» Art. V. Tant qu'un individu sera sur la liste des absens , il ne pourra exercer aucune action civile; les créances qui leur appartiendraient, les successions qui leur reviendraient , seront sé^ questrées et recueillies au profit de notre domaine^ Les fruits desdits biens seront versés dans la caisse de l'enregistrement.
» Art. VL Les individus une fois inscrits sur la liste des absens , et leurs biens en la possession de la régie des domaines, la radiation de leura
DE MIL HUIT CENT TREIZE. gS
noms de dessus ladite Hste et la mainlevée du séquestre de leurs biens , ne pourra pkis être faite qu'en vertu d'un décret de nous.
» Art. Vil. Nos ministres des finances, du trésor, de' la police et de la guerre , sont chargés de l'exécution du présent décret , qui sera inséré au bulletin des lois et communiqué au major-général, au directeur de l'adihinistration de l'armée , et au
prince d'Eckmûhl.
>) Napoléon.
*) Par l'empereur , le ministre secrétaire d'état,
» Le comte Darc. »
^ . L' empereur au prince d'Eckmiihl, ,
M Mon cousin , vous recevrez la copie du décret •que je viens de prendre pour l'armement de Hambourg; vous y verrez que vous avez en ce moment une pièce de trente-six, neuf de vingt-quatre, sejpit de dix-huit , une de seize , douze de douze , six de huit-, trente-trois de six , et trois obusiers de huit pouces, ce qui fait trente-deux bouches à feu du calibre de douze ou d'un calibre supérieur. Vous ferez mettre sur-le-champ ces pièces en batterie sur les remparts; les pièces de six devront être placées sur les flancs des ouvrages. Vous ferez également mettre en batterie une vingtaine de caronnades de vingt-quatre , et ferez travailler de suite à la confection des afluts qui pourront être nécessaires aux autres. Les caron-
nades sont d'un trés-^bon service dans la défense des places, et même, dans bien des eireonst^^ices, elles sont préférables aux. autres bouches à feu. J'envoie le sieur . Pailbau , l'un de mes officiers d'ordonnance, à Groningue', pour faire expédier promptement tout le matériel d'artillerie que cette place doit fournir pmir l'armemait de Hambourg, et de manière que tout $oiC arrivé dans cette dernière place du lo au 1 5 juillet. Cet officier correspondra avec vous , et vous rendra compte de tout ce qu'il expédiera. Les premiers convois qui ■tous arriveront apporteront une partie des poudres et projectiles nécessaires/ à Tapprovisionnement des boucbes à feu que vous avez en ce moment; les autres convois seront composés de manière que chaque fois qu'il vous en arrivera un , vous vous trouverez avoir de plus à votre disposition une douzaine de bouches à feu^ bien approvisionnées et bien outillées. Ces expéditions demandent à être faites avec beaucoup d'intelli-^ gence. Vous ferez les réquisitions nécessaires pour que des relais de deux cents cheyaux au moins soient établis sur la route de Groningue, de six lieues en six lieues , afin d'accélérer l'arrivée du matériel que cette place doit envoyer; vous correspondrez avec le commandant de Tartillerie de Magdebourg , et presserez le départ des principau^t objets d'artillerie que cette place doit fournir à celle de Hambourg d'après l'état ci-^
joint. Les bouches à feu j en général j ne sont approvisioiinées qu'à cinq cents coups chaque ; mais k>rsque cet approvisionnement sera arrivé , je prepudrai des mesures pour qu'il soit augmenté. Sur ce, je parie Dieu , mon cousin , qu'il vous ail en sa sainte et digne gardé,
» Napoléoiv.
» Dresde, le 10 juin i8i3. »
Au comtE Daru.
((Monsieur le comte Daru> vous donnerez des. ordres pour défendre les marchés de transports à Mayence , et pour les transports à Wesel , la concurrence de rartîlleïîe et des administrations les rend trop dispendieux. Il y à uii autre moyen à employer, celui des réquisitions. Il faut d'abord étaUir trois lignes de transports de Mayence à Dresde. La première ligne passera par Fulde , £rfurth ^ lena et Gera« La seconde ligne passera Wart2i)ourg, Bamberget Chemmitz. La troisième ligne passera par Francfort , Gassel et Léipsick ; ces trois lignes seront employées les jours pairs pour le service de l'administration , et les jours impairs pour le service de l'artillerie. On aura ainsi cent cinquante voitures par jour, ce qui, à raison de dix quintaux par voiture, fait quarantecinq mille quintaux par mois, quantité suffisante pour les besoins de l'armée; vingt -deux mille quintaux et demi pour l'administration, et vingt-
deux mille quintaux et demi pour l'artillerie; les deux services se remplaceront l'un l'autre pour profiter des relais. Dans les occasions extraordinaires , on préviendra quatre jours d'avance les régences. Il y aura, un officier d'artillerie et un commissaire des guerres , pour régler et surveiller tout ce qui est relatif au chargement. Les voitures ramèneraient en revenant les blessés et les malades, et on les transporterait sur Mayence. Sur ce, je prie Dieu , etc. '
» Napoléow.
» Dresde, le 29 juin 18 t3. «
jéu prince archichancelier.
• ; « Mon cousin , j'ai reçu votre lettre du ^3 juin ; tous les bavardages des ministres sur la paix font le plus jg;rand mal à mes affaires. Car tout se sait, et j'ai vu plus de vingt lettres des ministres étrangers qui écrivent chez eux, qu'on veut la paix à tout prix à Paris ; que mes ministres me le mandent, tous les jours, etc. C'esit ainsi qu'on peut rendre la paix impossible, et la faute en est surtout au ministre delà police. Il faudrait qu'au lieu de ce ton pacifique , on prit un peu le ton guerrier. On a à Paris des idées bien fausses si Ton croit que la paix dépend de moi. Les prétentions des ennemis sont excessives , et je sais très-bien qu'une paix qui ne serait pas conforme à l'opinion qu'on a en France de la force de l'empire.
serait très-mai vue par tout le nloride« Strr^^e, je prie Dieu qu il vou» ait en sa sdnte et dîgM gardei
V Dresde, le 5oj|uiii iSi5. v
Au prince d'Eckmuhl. . /
« Mon cousin, j'apprends qu'il y a des difficultés à Hambourg pour la liste des absens. Je vous laisse carte blanche là^le^sus. Je vous laisse maître y si TOUS le jugez convenir à mes intérêts , de publier une amnistie (pour ceux, bien entendu, qui seraient rentrés dans l'espace de quinze jours). Vous excepteriez de cette amnistie qui vous jugeriez convenable. La meilleure manière de punir des marchands , c'est^en effet de les faire payer. Ce qui serait surtout bien nécessaire , c'est de vous défaire d'un tas de gens de la dernière canaille qui ont été dans l'insurrection, et qui sont plus dangereux que les gens comme il faut. Je vous laisse carte blanche sur tout cela. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne
garde.
» Napoléon.
» Dresde , ce 1 *'• juillet 1 8 1 3. »
Au prince archichancelier,
« Mon cousin , j'ai pour cinq à six millions de vif -argent à Venise. Je désire que vous voyie?^
TOMK II. 7
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M. Defermon et la Bouillerie pour faire rentrer cet argent. Defermon veut tenir les prix trop élevés^ ce qui fait que rien ne se vend, et cela au moment où l'on a besoin de réaliser les ressources de cette nature. Il faudrait prendre un parti pour accélérer la vente. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon.
» Dresde, le i". juillet i8i3. »
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