PICARD, FA^NY
FA!\!NY , entrant. Bonjoiu', papa...
l'ICARD. Bonjour, ma petite Fann y ...
tu viens de porter ton ouvrage, c'est trèsbien... il faut aimer le travail, parce qu'un jour, vois-tu, il faudra t'établir, entrer en ménage... plus tard... dans longtemps... quand ton cœur aura parlé...
FAM>1Y, vivement. Mais il a parlé, papa... il a parlé.
l'ICAUD, youan/ félonnement. Vraiment !
et pour qui donc?
FANNY. Dam !... vous voue en doutez bien...
PICARD. Pour Bonivet, peut-être?....
{Elle lui fait signe que oui.) Ah çà, lu l'aimes donc ce qui s'appelle bien?
FANNY. Oh! oui, il est si bon... et puis il m'aime tant, lui... IMais vous le rudoyez toujours.
PICARD. Et si je te promettais de ne plus le rudoyer...
FANNY. Vrai!... Oh! papa, voilà qui serait gentil.
PICARD. Eh I mou Dieu, je jouais le Cro-
queniitaine aveclui pour voir s'il t'aimait réellement... maintenant que j'en suis sûr; eli bien! nous verrons, je tâcherai d'arranger tout ça.
F\^^Y. O mon bon petit papa, que vous èl( s bon!
PICARD. Que tu sois heiu-euse, et je serai content... Ah ! si mon colonel avait vécu, t'aurais une dot... Pauvre colonel I... En parlant de ça ... faut que j'aille faire n:a tournée quotidienne.
F.W'NY. Encore!...
PICARD. INIoii enfant, c'est un devoir sacré. ( Tirant lin papier cacheté.) Je ne sais pas tout ce qu'il y a là-dedans, mais j'ai juiéàmon colonel niourant de re.stituer ces papiers à celui qu'il m'a désigné... et je tiendrai ma promesse.
F.VN^Y. IMais puisque vous ne pouvez pas découvrir celui à qui ça appartient... faudra bien y renoncer.
PICARD. La personne est à Paris, j'ensuis stîr, et je finirai par la joindre... Donne moi mon chapeau, mon enfant... garde bien la loge pendant mon absence ; si l'on vient voir le petit logement du quatrième à louer, sois bien engageante... la propriétaire me bougonne toujours de ce qu'il ne se loue pas... comme si c'était ma faute... Ah! lu prendras garde de laisser monter des dames chez M. Edouard... Si Bonivet vient, tu peux lui dire tout ce que tu sais bien.
FA\NY. Oui, papa... Oh ! je suis bien heureuse, allez.
PICARD. Tant mieux, mon enfant....
adieu I
FANNY. Adieu, mon papa.
PICARD. Adieu, mon enfant.
FANNY. Adieu, mon petit papa!
Il l'embrasse et sort.