‹ Portrait politique des papesChapitre 173 sur 190 · CLEMENT X · texte numérisé non relu

CLEMENT X

CC3CU* MNTiri. DB 1669 ▲ 1676.

Jba:«-Baptist£-Emilb AtmERi, ué à Rome, ear^ dinal, âgé de quatre-vingts ans, fut élu pape le ag août 1670 , après huit mois de vacance du Saiat- Siége, parce qu'on n'avait pu réunir sur une tète les deux tiers des électeurs. Il existait six factions: lé parti espagnol , le parti français, ceux des Barberini , des Ghiggi , des Rospigliusi, et la sixtèrae» qu'on nommait voiante, composée des dissidem. Sans doute queFEsprit-Saintlaissaitagirles causes Secondes, puisqu'après tant de débats, les cardinaux ne purent s'accorder que pour nommer un vieillard caduc , afin de laisser bientôt le siège encore vacant, et de leur abandonner jùsque-là le gouvernement, s'il voulait conserver la vie. Il suivit si bien les maximes du népotisme, qu'à défaut de neyeux, il en adopta un à qui il domia le nom d'Altieri, et !• nomma cardinal Altieri. Comme il lui aban-

donnait les rênes du gouvernement, les Romains disaient qu'ils avaient deux papes :i]ji> purement nominal , et l'autre vrai pape sans en avoir le nom; L'}iistoire des pontifes précédens m'évite de répéter les. désordres particuliers de Clément X , qui rut le 22 juillet 1676.

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INNOCENT Xi;

CÇLXU* PONIIVI. ««- DX 1676 A 1689.

BemoIt Odescalchi, né à Côme, dans le Milanais,, cardinal évéque de Novarre, fut élu pape le 21 septembre 1676, prit le nom dlnnocent XI, et mourut le la août 168g. Il reconnut les incon« .véniens du népojLisme, et défendit a son neyeu Libio Odcscalchi de prendre aucune part au gotiveruement, ou même de recevoir aucune visite politique sous le titre de neveu du pape. Le peuple de Rome sut si bien apprécier la conduite dinnocent à cet égard, que c'en fut assers au montent

i6t de M mort^ p^orle crcrim uft lahiC, e% poureiikver 4rt M pâriiiger qudqtie^^unes des choMs <{ûi avàt^iit touché sODi corps. On peot hiduiM de là coïkibt^li les Hoifidins étaient scandalisés de la conduite des papes qui avaient suit i lé syfttétue du né^ potisme.

Sous le règne d'Innocent , l'assemblée du cleigé de France approuva les quatre propositions publiées par Funiversité de Paris en Tannée i68â, lesquelles se réduisent à déclarer que ni le pape, ni rÉglise n'ont de pouvoir dans les affaires tem*porelles; qu'ilkne peuvent déposeriez rois et de délier leurs sujets du serment d'obéissance qu'ils ont prêté; que le concile général ocuméniifue est supérieur au pape, selon la décision du concile de Constance, sans que cette doctrine puisse être bornée aux occasions de schisme, puisqu'elle est applicable à tous les temps ; que l'exercice de la puissance pontificale est limité par les canons et les conciles généraux, et sans préîudicier aux droits des nations, ni à ceux de leurs souverains; que le •pape a la première et la plus grande part dans les choses qui regardent la foi , mais qu'il n'est pas infaillible dans ses décisions, sans le concours de l'autorité de l'Eglise assemblée. Les Romains furent f rè&^fâchés de cette déclaration , et voulurent la condamner. L'évéque Bossuet la soutint, et, quoi qu'aient pu faire les papes depuis , il ti*y a en Europe aucuu canoniste , aucun théologien dis-

tingué , qui ne reconoaisse la vérité des quatre propositions de l'Église gallicane.

Innocent eut aussi quelques différends avec la cour de France , sur les prééminences des ambassadeurs, qui avaient été supprimées par une bulle du 12 mai 1687. L'ambassadeur de France en appela au futur ^concile , et célébra l'office de Noël dans sa chapelle dé Saint-Louis. Lé pape ïnit l'interdit sur cette église, et mourut sans termine^ celle dispute. N'est-il pas à regretter que des gens de bien , tels que ce pape » se laissent entraîner aux suggestions des ihéehans , parce que ccux-el ^at plus d« ruse?

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