‹ Portrait politique des papesChapitre 176 sur 190 · CLÉMENT XI · texte numérisé non relu

CLÉMENT XI

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Jian-Fka»[çoi8 Axbani, né a Pésaro, cardinal diacre du titre de Saint-^ylvestre, fat élu pape le 25 novembre 1700 9 après quarante-cinq jours de conclave, et mourut le 19 mars 1721. Il f^t élève du cardinal Esfrondatiy auteur du célèbre ouvrage théologique : Nodtu prœdeêtinatiani$ disêoiuPus^et aussi imbu que son maître de tous les principes îésuitiques. Ainsi , loin de ramener la tranquillité intérieure dans l'Europe catholique, il souffla en tous sens le feu de la discorde. A Yà gard du prétendu jansénisme , il lança trois bulles

en 1705, 1 7 1 3 et 1715, dont Teffet, agréable aux jésuites , rendit ennemis du pontife tous les savans de l'Europe, qui le regardèrent comme un tison de discorde. Le vrai moteur de l'expédition de ces bulles ne fut pas le zèle pour la pureté du dogme, mais rintérét de la cour de Rome , parce que les prétendus jansénistes soutenaient des opinions conformes à la discipline générale , mais contraires au despotisme pontifical.

Clément était $1 imbu des maximes erronées de la cour de Ronle, qu'il publia, le 20 février 1715, une bulle qui supprimait en Sicile le tribunal appelé ia monarchie de Sicile. Sa juridiction étaitdedécider sans appel de toutes les affaires ecclésiastiques, et son établissement remontait au 5 juillet 1098, époque où Urbain II avait accordé à Roger, comte de Sicile, pour lui et ses successeurs, les facultés de légat pontifical. Le roi de Sicile réclama contre la bulle de Clément XI , parce que la concession d'Urbain n'avait pas été faite par une faveur spéciale ;. c'était un concordat pour le bien de la paix, qui produisit de grands avantages au Saint-Siège.

Les souverains ne devraient jamais avoir recours qu'à des moyens de défense réels, essentiels et sans réplique : un monarque ne doit laisser aux papes qu'une autorité égale à celle des douze premiers successeurs de Saint «-Pierre, puisque tout le reste est évidemmeint usurpé par une tolérance excessive.

*69 Clément Toulùt aussi faire prévaloir son despotisme en Espagne ; mais Philippe Y eut recours aux ▼rais moyens de contenir l'orgueil des papes; il ordonna de ne s'adresser à Rome pour aucune dépêche^ et défendit d'y faire passer de l'argent, et voulut que les évéques et les ordinaires fissent usage •de leurs facultés innées. Plut â Dieu qu'il n'eût pas révoqué si promptement ses décrets, d'après l'instigation injuste du cardinal Judice et des Jésuites.

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