‹ Portrait politique des papesChapitre 37 sur 190 · GREGOIRE-LE-GRAND · texte numérisé non relu

GREGOIRE-LE-GRAND

LXIV* PONTIFE. — DB BgO ▲ 6o4-

Sâint-Gasgoihe^le-Grand , ex-préteur de Rome, depuis moine, était fils du sénateur Gordien et de Sainte-Silvie , et petit-fils d'un fils légitime du pape Félix IIL II fut consacré pape le 3 septembre 590 9 avec l'approbation de l'empereur Maurice , auquel Grégoire a^ait écrit pour le prier de ne pas confirmer son élection. Il était uni d'amitié avec l'empereur Maurice depuis un Toyage qu'il avait fait À Constantinople comme légat du pape Pelage IL II mourut le 1 2 mars 6o4 9 laissant derrièrcrlui d'assez fortes preuves de son zèle ardent, désigné sous le nom de vertu, pour l'agrandissement du siège pontifical , et de l'intolérance avec laquelle il considérait tout ce qui lui semblait contraire aux prérogatives.

Jean iej&ùneury patriarche de Constantinople, s'appropria le titre d'évégue œcuménique ^ équivalent à universel. Saint- Grégoire en fût trèsirrité parce que , selon l'opinion de ce saint, aucun évéque ne pouvait se revêtir de ce titre , et que vou-

loir le faire, c'était se transformer en anieohrist. ^ ayant pu obtenir de Jean de renoncer â ce titre fraîchement usurpé , il écrirait à l'empereur Mau^ rice , dont il était le compère spirituel , ayant tenu sur les fonts de baptême un de ses fils.^ Il était si violemment irrité de cette conduite, qu'ilprit, par une extrémité contraire , le titre de serviteuar des êervitekurs de Dieu y qui a jusqu'ici été réservé aux papes.

Depuis lors Grégoire perdit toute l'affection qu'il avait eue pour l'empereur; il en vint au point de rendre impossible de le justifier de la lettre qu'il écrivit depuis à Phocas. Cet usurpateur avait commis les actions les plus atroces pour se rendre maître du trône impérial. Il avait fait arracher les yeux en sa présence à tous les fils de Maurice , parmi lesquels se trouvait le filleul de Grégoire , et les avait fait tuer enstiite. Aussitôt après, il avait fait exécuter les mêmes cruautés contre l'impératrice GoDStantina et ses trois fiUes : ce furent là les degrés sanglans sur lesquels il s'éleva au trône. Grégoire lui écrivit en ces termes pour le féliciter sur son élévation.

c Bénissons Dieu qui change le temps et les royaumes; qui envoie les princes aux hommes, tantôt comme des ministres de sa justice afin de les punir, tantôt comme des exécuteurs de ses miséricordes afin de les consoler. Nous voyons donc, avec le pius grand plaisir , que ta piété soit arrivée au trône de l'empire. Que les cieux et la

terre s'en réjouissent; que rUnîtcrs entier fesse retentir son plaisir et implore pour toi les bénédictions divines (i)»

Le plus vil adulateur n'en pourrait jamais dire autaut s'il parlait surtout à un tyran , à un usurpateur, à un assassin , digne de tous les châtiment de la justice humaine*

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