GREGOIRE IV
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GuÉeontE, prêtre de Rome , fut élu pape, peu de temps après la mort de YaleDtin ; mais il ne fut consacré que le 5 janvier 828 , parce qu'on attendait la confirmation impériale. 11 fut cependant couro&né, car les Romains qui cherchaient ies moyens de persuader que l'approbation des empereurs n'était rien autre chose qu'une cérémonie , s'imaginèrent de le mettre aussitôt en possession du palais pontifical , et des églises de Sainte-Marie- Majeure et de Saint-Jean-de-Latran.
Grégoire fit beaucoup de difficultés pour accepter le pontificat, de telle manière qu'on fut obligé de l'enlever de force de l'église de Saint-Cosme et de Saint-Damien où il se trouvait par hasard. Mais, en dépit de cette apparence de résistance, sa conduite ultérieure fournit de puissantes raisons de croire qu'il avait aussi une grande ambition quoiqu'il sut la dissimuler, sachant bien que la résistance même qu'il opposait, ne ferait qu'en-
a36 flammer davantage. Le rétablissement de la ville d'Oslie avec ses murailles et ses châteaux forts , sous le nouveau nom de Grégoriopolis , en serait une preuve suffisante. Cette entreprise est bien loin de mériter notre censure. Plut à Dieu que les papes eussent soutenu, les artisans par de semblables travaux ! Seulement la petite ambition dé per^^ pétucr le souvenir de son nom en le donnant à cette ville, indique des idées peu identiques avec celles auxquelles devait être attribuée sa résistance à l'occupation de la papauté.
Malgré le serment de fidélité qu'il avait prêté à l'empereur à Louis-le-Pieux , le pape Grégoire se joignit à Lothaire dans sa rébellion contre son père, à laquelle avaientpris parties deux autresenfaos que Louis avait eus d'un premier mariage ; il l'accompagna même dans le voyage qu'il fit en France à la tête d'une armée pour détrôner son père. La plus grande partie des évêques français suivait le souverain légitime. Ayant appris que Grégoire avait formé le projet de les excommunier, ils lui écrivirent une lettre très-vigoureuse; ils lui disaient, entre autres choses , qu'ils ne dépendaient en rien du pape , quant à ce qui concernait les* affaires intérieures et particulières de l'église Gallicane, et que, si Grégoire les excommuniait ,. ce serait lui seul qui se trouverait en effet excommunié, parce que ce serait eux qui se sépareraient de la communion d'un homme quiagirail au mépris des canons. Le pa|>c fit écrire un mé-
moire par un des siens pour soutenir Topinion contraire. Le même Grégoire écrivit aux évéques. U élevait au plus haut degré la dignité papale, lui attribuait un pouvoir très-supérieur au pouvoir séculier, et soutenait, en conséquence, qu'ils étaient obligés d'obéir à ses ordres, au mépris de ceax de l'empereur. Les fils rebelles parvinrent avec l'aide du pape à l'horrible action de détrôner leur père, de le soumettre à une pénitence publique, et de le reléguer dans un monastère où il resta renfermé quelque temps, jusqu'à ce que la discorde qui s'était mise entre ses fils, le fit remonter sur le trôn« impérial. Le pape fut accusé de parjure. Il jfoua, depuis, un rôle si indigne dans les conférences de reconciliation qui eurent lieu à son sujet, que l'endroit où se tinrent les conférences entre Bàle et Strasbourg, a gardé le nom de Champ du Mensonge.
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