‹ Portrait politique des papesChapitre 94 sur 190 · BENOIT IX · texte numérisé non relu

BENOIT IX

CXLVIII* PONTIFB. — DE lo33 ET AU-DELA'.

Quinzième sdiisme.

La famille des marquis de Toscanelle, descendans d'Âlberic, duc de Gamérino et de Spolette, patrice de Rome , et de la célèbre reine Marocia , paraissait destinée à régner sur le trône pontifical par des moyens criminels , selopce que nous ayons Yu dès la fin du neuvième siècle ; mais depuis l'ignominie , dont Grégoire Y tenta de couvrir cette fa- ^n:iiUe dans la personne du sénateur et patrice t^]rescence, Alberic affermit davantage l'opinion deft Romains en sa faveur pour l'élection des pape«. Nous' avons déjà vu Benoit VIII et Jean XIX , membresd^'^ sa famille, et nous allons en voir un troisième e^xemple dans Benoit IX , fils du marquis Alberic, et neveu des deux papes que nous venons de citer , ^t avec un scandale encore plus grand , puisqu'on «fiectua son élection, en io33, lorsque Theofilato (c'était son nom avant d'être pape), n'é-

tait Agé que de dix àiis eiiTiron. Le» autefuts de Fart de Vérifier les dates làeht ce fait ; malis il cUsl affirmé par Radillphe GrAber ,' moine contem pk>raîn ,' partisan déclaré du Saint-Siège ; Puer ferme xtefeennis, dh-it. Bu Fannée ie>38;»; oà il avait' tout au pltis dh:*^ept -ans V* "déjà séSAlœars étaient si) scandaleuses , que les Romains le ehassèrent de là ¥iUe. Remis sur soti siège dans làtnéme anixée», par Tempereur Gonradk H, bieli loii» de changer 'd^ conduire , fies Vices augmentèrent avec soïi- âge: Les assassinats, les adultères publics; ksvi^mèmè^ déshonoraient 'le siégé de Saint^Pierre ,) en désho^ Durant celui qui y était assis. Les Romains^ te chds« sèrent de la ViBe en i o44 , lé'pape n'aj-aïit encore que vingt-quatre tfns, et ils élu^rent à sa ptece J<5an ; évéqûe de Sâbihé', 'qu^ Ait antipape sous'^lc' nom de Sylvestre III. Environ trois mois àprès> BenreiC retourna à Rome, soutenu -par la puissante pro*tectionde son parent, le marquSs de Tosciinelle} ce qui, au'uiilieù âe tant de maux,' produisit, 'du moins, l'avantage de. terminer le schisme; car Sylvestre III consentit heureusement à redevenir év^ que de Sabine, comme auparavant. Mais Benoit ne changea pas pour cela de mœurs, et voyant qu'il était aussi méprisé du x^lei^é que du peuple, il chercha à vendre son pôntificar à Jean GraHen , archi-prêtre de Rome, moyennant une somme considérable d'argent. Il réalisa son projet , et fit sa renonciation dans la même année io44* Celui avec qui il traita , prit le nom de Grégoire YI , qui re-

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Bonça lui-même â la papauté , en 1 046 , et CU^ ment II lui i»uc€éda. Ce dernier mourut le 90c-. tobre 1047 : ^^'^^ cette circonstance, Benoit IX, , las de rester tranquille, vint s'asseoir pour la quatrième fois sur le trône pontifical , par le inoyen. de la puissance et de la force de ses parens ; et Ton peut s'étonner, à cet égard, de la patience du clergé et du peuple qui consentirent à le souffrir. Cette fois il resta sur le trône uii peu plus de huit mois, après quoi il se retira pour toujours. Quelques-uns prétendent que ee fut par suite des exhortations de Saint-Barthélemi , abbé du monastère du Crrutaferrea.

Dans ce temps , les Polonais lui demanderait un roi. Benoit le leur accorda comme une faveur, et en rendant le royaume feudataire du Saint-- Siège. Le système d'ambition et d'avarice ne s'est jamais démenti à Rome , depuis le commencemoit du troisième siècle.

Les maximes se trouvaient établies parmi le 4:lergé romain ^ et elles se sont transmises de la bouche des anciens au cœur des modernes.

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