‹ Portraits à la plumeChapitre 54 sur 65 · III .lu II I lu II · texte numérisé non relu

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ADOLPHE TITIERS. 2nl

des inconvenances qu'on trouve dans Michel-Ange, elle est tombée dans la prétention et le bel esprit. » L'école de David préservée des inconvenance* de Michel-Ange me semble un peu fort. Et, chose remarquable, qui prouve jusqu'à quel point la rectitude de jugement est enracinée riiez lui , c'est que, malgré toutes ses erreurs, monsieur Thiers finit par remonter sur sa pensée, el la conduit à une conclusion si juste, qu'elle est encore vraie après vingt-huit ans. «Aujourd'hui, l'école française manque île toute espèce d'impulsion sans doute, la variété îles sujets est une richesse île plus; mais elle prouve le défaut d'une direction forte ri prononcée, lin rencontre, en effet, avec tous les sujets tous les stj les, on voit la divergence qui est aujourd'hui dans les arts, les sciences et les lettres. Les écoles de philosophie, les systèmes politiques, les doctrines littéraires, s'entre-choquent dans l'Europe entière; partout, enfin, l'esprit humain vacille, hésite etcherche pénible ni à s'avancer. » Ce chapitre, enfin, se termine par un essai de définition îles romantiques et des i lassiques, qui, on le pense bien, ne < le finit absolument rien — ce n'eùl |ias été chose facile, d'ailleurs - el qui serl à monsieur Thiers à faire preuve d'une spirituelle impartialité, et lui donne l'occasion d'une magnifique péroraison.

\ la suite de ers préliminaires, monsieur Thiers entre dans le détail el l'appréciation îles œuvres exposées. Ces œuvres, donl le temps a fait justice, excitaient alors mu' admiration dont nous pouvons difficilement i s rendre compte aujourd'hui. A chaque

instant, les noms les plus inconnus se rencontrenl sous l.i plume de l'auteur, qui commence par assurei

l'Mlil I! \11 S \ LA III Ml i|u'aurune exposition n'a offert deux tableaux |>lulouchanU b| plus originaux que Corinne et B Puis viennent les noms de manieurs Chais, Frotté, Drollinf G (î lleniol llerciei . I limuas I

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ADOLPHE TMERS. 255

« Le Dante et Virgile, conduits par Caron, traversent le Meuve infernal et fendent avec peine la foule qui se presse autour de la barque pour y pénétrer; le Dante, supposé vivant, a l'horrible teinte des lieux; Virgile, couronné d'un sombre laurier, a les couleursde la mort. Les malheureux condamnés à désirer éternellement la l'ive opposée s'attachent à la barque. L'un la saisit en vain, et, renversé par son mouvement trop rapide, est replongé dans les eaux; un autre l'embrasse, et repousse avec les pieds ceux qui veulent aborder comme lui; deux autres serrent avec les dents ce bois qui leur échappe. Il y a là l'égoïsme et le désespoir de l'enfer. Dans ce sujet, si voisin de l'exagération, on trouve cependant une sévérité de goût, nue convenance locale en quelque sorte, qui relève le dessin, auquel des juges sévères, mais peu avisés ici, pourraient reprocher de manquer de noblesse. Le pinceau est large et ferme, la couleur simple et vigoureuse, quoique un peu crue. « L'auteur a, outre cette imagination poétique qui est commune au peintre comme à l'écrivain, cette imagination de l'art qu'on pourrait en quelque sorte appeler l'imagination du dessin, et qui est tout autre que la précédente. Il jette ses figures, les groupe, les plie à volonté avec la hardiesse de Michel-Ange el la fécondité de fAubens. Je ne sais quel souvenir t\<^ grands artistes me saisit à l'aspect de ce tableau ; j\ retrouve cette puissance sauvage, ardente, mais naturelle, qui cède sans effort à son propre entraînement, d Que ce soit le hasard, le sentiment de l'arl ou la profondeur du jugement qui ait dicté ces lignes, peu importe mais il est difficile d'apprécier d'une façon | > 1 1 1 ^ sensée, plus juste, plus concise et plus vraie, l'incontestable mérite

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