M. VICTOR ROBERT, DÉPUTÉ DE ROUVILLE
Tous ceux ayant suivi régulièrement les quatre sessions de la Législature ont dù remarquer sur le troisième siêge, à la droite du sergent d'armes, un homme de taille moyenne, aux yeux vifs, au sourire un peu narruois, et suivant les débats avec une infatigable attention. Toujours le premier en Chambre, le dernier sorti, son assiduité aux séances ne s’est jamais démentie. En quatre années, deux fois seulement le député laissa son siége vide. On s’informa: une grave indisposition le forçait à garder le lit. Le représentars qui remplit son devoir avec cette rare conscience, c'est M. V. Robert député de Rouville.
Né, élevé, vivant à la campagne, y faisant valoir lui même de grandes propriétés, ex-maire, conseiller municipal, juge de paix, on peut dire que M. Robert représente particulièrement la classe agricole. Placé ax milieu d'elle, au fait de ses besoins, de ses vœux, le député de Rouville se montre jaloux de ses priviléges, et n’entend point badinage lorsqu'une mesure tend à restreindre ses droits ou à compromettre ses intérêts.
Lors de la discussion sur le Code Municipal, ce fut en grande partie aux avisdonnés par M. Robert au gouvernement, que celui-ci se décida à nommer un comité spécial, et à ne point hâter une législation si importante pour les campagnes. Partisan de l’économie, le député de Rouville a toujours voté pour la réduction des dépenses : il seconda la motion de M. Joly, fixant à quatre cents piastres au lieu de six cents, l'indemnité des. membres; une adresse de M. Laberge relative aux dépenses des écoles normales ; une motion de M. Coutlée pour le renvoi du bill concernant les honoraires des médecins. Ce fut encore M. Robert qui, par une motion.introduisit le bill du Conseil Légistatif statuant sur la protection à donner aux manufactures de fromage et de beurre dans la province.
Lorsque le député de Rouville parle, il n’use ni de précautions oratoires ni de périphrases; il va droit au but et sa parole n’en a que plus de poids et d'autorité.
Une grande pénétration, beaucoup de jugement, de la finesse : telles sont les qualités qui distinguent M. Robert. Ajoutons que nul ne sait raconter avec un esprit plus primesautier une anecdote, ou une scène de mœurs canadienne.