Portraits politiques et révolutionnaires
Les études qui composent ce recueil ont déjà paru toutes dans le Journal des Débats : ce sera leur meilleure recommandation auprès dupublic ; — et elles sont toutes, quelque diverses qu'elles soient, postérieures à la révolution de 1848 : ce sera leur unité. En effet, le sentiment qui les a inspirées est celui qui a éclaté dans toute la France
à la suite de cette révolution funeste , sentiment qui dure encore dans le plus grand nombre des esprits, et qui se compose de surprise, de regret, d'humiliation et de douleur.
Mes devoirs de critique m'ont appelé plus d'une fois à porter un jugement sur des livres qui se rapportaient à ces tristes événements, et sur des hommes qui, après y avoir mis la main pour les provoquer, prenaient la plume pour les raconter. Je n'ai jamais reculé devant ces devoirs, si pénibles qu'ils fussent, de la critique contemporaine. Le public m'en a su gré, dit-on ; ce sont ceux de mes travaux de ce genre qui m'ont semblé le mieux accueillis, que je reproduis dans ce recueil, sans y rien changer.
J'y ai joint quelques esquisses qui pourront servir un jour à ce grand portrait que l'histoire seule aura droit de peindre, le portrait du roi Louis-Philippe, et, enfin, quelques études qui se rattachent à la première de nos trois révolutions depuis soixante ans. Mais tous ces travaux sont sortis, s'il m'est permis de le dire, de la même
source : l'amère tristesse que m'inspire le spectacle des maux de ma patrie et mon horreur profonde des passions, des maximes et des pratiques de la démagogie révolutionnaire.
Paris, le 15 avril 1851.