‹ Portraits sans modèlesChapitre 1 sur 51 · M DCCC LXXIX · texte numérisé non relu

M DCCC LXXIX

FRONTISPICE

Les portraits les plus fidiles De la Femmej être ondoyant.

Sont ceux que peint sans modèles aveugle voyant.

Pensif et discret élève De l'absurde petit dieu Pour lequel il faut sans trêve Broyer du noir ou du bleu.

j ai toujours trouve moroses Les séances d'atelier, Ou VinuSp cherchant des poses.

Perd son charme familier.

Jamais^ d'ailleurs^ ma paresse N'a suj par un fin détour^ Près d'une tendre maîtresse Pour Part oublier l'amour ;

plus tard seulement^ loin d'elle^ J'ose^ quand les noirs regrets Battent mon cœur de leur aile^ Evoquer ses divins traits.

Beaux Jours que Je fais renaître .

De vous qu'ai'Je retenu?

J'ai trop oublié peut-être !

Mais Je me suis souvenu

Des roses rouges qu'effeuille La pudeur sur un front pur^ Et des astres qu^au ciel cueille L'extase aux voiles d'ayir.

Sur les bords de l'Hippocrène J'ai vu fuir^ pâle écolier ^ Les baigneuses dont s"^ égrené Perle à perle le collier.

FRONTISPICE

J^ai guetté les Aîélusines^ Mi-femmes et mi-dragons^ Qui dans leurs boudoirs-usines Dissolvent les Harpagons,

Parfois selon Epicure^ Plus souvent diaprés Platon^ Tai surpris une âme obscure Dans un moment d'abandon.

Les Déesses et les Fées y Les Ondines aux yeux verts ^ Les Dryades décoiffées Par les Satyres pervers^

Les Psychés^ les Cléopâtresj Les menteuses Dalilas^ Les Mariettes folâtres Aux yeux cernés de lilasj

Les Elfes au corset mince^ Les lumineuses Péris ^ Les Calypsos de province^ Les Salomés de Paris ^

Toutes adorables^ F une Blonde comme l'or du Jour ^ L'autre rousse, Vautre brune, ATont apparu tour à tour^

Et^ sous la fine toilette Dont la mode avec raison Commande aujourd'hui Vemplette A chaque bout de saison^

Ont jeté ^ les charmeresses, Mes yeux^ mes sens et mon cœur Dans un tourbillon dHvresses Plein d'ineffable langueur.

Par la blancheur des nuits molles^ Par la pourpre des soleils^ De leurs pleurs^ comme des folles^ Mouillant leurs rires vermeils^

Au bois Jleuri des Chimères Elles m^ont dit la raison De leurs accès éphémères D^éternelle trahison^

FRONTISPICE

Ou calmant mon agonie, Aî^ontj loin des sentiers battus j Fait savourer Vharmonie Des impeccables vertus.

Réelles ou mensongères , T ai fixé ces visions, Qui s^ envolent plus légères Que les fuyants alcyons ;

Pourtant il n^en est aucune Que Von puisse, en vérité, Sous le soleil ou la lune Revoir Vhiver ou Pété :

A toutes ces filles <VEve J*ai mêlé sans y penser Mon âme, où toujours le rêve S'éveille au chant du baiser.

AQ.UARELLES

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