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PROMENADE SENTIMENTAL

Au souffle des brises câlines, Nous allions le long des collines.

Les derniers reflets du soleil Mouraient à l'occident vermeil.

Dans l'étang bleu, que le soir voile, Se baignait la première étoile.

Comme en rêve, du fond des bois Venaient des rires et des voix.

Sur la rive et sous la ramée J'errais avec la bien-aimée.

Les lis adoraient en tremblant

Ses bras de neige et son front blanc.

Le bois sombre murmurait : Gloire, Gloire à sa chevelure noire !

Les roses pour sa gorge en fleur Offraient Tencens pur de leur cœur.

Charmés par sa voix de sirène,

Les nids chantaient : C'est notre reine !

— Elle a les yeux bleus comme nous!

Chuchotaient les bluets jaloux.

Et du haut du ciel diaphane Les astres croyaient voir Diane.

L'air était doux comme du lait.

Nous étions seuls. Il nous semblait

Que dans un suprême mystère Nous quittions ensemble la terre,

Que rinfini voulait s'ouvrir, Que nous allions vivre ou mourir,

Qu'un souffle, un parfum, une flamme, Prêtait d'autres sens à notre âme,

Et que notre extase, en retour, Inondait le monde d'amour.

MEDAILLONS

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