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LE CHARBON

Il n’est nul besoin d’insister sur la vulnérabilité de nos houillères pour rendre accessible à tous le premier aspect du problème du charbon. L’insuffisance de la production . métropolitaine en est un autre; tandis que notre consommation annuelle est de l’ordre de 85 millions de tonnes notre production moyenne n’excède pas le chiffre de 55 millions. -

Or, dans nos achats hors de France, la part de nos colonies est négligeable si nous en jugeons par le tableau suivant :

Commerce spécial en milliers de tonnes.

Importations des possessions fran-

GAISOESAS LENS NN ER ER 203 262 264 Importations de l’étranger . . . . 49.600 20.700 21.950 Totale rare 19.803 20.962 22.200

Cependant en l’état actuel de la prospection minière de nos possessions des gisements importants se sont révélés

1.B. Clarjean. Maroc, « L'exploitation du pétrole », Bull. Afrique Française, 1934.

R. Hoffherr et P. Mauchaussée. « Formules modernes d’organisation minières africaines », Sirey, 1933.

Les recherches de pétrole au Maroc. Bull. Econ. Maroc, avril 1935.

2. Georges Uhry. Nos ressources en matières premières. « Le charbon ». La dépêche coloniale, 25 mars 1937.

de divers côtés. Mais certains restent inexploités, ceux de Nouvelle-Calédonie ou de Madagascar par exemple.

D’autres seraient susceptibles de nous apporter une contribution plus substantielle. Il s’agit de ceux d’Hongay au Tonkin, de Djerada : au Maroc, de Kenadza en Algérie. Mais le résultat reste subordonné à des mesures administratives appropriées ou à l’aménagement des voies d’accès nécessaires.

Nous consommons en particulier 800.000 tonnes environ d’anthracites qui nous proviennent de l'étranger. Or, l’Indochine est productrice de cette qualité de charbon complémentaire des nôtres. Le marché métropolitain devrait constituer un débouché normal. Il eut suffit pour cela de faire une distinction entre les catégories contingentées en provenance de l'étranger. Faute de quoi les charbons du Tonkin qui ont perdu par ailleurs leurs débouchés asiatiques se voient durement concurrencés sur nos marchés par les anthracites anglais ou russes.

En Algérie à 600 kilomètres au sud d'Oran, la houïillère de Kenadza est actuellement exploitée par la Société des Chemins de fer algériens qui en tire chaque année les quelques 30.000 tonnes nécessaires à la marche de ses locomotives. Elle pourrait fournir un très gros rendement mais cette question reste subordonnée à la création du transsaharien.

Au Maroc à 40 kilomètres au sud d’Oudja, le gisement de Djerada fournit un anthracite de la meilleure qualité. La production pourrait atteindre plus de 350.000 tonnes

4. Louis Clariond et Paul Mauchaussée. « Le charbon au Maroc. La valeur économique de la houillère de Djerada », dans Bull. Afrique Frangaise, décembre 1934.

par an dès que l'évacuation par Saïdia ou Nemours sera organisée 1.

Il en est de même de la mine de la Sakoa à Madagascar dont l’exploitation pourra être entreprise dès qu’un chemin de fer de 150 kilomètres aura été construit, afin de réunir la houillère à un port d’embarquement.

Disons pour conclure que nos colonies ont besoin également de charbon tant pour leur consommation intérieure que pour l’avitaillement des navires et que, sauf en ce qui concerne l’Indochine, le quasi-totalité de ces importations est d’origine étrangère. Nous avons ainsi une vue d’ensemble d’un problème qui se solde en ce qui concerne notre balance commerciale par un déficit qui n’est généralement pas inférieur à 4 milliards de francs.

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