SOUFRE
. Au regard d’une consommation annuelle de plus de un million de tonnes de pyrites, nous n’avons à notre actif qu’une contribution de 200.000 tonnes environ qui nous est fournie par l’Algérie.
Nous restons done débiteurs de la différence vis-à-vis de l'étranger et, si l’on fait abstraction de considérations générales sur l’importance de l’acide sulfurique, il reste que notre balance commerciale subit de ce fait un déficit qui n’est pas inférieur à 100 millions de francs.
ne
D'une telle étude à dessein succincte de notre production coloniale se dégage au prime abord une impression d’optimisme.
Il est réconfortant de penser que tout ce qui est nécessaire à nos besoins se trouve déjà ou est susceptible de se trouver dans nos possessions d’outre-mer. Mais s’il nouvenait à l’esprit d’en ressentir un juste sentiment d'’orgueil il faudrait l’arrêter de suite en nous représentant le peu que nous avons fait jusqu’à présent pour tirer parti de cette situation privilégiée,
Au regard du déficit croissant de notre balance commerciale: les sommes considérables que nous devons
1. Le déficit de notre balance commerciale a atteint : 590 millions en août 1936 ;
672 millions en septembre 1936 :
287 millions en octobre 1936 ;
987 millions en novembre 1936 ;
4 milliard 376 millions en décembre 1936 ;
4 milliard 546 millions en janvier 1937 ;
4 milliard 926 millions en février 1937.
chaque année payer à l’étranger viennent d’elles-mêmes se placer ; et c’est un fait qu’il ne nous est plus permis d'ignorer que nous avons dans nos colonies tout ce qu’il faut pour y apporter remède.
Il convient de consolider les résultats acquis, de développer les courants d'échange qui, déjà se précisent ; ce sera le but de cette politique dont les nécessités et les moyens seront étudiés, au cours de notre seconde partie.
} SECTION II. — LES EXPORTATIONS DE LA FRANCE ET SES DÉBOUCHÉS COLONIAUX
Dans une introduction au livre de Seely sur « l’'Expansion de l’Angleterre : » M. Alfred Rambaud écrivait à ce sujet dès 1880 des phrases qui restent trop actuelles pour que nous résistions au plaisir de les reproduire ici.
« Nous subissons, disait-il, en ce moment, une crise indus- « trielle et commerciale qui, non seulement aggrave dans « de grandes proportions les souffrances des classes labo- « rieuses et la gêne des classes moyennes, mais, en portant « le trouble dans nos budgets menace de désorganiser nos « services publics. La cause principale de cette crise c’est, « que des pays, qui autrefois grâce à certaines circons- « tances politiques ou économiques, comme l'Italie, « l'Allemagne, l’Amérique, produisaient peu et consom- « maient surtout nos produits ont eux-mêmes commencé « à produire. Non seulement ils achètent moins cher, « mais ils nous vendent infiniment plus. Non seulement
1.3. R. Seely. L'expansion de l’ Angleterre, Paris, Colin, 1885
« leur marché s’est restreint pour nous, mais encore sur « notre propre marché ils nous font une concurrence « redoutable.
« Revenir aux relèvements.de droits, défendre le pro- « ducteur contre ses concurrents étrangers au détriment « du consommateur ce n’est qu’un expédient. On ne peut « l’admettre que comme moyen de gagner du temps.
« Ce n’est pas en retournant au passé que nous sauve- « rons notre situation, c’est en allant hardiment vers « l’avenir.
« Nous avons d’anciens débouchés qui sont engorgés, « des veines qui sont épuisées : le seul remède rationnel « c’est de créer des débouchés nouveaux, d'ouvrir des veines « inexplorées. Or, il y à deux espèces de débouchés : ceux « qu’on peut créer chez des peuples de civilisation diffé- « rente, par exemple dans l’Indochine, la Chine, le Japon ; « ceux qu’on peut trouver dans des pays de même race et « de même langue, par exemple les colonies françaises.
« Les premiers ne sont assurément pas à dédaigner.. « Toutefois les débouchés de la deuxième catégorie sont, de beaucoup, plus sûrs... »
Lorsqu'il écrivait ceci M. A. Rambaud n'avait en vue
sans doute, que la conquête de la clientèle française qui se trouve dans nos colonies.
Cet objectif est touché, le résultat peut être chiffré. En 1937 nous avons vendu à nos possessions pour une somme de 6.775.715.000 de francs.
Mais il est un autre but qu’il nous reste à atteindre. Celui-là est inséparable de notre action colonisatrice dont il doit être corollaire : c’est la conquête du marché indigène. Elle est fonction de l’accroissement du pouvoir d’achat des populations qui sont sous notre puissance et nous
Fo le et LPS RATE MER EIRE
verrons dans la suite de cet exposé les moyens les plus efficaces pour aboutir à ce résultat. |
C’est dire que, placés dans l'alternative d'éliminer de notre marché colonial la concurrence étrangère en revenant au système de « l’exclusif », ou d'augmenter sa capacité d'absorption en favorisant notamment ses transactions avec l’extérieur ; c’est vers cette seconde solution que nous devons nous orienter sans hésitation. |
Ce qui n'empêche pas d’ailleurs que des mesures doua-
nières soient dans certains cas nécessaires pour assurer la prépondérance du commerce français devant la menace de certaines manœuvres de « dumping » social ou monétaire. Mais ceci fait, c’est à l'élargissement du marché d’outremer que nous devons nous appliquer.
Car, par ailleurs, le pourcentage de ces échanges est déjà fort appréciable. 60 p. 100 des importations indochinoises viennent de la métropole, Madagascar achète 75 p. 100 de ses marchandises à l’Empire français.
Un examen rapide des chiffres suivants permet d’ailleurs mieux qu'autre chose de s’en faire une juste idée :.
4937. Millions de francs.
AS TRIM. 22TRIM. 3°TRIMs 4° TRIN.
Algérie.
Importations totales. . . 858 754 678 . »
— de France . 678 558 527 »
Tunisie.
Importations totales. . . 277 303 316 »
— de France . 166 181 190 »
4. Présidence du Conseil. Bulletin de la Statistique Générale de la France et du Service d'Observation des Prix, t. XXVI, fascicule If, janvier-
mars 1938.
— de France . 0,3 1,3
POLITIQUE IMPÉRIALE Ar TRIM. 2° TRIM. 3° TRIM.
Maroc, Importations totales, . . 317 388 418 — de France . 129 127 131 Etats du Levant sous mandat français.
-Importations totales . . . CU Vote 12,9 — de France . 1,3 1210 4,2 Indochine.
Importations totales . . . 9,4 35,6 45 ,& = de France . 18,0 18,9 23,0 Afrique Occidentale Française.
Importations totales, . . 314 335 »
—— de France . 142 \ 434 »
Afrique Equatoriale Française.
Importations totales . . . 51 55 64 — de France . 21 49 21 Madagascar.
Importations totales. . . 75 122 120 — de France . 58 HAS Ci Martinique.
Importations totales. . . 52 45 »
— de France . 35 31 »
Guadeloupe.
Importations totales. . . 37 » »
— de France . 24 » »
Réunion, Importations totales. . . 36 47 »
— de France . 48 21 »
Guyane.
Importations totales. . . 9,6 13,0 43,4 = de France . 5,9 8,6 8,7 Saint-Pierre-et-Miquelon.
Importations totales. . . 2,7 6,8