Post-scriptum à ajouter aux observations du citoyen Saint-Aubin, sur le discours du citoyen Beytz
Je viens de lire, dans mistorien de ce jour, le discours du citoyen Beylz, beaucoup plus détaillé cjue dans le Journal du Soir. Le sobricpiet de papiermonnaie donné aux créances sur Tétât, ne trouve pas ^ mais cette inconvenance de moins est largement compensée par les assertions suivantes , qui la valent bien.
« La hausse des inscriptions, dit le citoyen Bejtz, )) n^est pas le thermomètre du crédit^ leur cours nhn- » téresse que les agioteurs ; ce qui intéresse les ren- )) tiers, c^est d^éire exactement payés des intérêts.
)) IT Angleterre n^épie pas les mouvemens de la )) bourse, mais les causes et les effets de ces mouve- )) mens. Si votre crédit est factice et momentané, )) vous ne lui ferez pas croire quhl soit réel^ s’il est )) réel, vous ne devez pas vous allarmer d\me baisse )) momentanée , dont, au fonds, le résultat est indif- )) férent. »
Il est plaisant que la réponse à ces diatribes contre le crédit des inscriptions, se trouve d’avance dans le Miroir du ?)o prairial, et dans une brochure que j’ai fait distribuer aux deuît conseils quelques jours après.
On croirait, d’après cela, que le citoyen BeyU m’avait communiqué son discours avant de le pro^ noncer ; il n’en est rien. Le fait est que j’avais lentendu
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débiter ces deux sophismes dans un café, par un fameux joueur à ia baisse, devant une foule de ces gobe-mouches à qui la nature ne paraît avoir 'donné une tête que pour y mettre leur chapeau , et qui en étaient tout émerveillés. Heureusement que le conseil est trop éclairé pour en avoir été ébloui. Mais il est toujours étrange et pénible à la foL^^'d^entendre de pareils raisonnemens sortir de la bouche dhin représentant du peuple , parlant à la tribune.
Au reste, pour faire croire aux anglais que notre crédit n^est que factice, le meilleur moyen est défaire baisser, même momeutanément, les inscriptions, et en cela, ceux qui ont prêché la suspension des ventes, n’ont pas mai réussi.
Quant à l’assertion du citoyen B., que le résultat d’unebaissemomentanéeestparfailementindilférent pour le crédit pubjic, l’expérience vient de le démentir d’une manière cruelle. La baisse momentanée qu’a produite son discours, joint à celui de Bonnaventure, prononcé il y a déjà quelque tems, a fait retirer aux étrangers leurs fonds, a fait naître une défiance et un découragement général sur la place, et a resserré l’argent à un point qu’on n’en trouve à aucun prix. Ce résultat est-il indifierent pour un citoyen français ?
Ailleurs , le citoyen Beytz avance que les acquéreurs des domaines nationaux donnent au gouvernement, pour leur valeur nominale , les inscriptions et autres effets publics qu’ils ont achetés à perte sur la place.
Comment peut-on avancer, de sens froid, une fausseté pareille ? Le citoyen Beytz ignore-t-il que les biens nationaux ne sont plus vendus qu’à l’enchère, et qiit; les enchères se règlent sur la perte que ces effets éprouvent? Il n’j a pas deux mois qu’on a vendu à Paris des maisons nationales louées en
179^ ? entre 2,400 et 5,ooo livres, et qui, Fune dans Fautre , ont été poussées à Fenchère , à 260 mille liv. et au-delà. A qui le citoyen Bejlz persuadera-t-il que Facquéreur qui paie cette somme en inscriptions , pour une maison qu’on ne vendrait pas 4o mille 1. en numéraire, donne ces inscriptions pour leur valeur nominale ? ^
Enfin , tous les rapporteurs des différentes commissions des finances, et presque tous les écrivains qui ont traité cet objet, ont il^pété jusqu’à satiété, que les rentes délivrées aux fournisseurs, qui, paj: parefitlièse , ne les ont plus , ne passent pas onze millions. Nier un fait aussi incontestable , en avançant que ces inscriptions absorberont tous les biens nationaux 5 nier un autre fait tout aussi avéré, quebeaucoup d’anciens rentiers ont vendu et vendent journellement une qiartie de leurs renies, c’est évidemment pécher par une ignorance délibérée, ou par une mauvaise foi insigne, il est vrai que cela fournit à l’orateur cette phrase sonore et qui fait tableau : Qu'il ne restera sur le grand-livre que les rentes dont on n'aura pas à rougir. Ajoutez, par exemple, celles qui proviennent de la succession des dames de Pompadour etDubariy, auxquelles on ne reprochera certainement pas d’être de nouvelles rentes.
Grâce au citoyen Portiez ( de l’Oise), le citoyen Beytz a réparé une petite omission qu’il avait faite dans l’énumération des biens nationaux de la Belgique , savoir : les forêts e.t les biens du clergé séculier. Best vrai que l’oubli d’un milliard, plus ou moins, sur 600 raillions, était un peu grossier.
Dans un autre endroit, le citoyen Beytz avance que toute la partie des biens nationaux payable en numéraire, sera payée avec les bons arrachés aux religieux parles agioteurs, qui les ont eus a vil prix. Immédiatement après, il assure que peu de religieux
ont acceplé les bons; qu’en ce moment on les recherche beaucoup , et que les religieux qui en ont, trouveront facilement à les placer. V oilà deux assurances, dont! uneditque les bons sontblancs, et l’autre qu’ils’ sont noirs. C’est au citoyen Bejtz à nous expliquer cette eiiigme-là. ^
J’aurais pu relever d’autres erreurs que renferme Je discours du citoyen Be/tz, et citer une foule d’argumens contre sa motion; mais ses collègues Tarbé et I ortiez ( de i’Oise jL se sont déjà acquittés de cette
lâche avec succès,
Pobserverai seulement que ce n’est pas tant en par privilège et de préférence , les créanciers de la Belgique, que nous nous attacherons les ha bilans des déparl.einens réunis 3 c’est en les faisant ?ouir de tous les bienfaits de la constitution, en faisant cesser toute espèce de réquisition ou impôt extraordinaire , en protégeant le commerce , l’industrie et 1 agriculture.
Sain t-A tj b i n.
Errata essentiel à corriger , page 7 des Observalions , ligne 2 ^ r avant-derriier alinea.
^pres ces mots : l’on n’était pas si accoutumé à regarder, ajoutez : dans tous les cas.
Pe l’imprimerie d’Ant. Baiileül , rue Neuve- Augustin