‹ Potage à la bisque, comédie en 1 acteChapitre 20 sur 31 · SCÈNE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DOUZIÈME

BRIZARD, à part.

Comment! elle croit... (Haut.) Mais, madame... (il lève les bras eu l’air.) Tiens ! mais ce n’est pas mon paletot, ça ?

CLOTILDE

En effet, je crois reconnaître...

BRIZARD, fouillant dans les poches et l'étirant une lettre. — A part.

Cette écriture... Ernestine!.. (Haut.) Vous permettez, madame ?.. (l isaut à voix basse. ) « Mon gros loulou, impossible ce » soir, nous faisons l’inventaire ; mais c’est convenu pour b demain, b — Mon gros loulou !.. et hier encore elle m’appelait son grand chien !..

CLOTILDE

Qu’avez- vous donc ?

Mon gros loulou !.. oh ! cela crie vengeance ! (Haut.) Tenez, madame !.. voici pourquoi votre mari vous emmenait ce soir au restaurant !..

Il lui donne le billet.

CLOTILDE, lisant.

Est-ce possible !..

BRIZARD

Et si vous saviez ce qu’il avait commandé... Oh ! heureusement que je me trouvais là, moi !

CLOTILDE, relisant le billet.

Quelle indignité !

BRIZARD

Et c’est à cet homme que vous avez voué votre jeunesse, le rêve de vos vingt ans !

CLOTILDE

Hélas!

BRIZARD

Alors que tant d’autres vous eussent aimée à genoux...

CLOTILDE

Monsieur Jules !

BRIZARD

Oui... Clotilde... à genoux!..

Ciel !

Il s'y met.

BRIZARD, lui prônant les mains.

Oh ! la vengeance !

CLOT1LDE.

Monsieur ! . . que faites-vous?. .

BRIZARD

Je jette le masque, madame !.. Voilà deux ans que je vous aime et que je me sacrifie... (a part.) Attends un peu toi, gros loulou. (Frappé d’une idée. ) Oh ! (a ciotilde, avec ûme.) Madame... c’est pour vous que j’ai appris le hautbois.

CLOTILDE, attendrie.

Ah ! je l’avais deviné!..

BRIZARD, couvraut ses mains de baisers.

Merci! merci !.. (se reievaut.) Et maintenant, fuyons !

Comment !

BRIZARD, remontant * .

Oh ! il n’y a pas à hésiter, il faut fuir !

* CLOTILDE

Où cela?

BRIZARD

N’importe où, mais il faut fuir! Croyez- vous que je vais vous laisser entre les mains de cet homme!

CLOTILDE

Mais c’est mon mari!..

BRIZARD

C’est justement parce qu’il est votre mari!.. Ah! tenez, Ciotilde!.. écoutez-moi... les instants sont précieux...

CLOTILDE

Mais enfin...

BRIZARD

Jamais les instants n’ont été si précieux.

CLOTILDE, affolée, passant à droite **.

Vous croyez que. . . Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! Je ne sais plus, moi...

Il ne faut pas que votre mari vous retrouve chez lui... C’est

* Ciotilde, Brizard.

** Brizard, Ciotilde.

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