SCÈNE QUINZIÈME
BRIZARD, se tournant vers lui.
Deux minutes seulement... je règle un compte, (au garçon <pii le paye.) Merci...
LE GARÇON
Eh bien, je vous laisse... à tantôt...
U lui serre la main.
BRIZARD
C’est convenu... (S’approchant de Bergeron.) VOUS disiez?..
BERGERON
Qu’est-ce que vous avez fait de ma femme?
BRIZARD
Ce que j’ai fait de... (Rire forcé.) Il est impossible, ma parole d’honneur !..
Comment, je suis impossible!..
BRIZARD
Et si je vous demandais, moi, ce que vous avez fait d’Ernestine ?
BERGERON
Mais il ne s’agit pas de cela... Je veux savoir...
BRIZARD
Oui... eh bien, je vais vous répondre...
BERGERON
A la bonne heure !
BRIZARD
Votre femme est en bas... dans un fiacre...
BERGERON
Comment!, dans ce fiacre que... ah! c’est curieux.
Il va pour sortir.
BRIZARD, l’arrêtant.
Et je n’ai pas besoin de vous dire avec quel respect...
BERGERON
Je le pense bien !..
BRIZARD, froissé.
Oh! pourtant., vous savez !.. Il ne faudrait pas avoir l’air...
BERGERON, près delà porte.
Oui... oui... au revoir!..
BRIZARD, vivement.
VOUS partez ?.. (Courant après lui et le prenant par le bras.) Ah ! mais
non !... vous ne vous en irez pas comme cela ! Je vous ai dit où était votre femme, il faut que vous me disiez où est Ernestine !
BERGERON
Je n’en sais rien.
BRIZARD
Il n’en sait rien ! (Montrant io billot. ) Et ça? qu’est-ce que c’est que ça ?
BERGERON, regardant.
Quoi ?
BRIZARD
Ce billet, ce n’est pas à vous qu’il est adressé, peut-être ?
BERGERON
Oui... eh bien?., etpuis après?..
BRIZARD
Après, c’est la réparation ! j’exige la réparation !
Soit ; un autre jour !
BRIZARD
Non, monsieur, tout de suite!
BERGERON, s’échappant.
Vous m’ennuyez!
BRIZARI).
Malédiction!
Il court après lui, — au même moment le garçon ontro et se heurte contre Borgeron .