‹ Potage à la bisque, comédie en 1 acteChapitre 4 sur 31 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

BRIZARD, accablé.

J’aimais celte femme depuis deux ans ! je l’aimais de toutes les forces de mon âme !.. Je l’avais rencontrée un matin en allant à mon bureau, tandis qu’elle se rendait à son magasin... et le soir... nous étions revenus ensemble. J’étais pauvre, elle était honnête... l’amour naquit de cet échange.. . .

(Se lovant, — tirant un billet do sa pocho.) Et VOÜà Ce que j’ai trouvé tantôt dans son porte monnaie. (Lisant.) « Ce soir, à 7 heures « chez Bignon, cabinet n° 4, signé : Octave >* — Octave, c’est Bergeron; Bergeron, c’est son propriétaire, un gros boursier qui se promène tous les soirs de 9 à 10 heures devant le passage de l’Opéra et qui achète des Bolivars à 376, 25 : — Ah ! ils vont bien les Bolivars ! ils vont bien ! (il marche avec

agitation et s’approche de la table pour so verser un verre d’eau.) — (Après avoir bu) — Ah ! ça calme!.. (Avec éclat.) Me tromper ainsi! une femme pour laquelle j’aurais tout sacrifié, tout... s’il l’avait fallu ! — mais ce n’était pas nécessaire... Elle vivait modestement de son travail... dans la sphère où le sort l’avait placée — la sphère des confections pour dames et enfants — et notre bonheur durerait encore si cet infâme Bergeron.... (changeant de ton.) Ça par exemple... c’est de ma faute... J’aurais dû m’en douter.... Ernestine etmoi nous demeurons en face l’un de l’autre, et souvent lorsque je me mettais à la fenêtre pour jouerdu hautbois... —je joue du hautbois — je l’apercevais causant dans l’escalier avec Bergeron... Eh bien, je n’y voyais pas de mal... non ! j’avoue que.. .et ça se comprend... parce que... dans un escalier. .. n’est-ce pas?... comment voulez-vous... enfin, je n’y voyais pas de mal... Oh! les femmes!.. Lorsque je lui ai demandé où elle passerait la soirée, elle m’a répondu

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