SCÈNE III
BKIZARD, BERGERON * portant sur lo bras un pardessus semblable à celui de Brizard.
BERGERON, entrant.
Garçon !
Il dépose son pardessus sur l’autre chaise.
BRIZARD, sans lo voir.
Ma force est dans mon regard!
BERGERON
Garçon ! (Brizard ne répond pas.) — Est-ce que vous êtes sourd ? BRIZARD, se retournant — à part.
Luil.. (Haut.) C’est vous, monsieur!
Oui... c’est moi...
BRIZARD, narquois.
C’est vous qui avez commandé le...
BERGERON
Oui.
BRIZARD
Allons... c’est bien... c’est très-bien.
BERGERON
Pourriez- vous me dire...
Il remonte.
BRIZARD
Et vous attendez quelqu’un, sans doute?.. (Riro amer.) une femme, une petite femme... ^ • * j&-
* Bergeron, Brizard.
BERGERON, interloqué.
Ali çà ! mais...
BRIZARD
Vous vous êtes dit : je vais m’amuser, moi... je vais aller dîner au restaurant avec une petite femme...
BERGEUON, avec dignité.
Garçon !
v BRIZARD.
Ab! c’est bien naturel, allez! Vous n’êtes plus jeune, vous... voulez rire un peu... vous voulez profiter de votre reste... Ah! c’est bien naturel!
BERGERON
Il me blague !
BRIZARD
Vous êtes comme moi, vous; vous êtes dans l’âge où la passion se réveille.
BERGERON
Dites donc !
BRIZARD
J’ai trente-six ans... Vous êtes beaucoup plus vieux... mais vous n’avez pas soutfert... et puis vous êtes gros...
BERGERON
Garçon!... je vous ferai observer... que ces observations...
BRIZARD
Je ne récrimine pas, monsieur... je constate.
BERGERON
Eh bien, tâchez de vous maintenir... (Entre ses dents.) A-t-on jamais vu ça! (Haut.) D’abord, donnez-moi un verre de madère.
BRIZARD, nu public.
Il faut que je le serve!., hein?., croyez-vous !.. il faut que je le serve !
BERGERON
Vous m’avez entendu? Est-ce que vous n’en avez pas de madère ?
BRIZARD
Du madère?... Oh! il ne doit pas y en avoir!