‹ Potinard le potard; comédie en deux actesChapitre 1 sur 40 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LUCIEN. LÉCHELARD, RH'LARDOT, UN PAYSAN ET AUTRES CLIENTS, puis MONTIGOU.

Au lever du rideau, la pharmacie présente un tableau animé. C'est jour de marché, -le matin. Hommes et enfants munis de paniers â provisions. Paysans avec leur bâton. Derrière les comptoirs, Lucien, Jeune commis d'une quinzaine d'années, sert les pratiques. Tout le monde le harcèle.

RIFLARDOT

Sulfate de soude, Monsieur Lucien!... j"ni des i-oliques... Ç.;\ me tient dans les entrecôtes.

UN PAYSAN, dans une quinte.

Moi, je veux prendre quelque chose pour mon rhume fil I eusse).

LUCIRN

, On va vous servir, petit père.

LkciiKLAHO, .]ui .7 Ic mollct bjndc.

La jument m'a tlanqué son fer sur la rotule... l)ix sous d'arnica.

KIH.ARDOT

t"cst-il pour aujourd'hui"- J'attends depuis une demi-heure!

LÉriIEL.\RD

.\ moi. la prinritc'.

Lt l>.\YSAN

Dépêchez un peu... Faut que j'aille aux champs, pour les foins.

LUCIEN, débordé.

Patience! Tous à la fois, c'est beaucoup pour moi tout seul.

RIFI.AHDOT

A quoi songe le pore Potinardr II ronlle encore àp't'heure? l'n jour de marché ?

LÉcnEi.ARr). appcl.inl au l\is de l'escjHer. •Ohé: P:re PotinardI

LE l'AYSAN

Descendez donc! C'est le marché aujourd'hui à Colignac-le. Vicomte!

TOLS

Ohé! Père Potinard! (M(inti;j:ou entre).

LLi lEN

.Malade aussi, Monsieur Montigour

MONTIGOf

Pas moi. .Ma vache. Ne te fais pas de bile pour moi, Lucien... J'attendrai... {S'asseyjul). Je suis un peu chez moi dan« c'ie maisnn. J'ai connu ton Papa haut comme ce comptoir.

l.E l'AYSAN

I, :i ii'j vipu> raj'-uim pas, père Montigou!

.MONTIGOll

.\ douze ans, M. Krncsl Potinard servait déj;\ les clients avec ?on pi:re, comme Lucien aujourd'hui. La pharmacie est restée ce qu'elle était, il y a soixante ans. On vous accueille le sourire our les lèvres, on vous soigne pour pas cher... La maison n'a pas volé son enseigne... C'est bien ici la Provideuce.

LKCIll'.LAKli, .ivcc invslèrc.

Puisque vous clés si bien renseigné sur la famille, ditcs-nini donc ce qu'est devenu le cadet de Monsieur Ernest, Fernand Potinardr

MoNTKiOl'

l'ernand a laissé de mauvais souvenirs aux siens... .M. Kvnest ne parle jamais de son frère.

Lfc;<::Hi;LAi<r) On jase toujours sur lui à Coli,Lrnac-le-Vicomte.

MO.NTKiOi:

Tout jeune il a gaspillé en fredaines l'héritage paternel. . . et puis, un jour, il a disparu. On ne l'a jamais revu.

i.i;''iii;LAki) Où roule-t-il sa bosse à c't'hcurc>

.MOXTKiOi;

11 aura crevé de misère à Paris, dans quelque taudis.

LÈCHELARl)

Il n'est pas mort, allez ! . . Mauvaise herbe résiste toujours à la faucille. . .

.MO.NTIGOU

Taisez-vous ! Voilà M. Ernest.

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