SCENE ni
POTINARD, LUCIEN, puis PROSPÈRE
POTiNARD à Lucien A propos, n'oublie pas cette ordonnance pour le substitut..; 11 souffre de la gorge, et comme il doit parler tantôt au tribunal...
LUCIEN, prenant l'ordonnance
Si la justice est enrhumée.. .
l'ROSpiiHE, entrant du fond, panier au bras Monsieur Polinard, j'arrive du marché 1 Nous allons faire nos comptes...
POTINAR»
Rien ne presse. Après déjeuner...
PROSpi;RE
Tout de suite 1... Plus tard, j'oublierais les pri.\ et ça me troublerait la conscience... C'est que le vieux Prospère n'a jamais fait tort à personne... (Il remet une note à Polinard) Tenez ! J'ai écrit là tous mes achats.
J'ai confiance, Prospère.
La mémoire peut manquer... |c n'ai plus vingt ans... Tenez! La semaine passée, je vous ai compté les petits pois trente sous... Ils en valaient vingt... J'ai porté dix sous d"avoir sur le papier.
POTIN.\RI
.Mon vieu.v Prospère ! Quel honnête homme tu fais !
PROSPiilŒ
Tel maître, tel domestique... Nous étions nés pour vivre ensemble.
POTIN.\RD
Trente-cinq ans le mois prochain, Prospère, que tu es dans la maison I
r'Uospi;RE
Un bail rare au jour d'aujourd'hui.
POTIN.\RD
Jamais un nuage entre nous.
PROSPÈRE
.ailleurs, c'est pas comme ici... A Colignac, les domestiques ne restent pas quinze jours dans la mJme maison... Je vous ai pris un petit ris de veau. Ça vous va r
POTIN.\RI
Tu sais mieux que moi ce qui convient à mon tempérament... Allons I 'Viens I Nous allons compter pour tranquilliser ta conscience.
(Ils sorte ni ensenitle, à droite).