SCENE XI
LES .MÊMES, LUCIEN, El' lEN, entrant furieux
Les misérables ! Les lâches! Crois-tu papa, les Membres du Syndicat te rendent responsables de leur mésaventure!... Ils prétendent que tu éclabousses la population par ton luxe... Ils te cassent du sucre hur le dos, te traitent de nouveau riche!
PROSPÈnE, enlevant Li Jeniière cjisse Je frutte.iux restée sur le bureau.
Je vais leur envoyer des pruneaux. (// sort).
Lli lEN
Us t'appellent: Potinard le Potard!... Ce dernier outrage m'a dégrisé... J'ai attrapé un épicier par la peau du cou et je lui ai administré une raclée... à la moutarde!
POTIN.ARD
Ton indignation me fait du bien au cœur. Tu as donc encore lUelques sentiments filiau.x!... Tu n'es pas tout-à-fait perdu.
L'honneur de la famille, c'est sacré!... E.\cusez-moi. mon oncle... Vous allez bien?... Gustave aussi?...
FERXAND
Gustave? Ah! mon cher Lucien !
LITIEN
Qu v-a-t-ilr... Vous avez des mines' de .Mercredi des Cendres.
l'OTiNARo. moutr.int /.? c.Ti'sse Lucien, nous somme ruinés! Gustave... Gustave...
LUCIEN, regardant la caisse ouverte Ton caissier a pris la poudre d'escampetter... Ce modèle des travailleurs? Ce fils exemplaire?
FERNANU
Je vais déposer une plainte...
POTIXARD
Pourquoi ai-je écouté tes conseils, Fernand?... Pourquoi aije abandonné les \ieux principes de la famille?... Nous vivions . unis, heureux, paisibles, à « la Providence ».
FERNAXD
Je te désintéresserai, Ernest, la loi m'y oblige.
Ne me parle pas de la loi. On la tourne si facilement. On commet en son nom tant de malpropretés!...
FERNAND
De retour à Paris, je t'adresse un chèque.
Tu es meilleur que je ne croyais, Fernand. Tu as du sang de Potinard dans les veines!... 11 y a un bien que tu ne pourras pas me rendre, malheureusement.
FERNAND
Lequel ?
Le respect que mon enfant me témoignait, sa confiance affectueuse.
LivtBX, sejetjnt Jjhs les trjs Je son p&re Papa :
POTIXARD
Tu retrrettes. comme moir
LICIEN
Pardon '.
POTtXARl»
C'est à moi à le demander p;irdon... Ta conduite ma fait toucher du doigt la logique de certaines doctrines soi-v.lisaat modernes...
LVCIEX
Je vois trop bien où elles peuvent conduire.... L'expérience est concluante... Tu seras désormais content de moi. père
P>>riX.VRD
Réparons notre erreur au plus tO*t... Au travail !
(// s'arrête four t\t>uter une discussion Jjns /j pharcie : Pri^f>ere se Jisf'ute jvec un client) Que se passe-t-il encore >
VOIX PE PROSI'ÉRE
Huit francs soixante-quinze !.. Huit francs soixante-quinze, le fl.icon. Pas un centime de moins !
VOIX Dl" CLIENT
C'est exorbitant ! Vous i tes des exploiteurs !
VOIX 1>K PROSPtRE
Huit francs soixante-quinze. Le prix est marqué!
VOIX Dl CUENT
Je veux parler au Patron!... .\llez chercher le Patron!
{Tout le monde s'est arrêté pour écouter la discussion... Prospère fjrjit)
pRosPtRF. un flacon à la main
.Monsieur, ce flacon est marqué huit fnincs soixante-quinze... l'n client prétend ne le payer que trois francs.