SCENE VU
I'OTlN.\HD, FERNAND
Quelle heureuse idée tu as eue de i^wnii a Colignac-le-
- If) —
Vicomte!... Ilst-ce que Ui n'as pas plaisir à te retrouver dans cette boutique où nous avons grandi ensemble, dans cette vieille maison de « la Providence », qu'ont dirigée notre père, notre grand-père, notre bisaieur' Ces bocaux, ces comptoirs verm<ailus ne te parlent pas au cœur?
FERNAND, regarJcDil autour de lui Oui... II3 me rappellent les fessées paternelles.
POriNARD
Dame! Tu n'étais pas un modèle de piété filiale.
FERNAND
Je ne regrette pas ce beau temps.
l'OTINAKD
i;a effet, tu as grandi depuis... Tuii pardessus représente vingt-cinq mille livres de rente.
FERNAND, d'uil lOH .Ugagé
l.'an dernier, mes béné:icc2 ont atteint cent trente mille francs.
Veinard !
FERN.\ND
N'ju? voilà l"in '''"^ ''mize mille bnti-i:;t"^ Ap\c<^ :iiin(''cs o-rnsses.
POTINAR I .
Je n'oserai pas t'emiiiemer voiries anciens...
FERNAND
Une poignée de mains de plus ou de moins...
Tu as laissé des souvenirs à Colignac... On cause souvent de toi ici...
FERNAM)
On doit en raconter de belles sur mon compte.
In n'en retrouveras pas des flottes, de nos vieilles connaissances... Tu te rappelles Flageollet
FERNAND
Mon voisin d'école... II avait la passion des liaricots... De là son surnom... Tu vois, j'ai bonne mémoire.
POTINAUI)
Il est mort, ce Prave Flageollet.
FERN.wn, distrjît Ah!... 11 ne mangera plus de haricots.
POTlNAUn
i;i la Barbassou?
FliR:«.\ND
La loueuse de chaises, qui tenait en même temps une charcuterie sur la place?
l'OTlNARll
Mlle est morte, la pauTre.
KKUNAM)
La terre lui soit légère!
POTINAKI)
Tu as bjen connu la mère Vanouillutr
KKKNANl)
Llle est morte aussi?
l'OTINARI»
l-^ller Elle nous enterra tous! Elle ne t'oublie pas. Elle t'appelle : Ce vadrouilleur de Fernand! Viens la voir, elle sera ravie... Elle t'embrassera sur les deux joues.
FERNAND
Ça me fera plaisir... Elle a toujours sa loupe à la tempe >
l'OTINARD
'roujour»-. Vu vas la trouver grossie.
FERNAND
Illle ou sa loupe?
POTIN A RD
L'une et l'autre. Je parie que tu seras content de revoir la Vanouillot.
FERNAND, SJIIS COIlviclidll
Enchante.
POTiNARD, à Ij porte de gauche lié Lucien! Je conduis ton oncle chez la Vanouillot.
LUCIEN
l'.fjn! je ne bouge pas du magasin.
POTiNARD. cherchant dans un tiroir
je vaislui porter quelques cachets d'antipvrine elle souffre
de rhumatismes.
KKKNAND, à part
Il esta encadrer, mon frère.
POTIXARD
Tu comprends, elle ne danse plus la bourrée.. . à quatre-vinpt si.\ ans !
FERN.\.\i). résigné
Allons voir la Vanouillot.
(Ils sortent par le fond)