CABINET DE TOILETTE ET SALLE DE BAINS
CABINET La toilette commune demande une installation DE TOILETTE double,car les objets de toilette ne peuvent souffrir ni promiscuité ni substitution. On pourra donc choisir deux lavabos jumeaux à eau courante, avec étagère et haut dossier de marbre préservant le mur des éclaboussures; tous les accessoires seront naturellement en double. Un cabinet de toilette confortable se compose des meubles suivants : une armoire à trois portes dont les glaces se déploient en triptyque, une autre armoire pour le linge de toilette et les provisions de parfumerie; la première armoire étant disposée en penderie pour les peignoirs élégants et les robes.
Lorsque la coiffeuse n'a pas trouvé place dans la chambre à coucher, on l'introduit dans le cabinet de toilette; à défaut de coiffeuse, on peut avoir une table simple pour les brosses.
Il faut aussi quelques sièges bas, peu encombrants, une chaise longue si on peut la caser et qu'elle soit vraiment utile.
Le sol a besoin d'être recouvert de linoléum ou d'un tapis lavable ayant l'aspect d'un tapis en haute laine, mais pouvant recevoir l'eau sans inconvénient.
Rien n'est aussi pratique, pour le cabinet de toilette, que les meubles laqués ou peints de couleur claire, sur lesquels les toilettes se détachent bien. Il est tout à fait imprudent d'y mettre des meubles cirés ou vernis sur lesquels la moindre goutte d'eau fait une tache. .
Chaque toilette doit avoir une glace au-dessus de son dossier
de marbre, ou, si les deux lavabos sont placés côte à côte, un long panneau de glace, allant d'un bout à l'autre du mur.
Les glaces peuvent d'ailleurs être aussi nombreuses que l'on veut. Des appliques les éclairent de chaque côté, doublant la lumière d'un petit lustre de milieu.
Un préjugé trop répandu veut que les brocs, seaux et autres objets, soient renfermés dans des meubles ou dissimulés sous des rideaux. C'est là une mauvaise habitude que rh5^giène réprouve, ces objets ayant besoin d'être aérés pour être sains, et une manie un peu sotte, car un cabinet de toilette n'est pas un boudoir, et l'on sait bien d'avance les choses que l'on peut y trouver.
Il faut encore ajouter au nombre des accessoires, des séchoirs, portatifs ou fixes, selon la place et l'espace de la pièce.
Le cabinet de toilette idéal serait simplement peint ou à revêtement de céramique plus ou moins décoré, car il faut redouter pour les tentures d'étoffes et les papiers fragiles, les vapeurs et l'humidité de l'eau, qui produisent sur les couleurs des effets désastreux.
La toilette de Madame. — Lorsque les chambres sont indépendantes, un cabinet de toilette particulier s'ouvre parfois sur chacune d'elles. Dans ce cas, celui de « Madame » s'harmonise avec la couleur de la chambre et le style de ses meubles. Elle y passe quotidiennement de trop longs instants pour ne pas chercher à le faire aussi luxueux et confortable que possible, sans tomber dans l'excès fâcheux signalé au début de ce chapitre .
Plus de murs tendus, plus de tables drapées, de glaces garnies d'étoffe ou de feuillage, toutes choses aussi prétentieuses et surannées que mal appropriées.
La toilette de Madame serait fort jolie, toute blanche, de murs et de meubles, avec accessoires de porcelaine anglaise.
Les meubles seraient les mêmes que ceux de la toilette commune mais ils pourraient être plus soignés, plus coquets, et tout à fait appropriés à ses goûts. L'éclairage pourrait être plus recherché et disposé seulement en vue de faire ressortir les toilettes et de faciliter l'habillage.
La coiffeuse et la table à brosses se contentent de simples napperons de lingerie, dont la finesse est tout le luxe.
La décoration des murs se fait de plus en plus simple; une haute frise peinte peut en être le seul ornement. Le sol serait parfait s'il était de mosaïque ou de carrelage recouvert d'un grand tapis uni et lavable s'enlevant pour le nettoyage.
La toilette de Monsieur. — La toilette de jMonsieur peut être la même, à peu de choses près, quant à la décoration surtout. L'armoire peut être unique et à une seule porte, les vêtements du matin et le linge de toilette pouvant très bien s'y réunir.
La coiffeuse peut être remplacée par une table assez longue où les jeux de brosses, de ciseaux, les limes et les polissoirs seraient alignés dans un ordre parfait.
La chaise longue et les sièges inutiles doivent être exclus. Mais ce qui serait fort appréciable, ce serait un meuble bas, avec rayons, divisés en séparations régulières, pour les chaussures. Ce meuble qui pourrait affecter une forme de bahut ou de commode et dont le dessus servirait de console, serait également à sa place dans la toilette féminine.
Agencement, — Suivant la disposition de la maison, on peut quelquefois saas frais trop considérables faire installer une distribution d'eau chaude et froide dans le cabinet de toilette avec tuyau de descente. Cela supprime les allées et venues et offre tant de commodités pour les ablutions qu'il est difficile de s'en passer lorsqu'on y a été habitué.
L'installation de plomberie part alors de la cuisine, en tuyaux doubles, amenant l'eau froide par un embranchement quelconque et l'eau chaude à l'aide d'un « bouilleur » placé dans le fourneau. C'est le système le plus simple et qui donne les meilleurs résultats .
Ce passage du tuyau d'eau chaude est quelquefois suffisant pour entretenir dans la pièce une légère chaleur. Cependant, l'adjonction d'un radiateur ou d'une bouche de chaleur est souvent indispensable pour é\'iter les refroidissements.
Pour les fenêtres du cabinet de toilette, les stores de lingerie ou les rideaux de mousseline froncée et coulissée en haut et en bas sont indiqués. Les grands rideaux doivent être simples, mais fortement doublés. Il serait même préférable de ne mettre à chaque fenêtre qu'un seul grand rideau, se tirant dans la journée pour bien laisser pénétrer la lumière et se fermant le soir pour clore hermétiquement la croisée.
La toilette et les accessoires. — Sur la toilette ou lavabo de marbre formant meuble, mais n'ayant pas de réservoir ou d'eau courante, on place, suivant les goûts et le luxe de la maison, la cuvette et le pot à eau de grande taille, en porcelaine à bords dorés ou à dessins modernes d'un seul ton, ou la fragile garniture de cristal, ou celle plus luxueuse et plus rare d'argent ou de vermeil. Sur l'étagère de marbre s'alignent les flacons de cristal taillé, à bouchons d'argent martelé et chiffré, les pots semblables pour les pâtes, les boîtes pour les poudres, le verre à eau, les plateaux à brosses, le bol à éponges. Pour cette garniture de flacons, les cristaux blancs taillés ou à facettes sont certainement les plus jolis et les essences et eaux de toilette y gardent leur couleur naturelle.
Pour accompagner cette garniture de toilette, il convient de choisir un seau et un broc de faïence de grande taille, pour ne pas avoir à ménager l'eau.
La coiffeuse et les brosses. — La coiffeuse est tout indiquée pour recevoir les brosses, à moins qu'on ne réserve à cet usage une table spéciale. Sur le napperon brodé et chiffré- on aligne les brosses à cheveux de diverses grandeurs, les brosses à habits et à chapeaux qui peuvent être de citronnier ou d'ébène à chiffre de vieil argent, d'écaille blonde ou jaspée, d'ivoire ou d'argent à chiffre gravé. Une bonne monture sert indéfiniment, car les soies se réparent ou se remplacent, l'écaillé et l'ivoire se polissent, l'argent se redresse, faisant d'une garniture qui a déjà fourni un long usage, un jeu absolument neuf.
C'est sur cette table, ou sur la coiffeuse, que l'on j^lace les boîtes à poudres, les parfums concentrés, les vaporisateurs et l'onglier s'il n'est pas enfermé dans une boîte spéciale.
Dans nombre d'appartements, le cabinet de toilette est tout simplement un cabinet, bien souA^nt obscur, qu'on a bien du mal à organiser.
Dans ses proportions les plus exiguës, on peut encore le rendre pratique et coquet.
On atteint ce but en tapissant les murs d'un papier clair et lavable qui puisse recevoir les éclaboussures, et en y installant une toilette assez confortable pour les ablutions. Au-dessus delà toilette, il est nécessaire d'avoir une bonne glace bien- éclairée, par deux appliques au gaz ou au pétrole. Sous la table — sans volant ni rideau — les seaux, brocs, etc., trouvent leur place. Devant la toilette un tapis de linoléum ou de moquette lavable est fort pratique.
Si le cabinet est assez large, on peut suspendre une vitrine ou une étagère pour les accessoires de parfumerie, et un porte-manteau pour les peignoirs.
Quand on ne peut introduire dans un cabinet de ce genre un lavabo de marbre, ou toute autre toilette de très grandes dimensions, on en aura une
SA MAISON qi
excellente en prenant une table à toilette en hêtre brut, que l'on fera laquer ou peindre à plusieurs couches de peinture émail, blanche. Cette peinture est lavable et garde son brillant. Entre la toilette et la glace qui la surmonte, on peut alors faire poser une tablette peinte de la même façon, pour le rangement des flacons. Bien qu'exigu, ce cabinet de toilette offre cependant un asile commode pour les ablutions et le tub.
SALLE Toute blanche et luisante sous ses murs de faïence DE BAINS et son plafond de peinture laquée, le luxe de la salle de bains consiste dans le perfectionnement de ses appareils, Téclat de ses cuivres nickelés, le poli de ses vasques de marbre ou de porcelaine anglaise.
Les murs n'ont donc ni papier, ni peinture : le premier se décolle et la seconde se boursoufle et se fend sous la double action de la chaleur et de la vapeur. Seules la céramique, la faïence et la porcelaine restent inattaquables à ces influences diverses. Le sol est dallé avec écoulement d'eau, et légère inclinaison pour le faciliter.
Salle de bains modèle. — La salle de bains bien installée se compose de la baignoire, et de son appareil de chauffage si la distribution d'eau chaude n'existe pas dans la maison, d'une douche à pluie et à jet, d'un lavabo et d'un bidet à effet d'eau en porcelaine anglaise, d'un tub pour les douches à main ou à l'éponge.
En dehors de ces appareils, il faut encore une grande glace reposant sur une console, un portemanteau pour les vêtements, un autre pour le linge de bain, une descente de bain en liège ou en bois quadrillé, des porte-serviettes, un porte-éponge et savon au-dessus de la baignoire ainsi qu'une tablette étroite ; enfin, quelques sièges et au besoin une chaise longue pour les frictions et massages.
Une vitrine murale peut aussi renfermer les gants de crin, les sels, les flacons, les poudres d'amidon, d'iris, etc.
Un petit chauffe-linge nickelé peut lui faire vis-à-vis.
Des différentes baignoires. — La baignoire la plus pratique, comme solidité et comme entretien, est certainement la baignoire de fonte émaillée, à condition toutefois de lui éviter les chocs violents, qui feraient sauter les
couches d'émail. Elle se nettoie facilement et le savon, glissant sur ses parois lisses, ne laisse pas de traces comme dans les baignoires de zinc.
Le zinc peint ou verni n'est ni beau, ni solide; le moindre heurt y laisse une oraflure, et mieux vaudrait choisir un zinc poli bien entretenu, qu'un faux marbre sombre et vilain.
La porcelaine anglaise dont sont faits les lavabos fournit un modèle de baignoire élégante, mais qui cependant reste simple.
On ne choisira pas une baignoire dont le fond trop concave est glissant et incommode, mais plutôt une baignoire dite de forme anglaise, avec un dossier incliné et légèrement plus haut, offrant un appui confortable, et un fond droit où les pieds trouvent un point d'appui normal.
La baignoire se fait encore en forme bateau, en forme rectangulaire, et à deux tètes ou dossiers Une baignoire de bonne taille mesure i"',6o ou i^^fi^ de long sur o"',7o de large et 0^,75 de haut.
Le chauffe-iain. — Le choix du chauffe-bain est plus important que celui de la baignoire ; c'est de lui que dépend la rapidité du chauffage et la commodité du bain en même temps que son prix de revient.
Le chauffe-bain le plus élégant, le plus pratique puisqu'il dessert en même temps le bain, la douche et le lavabo, mais aussi le plus coûteux est le petit appareil de cuivre poli ou nickelé, reposant contre le mur, sur une petite console. Il a l'aspect d'un coffret ou d'une minuscule armoire de métal. Le chauft'age et la distribution d'eau sont instantanés, le calorique employé est le gaz et le système est tout à fait perfectionné.
Les autres chauffe-bains au gaz sont de forme cylindrique et de système plus ou moins compliqué. Les uns sont à régulateur automatique, les autres à robinet de réglage et thermomètre, mais tous exigent beaucoup de précaution pour l'allumage, qui ne doit avoir lieu qu'après l'arrivée d'une certaine quantité d'eau dans l'appareil. Si l'on néglige ce soin, on court le risque de la petite explosion avec éclatement de l'appareil, au grand dommage de ce qui l'avoisine.
Lorsqu'on ne peut mettre un certain prix au chauffe-bain, il est plus sage de choisir un appareil au bois ou au charbon ; le premier surtout est économique, propre et assez rapide.
Beaucoup de ces appareils sont munis de chauffe-linge, ce qui supprime l'appareil spécial.
Presque tous les chauffe-bains peuvent alimenter en même temps l'appareil à douche, et cela sans augmentation de prix très sensible.
Il existe encore un sj^stème très rudimentaire mais qui peut rendre, à la campagne ou pour une installation sommaire, un réel service; de plus, son prix est infime. C'est une sorte de foyer, affectant la forme d'un seau surmonté d'une petite cheminée, que l'on place dans la baignoire remplie d'eau, et que l'on alimente avec du bois ou du charbon.
Appareils à douches. — Lorsqu'on possède une baignoire, l'emplacement ■Je l'appareil à douches est tout indiqué : on l'installe au-dessus de la baignoire, avec colonne montante adaptée à la distribution d'eau de celle-ci, et avec mélangeur amenant par le simple mouvement d'une manette, l'eau tiède, chaude ou froide à volonté.
Le cercle et le rideau de caoutchouc entourant la douche ne sont pas indispensables.
Cet appareil peut être simplifié et n'amener qu'une pluie d'eau froide, ce qui diminue sensiblement son prix. Les colonnes à douches se font généralement en pluie et à jet, et si ce dernier système n'existe pas, il est facile de l'y adapter.
On fait aussi placer au milieu de la salle de bains un appareil, pour douches en pluie et en jet, avec réservoir ou colonne alimentés par une petite pompe à roue, que l'on branche sur une prise d'eau. L'appareil repose sur un bassin à fond de bois, à l'aide de trois montants nickelés.
Pour les douches en pluie ou en collier, il existe encore une foule de petits appareils peu encombrants et peu coûteux. Chez soi, en voyage, à la campagne, et dans la maison la moins bien organisée, la bienfaisante douche est donc toujours possible.
Ces appareils portatifs sont constitués par le « collier » avec tuyau s'adaptant au premier robinet venu ; parle robinet à pomme et à levier, qui consiste en un robinet terminé par une pomme à trous, et qu'un levier muni d'un cordon de tirage maintient ouvert le temps qu'on désire. Ce robinet s''adapte à une prise d'eau.
Dans les appareils un peu plus volumineux, on trouve le seau à douches, que l'on suspend au plafond à l'aide de poulies et de cordes. Lorsqu'il est à la hauteur voulue, et rempli d'eau, il suffit de tirer sur la corde de vidage pour recevoir, en pluie serrée, les 20 ou 30 litres qu'il contient.
Le tub. — Les douches à main, en coUier ou à l'éponge se prennent avec le tub. On a tout avantage à le choisir grand ; il n'est guère plus encombrant, pas beaucoup plus cher et il est infiniment plus commode.
Pour la maison, on le choisira en zinc fort; d'une seule pièce, à gorge et à bec pour le vidage.
Pour le voyage on le fait en tôle vernie, couleur chêne, et intérieur laqué blanc, avec couvercle et courroie, lui donnant quelque ressemblance avec ces énormes boites à pneus que l'on fixe à l'arrière des autos ; ou bien encore en tissu caoutchouté avec fond double en caoutchouc. Ce tub se plie et s'enferme dans une enveloppe de toile brune.
Le bain de siège. — Ce bain fort pratique remplace au besoin le grand bain ou le tub. On y prend la douche à l'éponge ainsi que le bain partiel et prolongé.
Il est fort utile dans toute maison privée de salle de bains, car il permet les soins de toilette indispensables.
Comme le tub, il est préférable de le choisir grand et fort, en zinc poli, à gorge ronde et à dossier haut et assez incliné.
Ce que doit coûter un bain. — Le bain que Ton prépare à la maison ne doit pas coiiter plus de 50 ou 60 centimes, et pour arriver à ce prix minime, le chauffe-bain au gaz ne doit brûler que trois ou quatre mètres cubes au plus. Toute la valeur du chauffe-bain est donc dans l'économie de son chauffage. Aussi convient-il de préférer un appareil économique, alors même que le prix d'achat serait quelque peu élevé.
Il est indispensable, avant d'acheter un appareil, de s'en faire démontrer le fonctionnement et de faire établir de façon précise le prix de revient d'un bain.
Le chauffage au bois est le plus économique, pour la campagne surtout, où 1 on dispose toujours de petit bois inutilisable dans les cheminées. Les petits morceaux de bois sec, bien flambant, sont les meilleurs. Le prix de revient est insignifiant.
Le chauffage au charbon doit coûter environ de 35 à 50 centimes.
Bain venant du dehors. — Il est prudent, lorsqu'on fait venir un bain d'un établissement voisin, de garnir la baignoire d'un fond de bain, ou d'un simple drap bien étendu. Les baignoires ainsi transportées servant le plus souvent à des malades ou à des convalescents, cette précaution n'est pas superflue.
Quelques personnes prudentes mélangent aussi à l'eau du bain un antiseptique non corrosif, et en petite quantité.
Suivant les établissements et les quartiers, le prix du bain à domicile varie un peu ; cependant on peut indiquer le prix de 2 fr. 50 comme prix moyen d'un bain de ce genre.
Bains simples et médicamenteux. — En état de parfaite santé, le bain est une simple précaution de propreté et d'hygiène.
On le prend à leau ordinaire, à l'eau de son ou d'amidon pour rafraîchir et adoucir la peau; à l'eau de tilleul comme bain calmant. On l'aromatise avec un peu d'eau de Cologne, ou de lavande; on le rend tonique avec une petite quantité d'essence de benjoin et adoucissant avec un lait d'iris ou d'amandes.
On fait un excellent bain aromatique avec :
Feuilles de thym 5o grammes.
— de romarin 5o —
— de menthe poivrée 5o —
— de serpolet loo —
— d'hysope loo —
que l'on enferme dans un linge fin, noué très lâche ; on fait infuser le tout pendant une demiheure dans une bonne quantité d'eau, et on le verse ensuite dans la baignoire.
Le bain calmant se prépare de la même façon avec :
Tilleul 200 grammes.
Fleurs de mauve l5o —
Feuilles de guimauve loo —
et quelques feuilles d'oranger.
Le bain adoucissant se fait avec 2 kilogrammes de son que l'on place dans un sac d'étamine et que l'on presse fortement dans l'eau du bain. L'amidon se délaie à froid et se verse ensuite dans la baignoire, 3oo grammes par bain.
Un bain de sel aromatisé se prépare avec :
Cristaux da soude 3oo grammes.
Essence d'eucalyptus 5 —
— de romarin 10 —
— de lavande l5 —
On pile les cristaux, qu'on arrose avec les essences mélangées ; on pile à nouveau, et l'on jette la préparation dans le bain.
Toutes ces préparations anodines peuvent se prendre sans ordonnance et sans précaution spéciale pour la baignoire, que celle-ci soit de zinc ou de fonte émaillée.
La durée d'un bain varie de quinze à trente minutes, la moyenne est de vingt minutes.
Suivant leur température, les bains se classent en bains froids, tièdes et chauds.
De lo degrés jusqu'à i8 un bain est froid. Il est tonique et vivifiant, accroît l'énergie musculaire, rend le corps souple et vif. Ce bain ne doit pas être prolongé.
Le bain est seulement frais de i8 à 20 degrés, et tiède de 25 à 30 degrés. C'est le bain hygiénique par excellence pour ceux qui ne peuvent supporter l'eau froide et que le bain chaud affaiblit.
De 30 à 38 degrés le bain est chaud, son usage répété est déprimant; le rhume est à redouter à la sortie d'un bain semblable qui occasionne une abondante transpiration.
Précautions à prendre. — Lorsqu'on doit prendre un bain médicamenteux, pouvant entraîner la détérioration de la baignoire, il est prudent de ne se servir que d'une baignoire de zinc ordinaire. On ne doit pas non plus laisser dans la pièce, au moment du bain, des bijoux, des objets de métal ou des
vêtements de tissus fragiles; les vapeurs chargées de produits caustiques pouvant les altérer sérieusement.
Voici une recette pour la préparation d'un bain de Barèges :
Monosulfura de sodium 60 grammes.
Chlorure do sodium purifié 60 —
Carbonate de soude 3o —
(Mêler les sels et les verser dans la baignoire en agitant l'eau.)
On recommande aux rhumatisants le bain suivant, qui procure, dit-on, un soulagement sensible :
Savon mou 100 grammes.
Essence de térébenthine 60 —
que l'on mélange dans un peu d'eau en secouant bien, pour obtenir une pâte mousseuse que l'on jette dans la baignoire.
Ce bain bienfaisant ne doit pas durer plus d'un quart d'heure.
Le lavabo-toilette. — Nous avons vu qu'en dehors des appareils à bain et à douche, la salle de bains modèle doit encore avoir un lavabo pour la toilette, et un bidet fixe à distribution d'eau chaude et froide. On le fait en porcelaine blanche avec robinetterie de cuivre nickelé, mouvement de vidage et de ,.T0p-plein combinés et couvercle d'acajou canné.
Le lavabo se fait en forme de coquille sur piédestal cannelé, en porcelaine blanche, avec doubles robinets et mouvement de vidage nickelés, ou bien encore de forme rectangulaire, sans pied et soutenu par des consoles laquées.
Une petite étagère de glace court au-dessus du lavabo pour recevoir les flacons d'essences nécessaires aux frictions.
Le tout est surmonté d'une glace ronde, ovale ou carrée à coins arrondis, encadrée d'une large baguette laquée et cannelée, ou d'un jonc nickelé, ce qui est fort joli.
Les accessoires (séchoir, savon, éponge, thermomètre) . — Les accessoires indispensables sont : le séchoir, fait de tubes ronds, en cuivre nickelé et disposés de façon à recevoir plusieurs serviettes tout en laissant assez d'espace entre elles ; le « rouleau » nickelé pour Tessuie-mains ; le porte-savon, porte-éponge, qui s'adapte à la gorge de la baignoire et que l'on fait glisser à volonté. Le plus commode est de grande taille, et à petits barreaux de nickel permettant à l'eau de s'écouler; la plus large
place est réservée aux éponges et l'autre compartiment, à barreaux plus rapprochés, est fait pour recevoir le savon. Ce petit appareil supprime les « coquilles » les bols à éponges, et réunit tout à portée de la main.
On fait aussi des petits plateaux mobiles de la largeur de la baignoire qui s'adaptent à la gorge par des anses à crochets et à charnières. On y dépose le courrier, le livre ou le journal.
Pour établir la température du bain, il ne faudrait pas se fier à la sensibilité de la main qui est trop capricieuse. Le thermomètre est donc de toute utilité.
Il est préférable aussi de ne pas excéder le nombre de degrés que l'on a la coutume d'avoir car Ton s'habituerait insensiblement à une température au-dessus de la moyenne.
Seul le thermomètre permet d'établir une température régulière et normale. On le fait avec un liège flotteur le maintenant en équilibre à la surface de l'eau et permettant de lire les degrés.
Le linge de hain (fond de bain, peignoir) . — Il est bon d'avoir quelques fonds de bains dont on garnit la baignoire lorsqu'on fait usage de médicaments ou de sachets de son, et qui facilitent l'enlèvement de ces produits. Ils sont en simple toile, retournant un peu sur la gorge de la baignoire et peuvent être ourlés d'une dentelle de fil.
Pour descendre du bain, on étend sur le socle de liège ou de bois un tapis de tissu bouclé très spongieux, à grand damier iaune et blanc, ou à bordure grecque, blanche sur fond de couleur.
Au sortir du bain, il est nécessaire de s'envelopper dans un ample peignoir rond, ou à manches, en tissu éponge, que l'on fait chauffer au préalable, et de grandes serviettes de même tissu, également chauffées.
Massage et frictions. — Les frictions ne réclament l'aide d'aucun spécialiste. Il suffit d'avoir à sa disposition une bonne lanière de crin munie de poignées et d'un gant semblable. A défaut de lanière, on peut se contenter d'une serviette de toile assez dure, que l'on plie dans le sens de la longueur ; on peut aussi remplacer le gant par la même serviette, que l'on roule et que l'on tient bien en main.
Les frictions les plus tonifiantes se font à l'alcool à go degrés. L'eau de Cologne, l'eau-de-vie de lavande ou autres alcools parfumés, sont les plus employés.
Pour avoir une salle de bains modèle, même organisation avec