‹ Pour bien tenir sa maisonChapitre 47 sur 78 · PASTILLES ODORANTES · texte numérisé non relu

PASTILLES ODORANTES

Benjoin 65 gr.

Santal 16 —

Baume de tolu 16 —

Mucilage de gomme adragante en quantité suffisante.

Nitrate de potasse 16 gr.

Charbon léger 190 —

Piler le tout dans un mortier et diviser en petits cônes que l'on laissera sécher.

Chambres de malades. — Les chambres de malades doivent être meublées aussi sommairement que possible; il est bon d'en retirer tous les bibelots, les tentures, les tapis, les sièges capitonnés et inutiles. Il ne doit y rester que l'indispensable : le lit, une petite table auprès du lit, une autre pour préparer les pansements et les médicaments; les sièges suffisants, une toilette ou une table supportant les ustensiles nécessaires, un meuble pour le linge qui doit toujours être abondant.

La table à pansements doit être couverte d'une serviette ; on en étend une seconde sur les pansements mêmes, pour les préserver de la poussière. La même table peut supporter un réchaud à alcool pour chauffer les tisanes et flamber les instruments de métal qui servent au malade. La table de chevet ou la cheminée porteront la veilleuse.

La température doit être plutôt fraîche, sans excès pourtant ; on la réchauffe, si besoin est, par un feu de bois, jamais par un feu de houille et moins encore par un appareil portatif de chauffage.

La chambre de malade doit être aérée tous les jours, même en hiver, à moins d'interdiction du médecin. On choisit pour cela le moment le plus doux de la journée. Le feu peut être aussi un moyen d'aération.

Si l'aération est de courte durée, elle doit être renouvelée plus fréquemment, car il faut entretenir autour du malade un air aussi généreux que possible.

Dès que le malade sera rétabli, on procédera à la désinfection de la chambre et de l'appartement entier si la maladie est de nature contagieuse. S'il s'agit d'une affection non dangereuse, la chambre sera purifiée, la literie refaite.

La chambre de malade doit être maintenue dans le plus grand état de propreté, ce qui est facilité d'ailleurs par la simplification de l'ameublement.

Il faut éviter d"y soulever de la poussière, surtout quand le malade est atteint de certaines affections microbiennes de la gorge ou de la poitrine.

Les meubles seront essuyés avec un linge doux. Les objets seront essu3''és ou lavés, et tout ce qui doit être détruit sera brûlé. Les murs seront essuyés, ou lavés avec une éponge humide s'ils sont peints. Puis le parquet sera essuyé doucement avec un chiffon sec, et l'on y passera ensuite avec une brosse à manche, ou à la main, un linge trempé dans une eau phéniquée ou coupée de sublimé. Ce nettoyage du parquet doit se faire en dernier et lorsque toute la poussière des meubles et des murs aura eu le temps de tomber.

Les serviettes des tables j^eront alors changées, les médicaments replacés avec ordre, les cuillers, les verres remplacés.

Les linges qui auront servi au nettoyage seront lavés dans une substance désinfectante, ou simplement secoués si la maladie n'est pas contagieuse.

Il faut éviter le bruit, le va-et-vient et les variations de température, dans les chambres de malades, ainsi que la trop grande lumière.

Tentures et papiers peints. — Les chambres à coucher ne devraient être ornées que de tentures lavables, de mousseline, de lingerie, d'un nett05'^age fréquent et facile. Les rideaux devraient courir librement sur leur tringle de bois ou de cuivre sans gêner l'ouverture de la fenêtre. Ils ne devraient être surmontés d'aucune garniture à plis, à volants, retenant la poussière.

L'hygiène repousse absolument les portières, les draperies et les tentures murales. Elle est intransigeante en ce qui concerne les lits, qui doivent être entourés d'air et de lumière. Elle tolère tout au plus un « fond de lit », monté comme les rideaux, avec anneaux libres sur tringle, tombant droit et sans beaucoup d'ampleur. Les couvre-lits d'étoffes sombres et lourdes doivent être proscrits.

Enfin, toute chambre où l'on dort devrait être ornée d'objets lavables ou d'un nettoyage facile et d'un entretien aisé.

Ces règles d'h3'giène ne s'appliquent pas seulement aux chambres, mais elles s'adoucissent un peu cependant pour le reste du hofne, où tous les tissus peuvent être employés en rideaux toujours unis et sans draperies.

La question des tapis est des plus complexes. La mode les veut plus moelleux, plus nombreux que jamais, alors que l'hygiène les déclare responsables d'une foule de méfaits.

Les papiers peints peuvent être à la fois jolis et hygiéniques. Partout où ils pourront être lavables ils auront à leur actif une qualité de plus.

Il y a pourtant des papiers dangereux, mais il est très facile de les éviter. Ce sont tous les papiers veloutés et feutrés faits de poussières de drap, qui se détachent à la longue et constituent un vrai danger pour les organes des voies respiratoires.

De toute façon, il est prudent de s'abstenir dans les chambres à coucher de papiers et de tentures de couleurs vertes qui sont à base d'arsenic.

Plantes et fleurs d'appartements. — Les fleurs, ce sourire du logis, ne sont tolérées par l'hygiène qu'à la condition de n'exhaler ni senteur douce, ni violent parfum.

Le parfum de la rose et celui de la violette sont presque les seuls qui peuvent être supportés sans inconvénients dans un appartement fermé.

Pourtant, en règle générale, on bannira des chambres à coucher, toutes les fleurs sans exception, ou bien elles seront retirées avant le coucher et la pièce sera ensuite aérée. On prendra les mêmes précautions pour les plantes vertes, qui absorbent une grande quantité d'oxygène au détriment de la respiration.

Elles trouveront leur place dans toutes les autres pièces de la maison, et n'auront pas l'inconvénient des fleurs coupées dont les parfums devront être soumis à un choix judicieux.

Il faut aussi avoir soin de renouveler journellement l'eau des fleurs, qui se corrompt très vite et répand des émanations malsaines, et ne jamais oublier que la présence des fleurs odorantes

est une cause de troubles digestifs, de migraines, de nausées et d'étourdissements pénibles.

Destruction des insectes. — Tous les insectes qui peuvent envahir la maison pour des causes diverses : vétusté des murs, proximité d'une boulangerie, voisinage d'un endroit planté d'arbres ou simplement bizarrerie du temps et des saisons, doi' vent être pourchassés et détruits, non seulement à cause des dégâts qu'ils commettent, mais aussi pour le rôle néfaste qu'ils peuvent jouer au point de vue de la santé et de l'hygiène.

Mouches et guêpes. — Les insectes ailés envahissent la maison souvent sans cause apparente ; leur destruction n'en est que plus difficile. On évitera d'abord la chaleur et la trop grande clarté qui les attirent. Si l'on veut chasser les mouches d'une pièce, on rendra celle-ci aussi obscure que possible et l'on placera à ses quatre angles des assiettes creuses remplies de formol.

Pour se débarrasser des mouches et des guêpes, on place, dans les endroits qu'elles fréquentent des assiettes remplies d'un mélange de bière et d'eau miellée, où elles viendront se noyer.

Pour la destruction des mouches encore, on mêle dans une assiette la valeur d'une tasse de lait, d'une cuillerée de poivre fort et d'une cuillerée de sucre. On expose l'assiette au milieu de la pièce.

On peut aussi fabriquer soi-même d'excellent papier tuemouches avec le mélange suivant dont on enduit des feuilles de papier carrées.

Résine fondue 250 gr. | Huile de lin chaude. . . , 50 gr.

Mélasse 50 — I

On détruira quantité de mouches en suspendant à un crochet, à un appareil d'éclairage, une simple cordelette que l'on aura trempée dans du miel ou de la glu.

On peut aussi répandre, sur un papier ou dans une assiette, n'importe quelle matière sucrée et poisseuse que l'on aura sous la main, et qui attirera et retiendra mouches et guêpes. Quelques gouttes de sirop constituent déjà un bon attrape-mouches, que l'on peut laisser n'importe où sans danger.

Moustiques. — Si Ton redoute la présence des moustiques on aura soin de ne jamais entrer avec de la lumière dans une pièce, qu'après en avoir fermé la fenêtre, car à la moindre apparition lumineuse, la ronde ailée et bourdonnante accourt. Les fenêtres seront donc closes avant l'allumage des lampes et ne seront rouvertes qu'après leur extinction.

Si l'on ne pouvait s'en garantir, on les détruirait en emplissant la pièce d'une épaisse fumée de tabac qui déterminerait leur asphyxie.

Pour éviter leurs piqûres, la nuit, on peut allumer une veilleuse de verre dont on enduit le globe d'un mélange de miel et de glu sur lequel ils viendront se prendre.

Mites. — La poudre de p3'^rèthre détruit les mites, si l'on a soin de l'employer en quantité suffisante et de bonne qualité. Toute poudre éventée est sans effet.

On en saupoudre l'endroit envahi par les mites. Le poivre, employé en abondance, les met en fuite et ne répand pas l'odeur fade du p5^rèthre.

L'essence de térébenthine jouit des mêmes propriétés. On en imbibe des feuilles de papier buvard que l'on disperse çà et là dans les penderies ou sur les rayons des meubles.

On peut également saupoudrer de camphre pulvérisé les endroits que l'on veut débarrasser de ces insectes, destructeurs des laines et des fourrures ; ou bien encore enfermer dans les armoires des flacons à large goulot, emplis d'acide phénique.

Fourmis. — Les fourmis, dont l'odeur si désagréable persiste même après leur départ, font l'assaut d'un mur, d'une maison avec une rapidité surprenante. Si l'on a la chance de s'apercevoir à temps de cette invasion, on la repoussera en inondant de pétrole le lieu envahi, si toutefois il ne renferme ni feu, ni lumière.

Les pauvres fourmis meurent dans ce bain imprévu. Pour empêcher le retour des survivantes, il suffit de saupoudrer le sol avec un peu de bonne poudre de pyrèthre. On peut aussi ébouillanter le lieu de leur retraite, dans lequel on introduira ensuite quelques gouttes de pétrole ou d'essence. On peut encore

en badigeonner les fentes des parquets, des boiseries qui sont leurs voies d'accès ordinaires dans nos maisons.

Si les fourmis pénètrent dans un garde-manger, celui-ci sera lavé à l'eau bouillante puis frotté au pétrole. On attendra quelques jours pour que l'évaporation soit complète, après quoi on pourra sans crainte, lui confier de nouveau toutes les provisions voulues.

Rats et souris. — On éloigne les rongeurs des endroits oïl ils se sont établis en y plaçant des feuilles de cynoglosse (langue de chien) fraîchement écrasées. Cette plante, de la famille de la bourrache, pousse le long des haies et se reconnaît à son odeur caractéristique. On obtiendra plein succès en renouvelant l'expérience.

Les feuilles de menthe poivrée mettent également les souris en fuite, ainsi que la menthe sauvage. Ce moyen est doublement agréable puisqu'il nous débarrasse de ces intruses et laisse en même temps une odeur saine et piquante.

Pour tuer les rats, faites une pâtée de pain et de graisse à laquelle vous mêlerez de la poudre de seille et du sucre. Divisez en boulettes que vous disposerez dans les endroits visités.

Le meilleur moyen pour la destruction des rongeurs est encore le piège, la simple trappe que l'on amorce avec une friandise. Si le piège est bon, tout rat gourmand sera pris.

Il doit être brûlé et non jeté, le rat étant excessivement malsain; le piège doit être flambé.

Punaises. — Une propreté rigoureuse évitera la présence des répugnantes punaises; pourtant, un seul de ces insectes amené du dehors peut devenir le chef d'une colonie redoutable. Dans ce cas, il faut laver les boiseries et les meubles envahis avec une solution de sublimé et faire pénétrer cette solution dans les interstices et les joints. La benzine, l'essence de térébenthine et le pétrole donnent aussi de bons résultats, mais n'ont pas le pouvoir désinfectant du sublimé. On saupoudre ensuite avec une bonne poudre de pyrèthre.

Puces. — L'odeur de l'absinthe éloigne, dit-on, les puces. On peut les détruire en lavant les planchers qui leur servent de

repaire, avec une infusion de feuilles d'absinthe ou de fenouil.

Des feuilles fraîches de ces deux plantes peuvent aussi être placées dans la literie.

On recommande encore de mettre sur le parquet, la nuit, une assiette creuse contenant une forte infusion de thé très sucrée. Les insectes y sautent et s'y noient.

Cafards. — Pour détruire les cafards, on répand dans les endroits infestés la poudre suivante :

Sucre en poudre loo gr. i Tartre stibié xogr.

Farine de froment loo — I

Les cafards affectionnent les endroits chauds, humides et sombres. On fera donc boucher les trous, les interstices favorables à leur retraite, et blanchir les murs à la chaux. La propreté est leur plus redoutable ennemie.

Cloportes. — Les rez-de-chaussée sont quelquefois visités par les cloportes ; on s'en débarrasse en disposant sur le sol des écorces d'aubier mouillées. Les cloportes s'y donnent rendezvous, il ne reste plus alors qu'à les ébouillanter.

La literie. — La literie, cette partie si importante du mobilier, exige une observation scrupuleuse des règles de l'hygiène. Le lit est soumis aux mêmes exigences. Le coucher hygiénique devrait être compris de la sorte :

Lit de cuivre, de fer émaillé ou laqué ;

Sommier métallique, sans garniture ;

Matelas de crin ;

Traversin de plume ;

Oreiller de crin.

Et ce coucher-là peut bien figurer dans la chambre la plus élégante.

Le lit de bois est cependant toléré à la condition d'être de forme simple et facile à nettoyer. Les lits tendus d étoffe ou capitonnés sont naturellement accusés de toutes sortes de méfaits. Le lit doit être exempt de rideaux; Tair doit l'entourer librement; il ne doit être ni dur ni trop moelleux.

Le lit de cuivre ou de fer est à l'abri des invasions d'insectes.

Il est, de plus, inaccessible aux microbes! N'est-ce pas une qualité remarquable? Son entretien est facile, la poussière n'y trouve pas de refuge.

Le sommier métallique, quoi qu'on dise, offre un excellent coucher, s'il est de bonne fabrication et tendu à point. Dans certains sommiers métalliques la tension s'obtient à volonté à l'aide d'une clef spéciale. Ce sont les sommiers hygiéniques par excellence. L'air pénètre ainsi jusqu'au matelas, circule sous le lit, qui se trouve entièrement aéré, si Ton peut dire.

Les matelas de crin sont plus secs, mais infiniment plus sains que ceux de laine qui provoquent la transpiration.

Le traversin peut être de plume, parce qu'il ne se trouve pas en contact direct avec la tête ; il donne plus de douceur, d'élasticité, sans provoquer trop de chaleur.

Pour les raisons indiquées au sujet des matelas, l'oreiller de crin serait préférable.

Le lit doit être nettoyé ou lavé fréquemment. Les matelas seront refaits chaque année ; les toiles lavées et le crin passé à l'étuve si cela est nécessaire.

Le crin des oreillers peut être lavé à la maison et battu fréquemment, car il se tasse très vite et devient dur.

Les couvertures de laine réclament un nettoyage annuel; celles de coton ont besoin d'être lavées tous les six mois, ou plus souvent suivant l'usage qu'on en fait.

Les lits ne doivent jamais être refaits avant d'avoir été longuement aérés. Pour cela les couvertures seront, dès le réveil, rejetées au pied du lit, et les fenêtres largement ouvertes pendant deux heures au moins.

Un lit ne peut être sain qu'à cette condition.

Veau. — L'eau, cet élément de toute première nécessité, n'est jamais tant appréciée que lorsqu'on en est privé. Il est rare qu'en ville l'eau potable fasse défaut; par contre, cela se produit souvent dans les campagnes ; on ne dispose alors que d'une fontaine quelquefois éloignée de l'habitation, ce qui oblige à en faire une provision suffisante pour la journée.

Dans ce cas, l'eau doit être conservée dans des récipients de verre ou de faïence bien couverts pour éviter tout contact d'air

2o6 POUR BIEN TENIR

et de poussière. Ces récipients doivent être lavés chaque jour avant de recevoir la provision d'eau. L'eau conservée dans du fer ou de la fonte prend un mauvais goût; de plus, les brocs de métal sont d\in nettoyage difficile et le dépôt qu'y laissent certaines eaux s'y incruste profondément.

A la ville et partout où l'on peut avoir l'eau à sa disposition, on doit éviter de se servir — pour l'alimentation — d'eau tirée à l'avance.

L'eau de bonne qualité est limpide, aérée, sans aucun goût. Elle est bonne à tous les usages domestiques, cuisson, savonnage, etc.

Si l'on n'est pas absolument sûr de la nature de l'eau dont on use pour la boisson, ou que l'on veuille en temps d'épidémie, pendant les chaleurs, redoubler de prudence, on peut, à défaut de filtre, la faire bouillir.

C'est le procédé le plus simple et le plus sûr pour la purification de l'eau. Elle y perd cependant sa saveur et sa légèreté. Elle devient fade et moins digestible, mais on peut la boire sans crainte, ce qui est capital.

Filtrage. — Tous les filtres sont établis d'après le même principe. L'eau traverse une matière poreuse, qui retient au passage toutes les impuretés. C'est au charbon végétal, au biscuit de porcelaine, à la porcelaine d'amiante, que l'on demande ces qualités purifiantes. On les emploie sous forme de bougie, de plaques superposées, de couches filtrantes, qui doivent être nettoyées ou remplacées.

On fait des filtres de très grandes dimensions capables d'épurer une quantité d'eau considérable, d'autres proportionnés à la consommation d'un ménage, et de plus réduits encore pouvant s'emporter en voyage. On adapte aussi aux robinets, de petits filtres sommaires qui ne sont pas dépourvus de qualité.

Enfin, la perfection. existe sous la forme d'un appareil portant l'eau à loo" et la rendant automatiquement stérilisée et fraîche, voire glacée si on le désire.

Il est imprudent de se servir le matin de la première eau tirée, qui a séjourné la nuit entière dans les tuyaux.

La poussière homicide. — On ne doit, pour le nettoyage,

ménager ni son temps, ni sa peine; il faut surtout procéder intelligemment.

Les fenêtres doivent être ouvertes largement pendant tout le temps que dure le nett03^age. En hiver, les feux réclament les premiers soins; les grilles seront dégarnies et rechargées, les « salamandres » secouées et regarnies. Les cendres seront recueillies avec soin et non éparpillées comme le font les domestiques négligents, qui doublent leur travail faute de précaution.

Si la pièce à nettoyer ne possède que des tapis volants, ceuxci seront balayés au balai de riz puis emportés pour être secoués. Ils ne rentreront que lorsque le nettoyage sera terminé. Les rideaux seront relevés dans leurs embrasses ; les chaises seront déposées à la renverse sur le bord de la table, ou l'une sur l'autre, pour éviter l'encombrement et laisser la place au balai qui devra passer dans tous les coins, non en manière de caresse comme cela arrive trop fréquemment, mais avec force. Le piétinement journalier a écrasé, enfoncé la poussière, qui ne partira qu'avec un balayage énergique. Le balai doit aussi conduire doucement la poussière et non la soulever en tous sens.

Une bonne habitude à faire prendre aux domestiques est de tou'ours commencer le nettoyage d'une pièce par le même coin. Cette méthode leur évite les oublis et les distractions. On commence, par exemple, le bala3^age devant la cheminée pour le terminer devant la porte. A aucun prix les balayures ne doivent être conduites et amassées dans la cheminée. Au moindre souffle d'air le vent les en chasserait, et puis enfin, là n'est pas leur place.

Le parquet sera ensuite brossé, dans le sens du bois naturellement.

Puis les murs seront époussetés et l'on suivra pour cela le même ordre que pour le balayage. La poussière des boiseries sera enlevée de la même façon, ou essuyée avec un linge propre si les boiseries sont blanches. Les rideaux seront secoués et redrapés.

Les meubles sont ensuite essuyés avec un torchon de laine et leurs sculptures brossées tous les jours. C'est là le seul secret des meubles reluisants et des bois polis. Les sièges sont brossés et essuyés, et ne sont remis à leur pl?^e que lorsque le chiffon

de laine aura enlevé toute la poussière du parquet, du dessous des meubles, et achevé le brillant.

Les bibelots sont alors soigneusement essuyés, les tapis replacés, et toutes choses remises en ordre.

Ce nettoyage doit être quotidien.

De temps à autre le haut des meubles et les corniches seront essu3^és et passés à la tète de loup. Cette petite opération doit se faire naturellement avant le balayage.

Le nettoyage par le vide peut rendre d'excellents services pour des nettoyages extraordinaires, après une absence ou un séjour prolongé.

C'est le nettoyage de luxe, mais c'est aussi, paraît-il, le nettoyage parfait, rapide et minutieux.

Son prix est plutôt élevé, il se traite à forfait ou au mètre carré.

On fait aussi des appareils à main, aspirateurs de poussières, pour l'usage courant.

Les balais mécaniques pour le nettoyage des tapis sont trop connus pour qu'il soit besoin d'en parler.

Uhygiène et la Préfecture de police. — Si l'état de salubrité de la maison vient à être compromis, par une cause indépendante du locataire, et qu'après en avoir prévenu le propriétaire celui-ci néglige la réparation, ou s'obstine à ne pas vouloir remédier à l'état de choses signalé, on est en droit d'adresser par écrit une réclamation à la commission d'hygiène et de salubrité de son arrondissement, dont le siège est à la mairie.

Un membre de la commission est alors délégué pour la vérification des faits et l'établissement des responsabilités.

La même réclamation peut être adressée pour le voisinage d'une machine troublant la tranquillité ou occasionnant des trépidations ; pour des émanations provenant d'établissements industriels voisins. "

La réclamation sera transmise en dernier ressort à la Préfecture de la Seine.

A Paris, dans le cas de maladies contagieuses, le médecin traitant fait généralement lui-même la déclaration obligatoire, au poste central du Service de désinfection, 5, avenue Victoria ;

OU donne à l'entourage du malade les indications pour la faire. En province, ces formalités sont variables, car toutes les localités ne possèdent pas la même organisation. D'ailleurs, le médecin est toujours là pour conseiller et ordonner ce qui doit être fait.

En règle générale, toutes les maladies contagieuses doivent être déclarées, par lettre, télégraphe ou téléphone.

A Paris, pendant le cours de la maladie, le Service de désinfection fait prendre et rapporter régulièrement le linge et les effets, qui sont désinfectés avant d'être confiés au blanchisseur ou au teinturier.

Après la maladie, l'appartement est désinfecté ; la literie, les vêtements, le linge, les tentures et tapis sont passés à l'étuve.

Toute personne chez laquelle il a été procédé, sur demande écrite, à la désinfection par les soins des étuves municipales, doit verser à la caisse municipale de la ville une indemnité calculée d'après l'estimation du loyer servant de base à l'établissement de la contribution mobilière.

Tableau du tarif de désinfection par les soins des étuves municipales [à Paris).

Pour un loyer inférieur à 1 25 francs de valeur matérielle. Néant.

— de 125 à 624 francs 5 francs.

— de 625 à 874 — 10 —

— de 875 à Ï.499 — 15 —

— de 1.500 à 2.124 — ^° —

— de 2.125 à 3.374 — 25 —

— de 3.375 à 4.624 — 30 —

— de 4.625 à 5.874 — 45 —

— de 5.875 a 7.124 — 50 —

— de 7.125 a 8.374 — 60 —

— de 8.375 à Q.624 — 70 ""■

— de g. 625 à 12.124 — 100 —

— de 12.125 à 18.374 — 150 —

— de 18.375 à 24.624 — 200 —

— de 24.625 et au-dessus 300 —

Page 1