‹ Pour bien tenir sa maisonChapitre 50 sur 78 · DIVERS ET RECETTES · texte numérisé non relu

DIVERS ET RECETTES

LE LINGE La lessive que l'on fait à la maison est préférable à tous points de vue. Les contacts malsains, les acides aux traces redoutables, sont épargnés au linge blanchi chez soi et séché au grand air. Par contre, cette lessive n'est économique que si elle est assez importante pour amortir les frais de chauffage et de main-d'œuvre. Pour arriver à ce résultat, on peut attendre d'avoir une certaine quantité de linge à blanchir.

En dehors de ces lessives, en usage dans la province ou dans les maisons aménagées pour cela, fort nombreuses sont les maîtresses de maison qui font faire chaque semaine un lessivage du linge fin qu'elles redoutent de confier au blanchisseur. Une bonne à tout faire, ou une cuisinière, peuvent consacrer un après-midi à ce travail qui entre dans leurs attributions.

Le linge demande des soins constants. Non seulement le blanchissage et le repassage doivent être faits de la façon que nous indiquerons, mais le raccommodage doit être l'objet d'une attention minutieuse. L'avantage de la lessive à la maison est que le linge peut être vérifié et reprisé avant d'être repassé.

Le linge que le blanchisseur rend tout apprêté est difficile à raccommoder ; l'amidonnage rend souvent ce travail impossible.

En attendant la lessive ou son départ chez le blanchisseur, le linge doit être étendu et non entassé. La partie du sous-sol ou du grenier réservée à cet usage doit être munie de tringles de

bois épaisses ou de fortes cordes, pour y placer le linge par catégories ; il se trouve ainsi tout trié ; il ne reste plus qu'à compter le nombre de pièces dans chaque catégorie.

Ce système supprime le pêle-mêle des torchons et de la lingerie fine et permet au linge humide de sécher.

Lorsque, faute de place, on est obligé d'enfermer le linge dans un coffre ou un panier, il ne faut le faire que lorsqu'il est absolument sec.

Il est bon aussi de percer quelques trous dans les parois du coffre pour aérer l'intérieur.

La lessive. — Il faut posséder des provisions de linge considérables pour se permettre ces lessives éloignées, telles qu'on les pratique dans certaines familles de province. De plus, le linge conservé sale si longtemps s'abîme, les taches s'incrustent profondément et se transforment en trous. Dans les maisons où il y a un assez fort mouvement de linge, on peut faire une lessive tous les huit ou quinze jours, tous les mois au plus.

On pourrait distinguer deux sortes de lessives : celle que l'on fait dans l'appartement et qui doit se contenter de la cuisine en guise de buanderie et d'étendage. Ce n'est pas celle qui donne le moins de mal, car l'exiguïté de l'endroit complique les choses et ne permet pas toujours de les exécuter comme il conviendrait.

L'autre sorte de lessive, celle pour laquelle on dispose d'un emplacement ad hoc, peut être parfaite.

Nous avons donné — en nous occupant de la buanderie — tous les renseignements sur la lessiveuse de tôle galvanisée. Son usage est des plus répandu, tant pour les petits blanchissages que pour les grosses lessives.

Dans l'appartement, la domestique la place sur le fourneau de la cuisine et, tandis qu'elle vaque à d'autres travaux, la lessive s'opère mécaniquement.

Pour obtenir un linge très blanc on le fait tremper deux ou trois heures dans une eau tiède, puis on savonne chaque pièce dans tous les sens ; on place ensuite entre le fond de la lessiveuse et la plaque ajourée un mélange de savon de Marseille et de cristaux de soude, ou une quantité déterminée de « lessive » toute préparée en vente dans le commerce. Sur la plaque ajourée

ou double fond, on dispose enfin le linge : le plus gros et le moins propre en dessous ; on termine par les menues pièces que l'on recouvre d'un morceau de toile forte. On fixe en dernier lieu les crochets mobiles qui empêchent le linge de se déplacer et Ton remplit d'eau au deux tiers.

Le linge ainsi préparé doit bouillir deux bonnes heures. On retire ensuite les pièces une à une, afin de les laver à nouveau ; on les place au fur et à mesure dans le baquet où doit s'opérer le rinçage. Celui-ci doit être fait dans plusieurs eaux abondantes — et courantes si possible.

La dernière eau est légèrement azurée pour donner au linge la jolie teinte qui lui convient ; on le tord enfin pour en exprimer Teau.

Les différentes opérations de la lessive étant terminées, il reste à étendre le linge. On choisit pour cela de bonnes cordes propres, ou du fil de fer galvanisé, sur lesquels on étend les pièces que l'on a défroissées, en les secouant fortement. Il est préférable d'étendre toutes les pièces de même nature ensemble, afin qu'elles se trouvent naturellement rassemblées lorsqu'on relève le linge sec.

Mais l'antique cuvier n'est pas abandonné partout ; beaucoup de personnes préfèrent son emploi à celui de la lessiveuse moderne.

La veille du jour fixé pour la lessive, le linge a été savonné et lavé. Le lendemain, on le dispose par lits, dans le cuvier monté sur son trépied. On place le gros linge dans le fond en intercalant si l'on veut des couches de racines d'iris et les pièces fines par-dessus. On recouvre le tout d'une grosse toile.

La « lessive » que l'on fait chauffer dans un grand chaudron, est préparée avec des cristaux de soude que l'on fait fondre à même et des cendres de sarments enfermées dans un sac de toile ; ces cendres sont préférables à celles des autres bois.

Cette lessive, amenée à un fort degré de chaleur, est versée en rond sur le linge, à l'aide d'une poche à long manche. Après avoir traversé le linge, la « lessive » retombe dans un baquet placé sous le cuvier, d'oîi on la rejette dans le chaudron. On augmente progressivement la chaleur de la lessive, qui, au bout de cinq coulées, doit être versée bouillante sur le linge. Le coulage doit être fait lentement et sa durée proportionnée à la

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quantité de linge. Mais il ne faut ménager ni son temps ni sa peine.

L opération terminée, le cuvier est couvert ; on en bouche également le fond, afin que le linge conserve sa chaleur et son humidité.

Le lendemain, le linge est lavé et rincé.

Lorsqu'on étend le linge en plein air, il faut redouter les buissons dont les épines font d'imperceptibles trous dans la toile fine. Les pierres à l'aide desquelles on fixe le linge sur le pré laissent dans celui-ci des empreintes disgracieuses ; leur poids le déforme.

C'est à tort que Ton prétend que tout le linge n'a pas besoin d'aller à la lessive. Le lavage n'est pas suffisant pour dissoudre les taches et détruire les impuretés. A défaut de « lessive », le linge doit bouillir un certain temps pour être porté ensuite sans inconvénients.

Comment laver le linge pour Vexposer au ininim.um d'usure. — Il est indispensable de faire tremper le linge avant de le laver pour que le savon le pénètre bien. L'eau tiède est de beaucoup préférable à l'eau froide pour cette opération.

Il faut aussi pouvoir disposer d'une planche solide et lisse, légèrement inclinée, sur laquelle les pièces sont savonnées et frottées. Le savonnage entre les mains doit être réservé pour les taches, plus faciles à dissoudre de cette façon.

La brosse ne doit intervenir que pour le décrassage des torchons. L'autre linge ne résisterait pas longtemps à son action.

Tout linge ainsi lavé, sans brosse et sans drogue autre que les cristaux de soude de la lessive, doit fournir son maximum de durée, ce système de lavage ne l'exposant qu'au minimum d'usure.

Les taches du linge. — Beaucoup de maîtresses de maison, prudentes, préfèrent laisser subsister la tache d'encre ou de fruit qu'une main maladroite fit sur le linge, plutôt que de l'exposer au désastre d'un trou qu'un acide mal employé peut y laisser.

Pourtant nous donnons les recettes suivantes pour celles qui voudraient procéder elles-mêmes au détachage, car l'opération est délicate.

i" La rouille disparaît du linge, si, après avoir humecté et couvert de sel d'oseille en poudre l'endroit taché on l'expose au soleil.

Il faut ensuite rincer plusieurs fois.

2" On peut exposer la tache à la vapeur et la couvrir de sel que l'on arrose de jus de citron ;

3° Ou déposer sur la tache un peu de crème détartre humide; frotter et rincer ensuite.

Les taches de fruits cèdent à Teau bouillante que Ton répand sur le linge fortement tendu. L'eau de Javela la même propriété. Mais il faut l'employer très étendue d'eau, plonger ensuite vivement le linge dans l'eau claire, et rincer abondamment.

Les taches de vin s'enlèvent de la même façon.

L'encre s'efface sous l'action du sel d'oseille en poudre. On en dépose une petite quantité sur la tache humectée et l'on frotte. On rince ensuite à l'eau claire.

Voici quelques moyens plus simples :

Frottez la tache d'encre avec le jus de quelques grains de raisin vert ou d'une tomate mûre. Le jus de l'oignon, le citron, l'eau salée, le vinaigre et le lait ont les mêmes propriétés.

Lorsqu'une pièce de lingerie fine a été roussie par le fer, on la blanchit en étendant sur les endroits tachés le mélange suivant, que l'on laisse sécher :

30 grammes de savon ;

30 grammes de terre à foulon ;

I quart de litre de vinaigre ;

Le jus d'un gros oignon haché et pressé.

Le tout est chauffé jusqu'à ébuUition.

Le linge jauni par un long séjour dans l'armoire, se blanchit si on le fait tremper deux heures dans une eau de savon un peu forte, à laquelle on ajoute ensuite 10 grammes de suif par 2 litres d'eau. On met alors sur le feu et on laisse bouillir le tout vingt minutes.

Divei'ses lessives. — En dehors de la lessive à la cendre et aux cristaux de soude, il existe divers procédés de blanchissage très recommandés par les personnes qui les emploient.

Pour obtenir une blancheur parfaite sans brosse, ni chlore ou eau de Javel, il suffit de faire tremper le linge lessivé, pendant toute une nuit, dans une eau de savon additionnée d'une cuillère à bouche d'essence de térébenthine pour 10 litres d'eau.

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On termine par un lavage et un rinçage définitifs.

La pomme de terre réduite en purée remplace à merveille le savon. Les tissus les plus sales ne résistent pas à son emploi.

La cendre de foug:ère a les mêmes vertus. On prend une grande quantité de feuilles de cette plante que l'on délaie dans de l'eau pour en obtenir une pâte épaisse ; on divise cette pâte en boules de la grosseur d'une orange.

Ces boules, séchées au soleil, se conservent longtemps et s'emploient en guise de savon.

A^urage du linge. — Au sortir de la lessive le linge a besoin d'être légèrement azuré si l'on veut aviver son éclat.

Le « bleu » s'emploie en « boule », que l'on noue solidement dans un linge, ou sous forme liquide. De toute façon, il faut l'employer judicieusement ; car un linge trop bleu est aussi laid qu'un linge jauni.

Lorsqu'on a obtenu la teinte voulue, on y trempe les pièces lavées et rincées, en ayant soin de les tordre et de les étirer ensuite pour éviter le marbrage.

Pour teinter le linge. — Les rideaux, le tulle et certaines pièces de lingerie se teintent légèrement en crème ; cela s'obtient en plongeant les objets à colorer dans un bain d'eau de chicorée : 40 à 60 grammes de chicorée pour 5 litres d'eau, suivant la teinte désirée.

Plus le tissu est épais, plus la coloration doit être légère. Il faut plonger les objets et les presser, puis les replonger à nouveau, enfin les agiter souvent pour é\ùter les dépôts de couleur.

Les bains de thé donnent le même résultat.

Blanchissage du linge de couleur. — Le linge de couleur ne pouvant aller à la lessive, doit être trié et lavé à part. Les toiles de couleur, les cotonnades, les zéphirs, et tous les tissus assez robustes ne réclament pas de soins particuliers. Les teintes claires ne supportent que l'eau froide additionnée d'un peu de vinaigre dont l'acidité fixe la couleur. Le borax agit de la même façon.

Pour suppléer à l'action de la lessive ces objets ont besoin d'être bien savonnés et énergiquement frottés. Certaines cou-

leurs peuvent supporter l'ébullition, mais il est imprudent de s'y risquer lorsqu'on n'en connaît pas la composition.

Les objets fragiles, de tissu et de couleur, doivent être frottés dans une eau de savon et pressés et non tordus.

On trouve dans le commerce des boules colorantes de toutes nuances, que Ton emploie à la façon des boules de bleu, pour conserver ou aviver les couleurs.

Blanchissage des flanelles. — Si l'on veut conserver la souplesse et la beauté des flanelles, il est prudent de les faire laver à la maison. Voici plusieurs procédés :

i" Faire tremper les flanelles pendant cinq heures dans une eau de savon tiède, additionnée d'une petite cuillerée d'alcali. Au bout de ce temps, les plonger dans une seconde eau de savon tiède et pure. Rincer toujours à l'eau tiède jusqu'à complète limpidité. Ne pas tordre ni serrer.

2° Immerger les flanelles dans une eau de savon tiède ; les agiter dans cette eau sans les frotter ; les presser fréquemment et les replonger. Rincer ensuite à l'eau tiède.

3° On recommande aussi l'eau de haricots ou l'addition d'une cuillère de farine de froment dans l'eau qui doit servir à laver les flanelles.

Blanchissage des bas et chaussettes . — Les bas et chaussettes de laine noire doivent être lavés à l'eau tiède. Après les avoir plongés dans l'eau, sans les y laisser tremper trop longtemps, on les savonne et les lave en les retournant tantôt à l'envers, tantôt à l'endroit. On les replonge tout savonnés dans l'eau où on les laisse tremper un moment. On rince ensuite dans plusieurs eaux tièdes. On étend les bas sans les tordre.

Les bas et chaussettes de laine de couleur se lavent de la même façon. Si la couleur dépose on ajoute, en rinçant, quel* ques gouttes de vinaigre.

Le coton, le fil et la soie noire se lavent à l'eau froide ou à peine tiédie. Les objets peuvent tremper assez longtemps, ce qui facilite le décrassage ; on étend toujours sans tordre.

Les bas et chaussettes doivent toujours tremper à l'endroit ; on les savonne et les frotte d'abord de ce côté, puis on les

retourne à l'envers pour achever le lavage. On rince et les met ensuite à l'endroit pour le dernier rinçage et le séchage.

L'amidonnage. — L'amidon de bonne qualité doit être d'une blancheur éblouissante, sa forme doit affecter celle de petits cônes pointus.

L'empois que l'on fait avec l'amidon se prépare à froid ou à chaud.

Le premier se nomme empois cru. On délaye simplement l'amidon à l'eau froide en lui donnant la consistance voulue — l'empois trop épais est très défectueux — et l'on ajoute un peu de borax. Il faut lo grammes de borax pour 80 grammes d'amidon.

Cet amidon cru ne s'emploie que pour le linge un peu fort, et les grandes pièces.

L'amidon cuit est de beaucoup préférable.

On délaie soigneusement l'amidon dans de l'eau ; on y ajoute le huitième de son poids de sel de borax, dissous au préalable dans un peu d'eau. On fait cuire le tout à feu doux, en remuant avec une cuillère de bois ; avant de retirer du feu, on ajoute au mélange une très petite quantité de cire blanche.

Après avoir plongé le linge dans l'empois, on le roule dans une serviette que l'on frappe avec la paume de la main pour bien répartir l'amidon. On repasse humide. Si le linge est déjà sec, on le remouille légèrement.

Les mousselines, les tissus clairs et fins s'amidonnent toujours à l'empois cuit.

L'eau de riz fournit un empois doux et brillant.

Le linge ne doit jamais être trop fortement empesé. Non seulement son aspect raide est des plus disgracieux, mais les plis en sont cassants, tandis que le linge légèrement amidonné conserve sa souplesse et son brillant, et fournit un meilleur usage.

Le repassage. — Le linge que l'on veut repasser doit être humide ; s'il est déjà tout à fait sec, il est indispensable de l'asperger avec le bout des doigts. On étend chaque pièce sur la table de repassage et on l'arrose ainsi rapidement sur toutes ses faces. On la replie en deux ou en quatre et on la dépose sur une serviette. Quand la serviette contient un nombre suffisant de

pièces, on roule le tout et l'on bat le paquet avec la main pour faire pénétrer l'humidité.

Lorsque le linge est ainsi préparé et pendant qu'il achève de s'humecter on dispose la table de repassage. Plus elle est grande, plus le travail est facile et bien fait. Elle doit être couverte d'un molleton de laine ou de coton, bien arrêté tout le tour par de fortes épingles, des punaises, ou par de grands points lancés sous la table, d'un bord à l'autre. Sur ce molleton on tend, de la même façon, un drap ou un morceau de toile sans couture, ni plis. Les draps usés sont parfaits pour cet usage. On place sur la droite de la table le porte-fer et un tampon de chiffon pour essaj'er la chaleur de celui-ci.

Il faut avoir soin, en mouillant le linge, de grouper toutes les pièces de même nature ; les mouchoirs sont mis ensemble, ainsi que les chemises, les serviettes, etc. La main se fait au travail que l'on répète; on va plus vite et l'on fait mieux.

Lorsqu'on procède avec méthode, on commence le repassao-e par les petites pièces qui risquent de s'égarer; on garde les plus importantes et les plus difficiles pour la fin.

Pour bien repasser. — Pour bien repasser, il est indispensable d'être bien organisé et de posséder un bon outillage : un fourneau à marche douce et régulière, soit de forme conique, spécial pour le placement des fers, soit un foyer quelconque chauffant suffisamment.

Si l'on ne se livre pas à des repassages compliqués, à des glaçages savants, les fers ordinaires à bout pointu ou un peu arrondi sont suffisants ; un œuf de fonte s'adaptant sur un pied en bois est utile pour écarter les fronces des manches et toutes parties froncées où le fer ne peut aller. Pour les petits volants et les plissés, il faut avoir des fers à gaufrer, à tuyauter, de formes et de grosseurs différentes.

Le glaçage des cols et des manchettes exige l'emploi de fers spéciaux, à semelle pourvue de petites proéminances demisphériques, donnant l'impression de têtes de clous.

Pour le repassage ordinaire les fers à bout pointu sont préférables parce que leur forme leur permet de passer partout. Il faut pouvoir disposer de trois ou quatre fers au moins, afin

qu'ils aient le temps de reprendre la chaleur voulue avant qu'on ne s'en serve à nouveau.

La personne qui repasse doit encore avoir une planche qu'elle appuie sur des tréteaux, ou tout autre support improvisé, sur laquelle elle peut faire tourner les jupons, les robes d'enfants, etc. On fait aussi des planches de très petites dimensions pour repasser les manches. Ces planches se recouvrent, comme la table, de molleton et de toile bien assujettis.

Pour remédier aux caprices des fers à repasser, il est bon d'avoir près de soi un morceau de cire blanche, noué dans un chiffon, que l'on passe sur le fer pour le faire glisser, lorsqu'il résiste ou se colle à l'étoffe. Le papier de verre le débarrasse de la rouille et du noir de charbon.

Auprès du porte-fer, on peut placer un bol d'eau dans lequel trempe un petit chiffon. Si le fer vient à laisser des traces noires sur le linge, ou si, trop chaud, il le jaunit, on presse le petit chiffon et on le passe humide sur l'endroit abîmé. Il sert encore à humecter une partie trop sèche.

Comment tenir son fer. — La pièce que l'on veut repasser est d'abord secouée pour en effacer les gros plis, puis bien étendue à l'envers sur la table ; c'est la main gauche qui la maintient au moment où le fer passe sur l'étoffe. Celui-ci, dirigé par la main droite, va de droite à gauche (sa pointe maintenue dans cette direction), sans séjourner à la même place. Il va et vient autant de fois que cela est nécessaire pour effacer les plis. Le coup de fer doit être régulier et vigoureux. On repasse d'abord les parties plates et unies ; les fronces et les plis sont réservés pour la fin. Le pliage doit être soigné, et fait avec goût, pour offrir un beau coup d'œil. L'ampleur de l'objet (chemise ou pantalon par exemple) est rassemblée en plis égaux sur toute la longueur, et c'est seulement lorsque l'objet tombe bien d'aplomb qu'il peut être replié définitivement. Tous les objets semblables doivent être plies de la même façon.

Lorsqu'il s'agit de mouchoirs et de serviettes, il faut d'abord repasser les lisières, puis les ourlets et enfin le centre de la pièce. C'est le seul moyen d'avoir des pièces bien carrées et des angles droits.

Les draps et les torchons s'étirent. C'est-à-dire qu'on les tend fortement dans tous les sens, en long, en large, en biais, pour en effacer les plis. Aussitôt étirés on les ploie.

Comment on parfimie le linge. — En dehors des sachets que l'on suspend dans les armoires à linge et des plaques d'ouate parfumée que l'on dépose sur les rayons, sous une garniture de lingerie, on peut parfumer le linge de deux autres façons : par la lessive ou au moment du repassage.

Pour le parfumer de la première manière il suffit de déposer dans la lessiveuse ou la cuve, des chapelets d'iris entre les couches de linge, ou de mélanger aux sels de la lessive un peu de poudre d'iris de Florence.

La seconde manière consiste à parfumer Tean qui sert à asperger le linge avec quelques gouttes de l'essence préférée. La chaleur du fer décuple Todeur et la fait pénétrer dans le tissu. Cette méthode, peu employée, est excellente.

Comment on l'entretient. — Rien ne révèle une femme d'intérieur comme des armoires bien rangées, du linge bien entretenu. Le linge, battant neuf, ne décèle pas les qualités de la maîtresse de maison, alors que les fines reprises, les pièces impeccables, les surjets perlés, plus éloquents, disent son ordre parfait, sa patience et sa juste compréhension de l'économie.

Lorsque le blanchissage et le repassage se font à la maison, la visite du linge se fait entre ces deux opérations. Chaque pièce est vérifiée dans tous les sens. On vérifie les coutures, les g-anses, les boutons et le milieu de chaque objet si le linge est vieux. Tout ce qui a besoin du plus petit raccommodage est mis à part dans une corbeille et réparé au plus tôt.

Les boutons sont remplacés, les boutonnières reprises, les coutures refaites ; les trous importants nécessitent une pièce, les accrocs et les endroits éclaircis par l'usure, une reprise imitant autant que possible le grain du tissu.

Les cordons de tabliers, de jupons, les attaches d'essuie-mains ne doivent pas échapper à la visite. Celle des bas et chaussettes doit être minutieuse.

On sait que les objets doivent servir à tour de rôle ; le bon rangement des armoires évite les services répétés. Le dernier

linge lavé doit occuper le dessous des piles — celui dont on a besoin doit donc être pris dessus.

Les draps usés dans le milieu se fendent dans le sens de la longueur; les deux bords extérieurs, rapprochés par un surjet, deviennent alors le centre. Les draps plus mauvais sont convertis en torchons, en chiffons ou en bandes à pansements.

LES FOURRURES Leur conservation pendant Vété. — Dès que les fourrures deviennent inutiles, il est préférable de les serrer jusqu'à la saison suivante. Si l'on attend quelque peu, on risque fort l'invasion des redoutables mites.

Les fourrures doivent être battues et brossées avant d'être serrées ; c'est le premier soin que l'on doit leur donner, car toutes les autres précautions deviendraient inutiles si l'on négligeait celle-ci.

Les fourrures trop sales ou tachées doivent être confiées au teinturier qui les débarrassera de toutes les matières grasses.

On les renferme, une fois nettoyées et battues, dans de forts cartons, ou mieux encore dans des caisses légères.

Presque toutes les préparations destinées à préserver les fourrures dégagent des odeurs insupportables; la naphtaline, le camphre, le p3^rèthre pénètrent tellement les fourrures qu'il faut une aération prolongée pour les en débarrasser.

Voici une recette simple et efficace qui ne présente pas les mêmes inconvénients :

Saupoudrez le fond de la caisse ou du carton de poivre pulvérisé, non éventé ; garnissez ensuite la boîte àe journaux fraîchement imprimés ; saupoudrez à nouveau. Étendez sur une table les fourrures que vous saupoudrerez en les brossant doucement à rebrousse-poil afin que le poivre pénètre bien. Saupoudrez ainsi l'intérieur des manches, des poches, le dessous des cols et des revers, ainsi que le dedans des vêtements. Pliez-les alors à la dimension de la boîte en saupoudrant fortement, chaque fois que vous faites un pli nouveau.

Lorsque la boîte est remplie, poivrez encore à profusion, couvrez de journaux et rabattez-en bien les bords. Ficelez la boîte après avoir collé autour du couvercle une bande de papier établissant une fermeture hermétique.

A l'entrée de l'hiver suivant, il suffit de battre les fourrures

ainsi conservées, pour les débarrasser du poivre et de son odeur.

Comment on les entretient. — Les fourrures que l'on porte constamment, certains pelages fragiles surtout, doivent être bien entretenues si l'on veut leur conserver leur beauté.

Les fourrures mouillées par la pluie doivent être vivement secouées. On les étend ensuite pour les faire sécher, vadiis j aniais devant le feu, ni devant un radiateur. Le séchage artificiel abîme énormément le poil.

Certaines fourrures robustes, telles que l'astrakan, peuvent être brossées chaque fois qu'on les porte ; mais, en général, il est préférable de les battre et de les essuyer avec un linge propre.

Les fourrures à longs poils, qui ont l'inconvénient de se plaquer, doivent être suspendues à rebrousse-poil ; la fourrure gonfle et se redresse. C'est la seule façon de suspendre les manchons de renard qui s'aplatissent si vite ; ils recouvrent ainsi leur lustre et leur ampleur ; on peut aussi, de temps à autre et avec grand soin, les peigner avec un peigne de métal spécial aux fourreurs.

Comment on les nettoie. — On enlève le dépôt gras que l'humidité et la poussière déposent sur les fourrures en y passant une éponge très propre imbibée d'essence minérale.

Les taches de sucre, de sirop, etc., s'enlèvent avec un peu d'eau tiède. On essuie rapidement.

Les fourrures très abîmées se nettoient de la façon suivante :

Après avoir dédoublé la fourrure, on l'étend à l'envers, sur une table, en la fixant aux extrémités par des punaises.

On passe alors sur la peau une éponge imbibée d'une solution faite dun demi-litre d'eau et de 80 grammes de sel ordinaire, jusqu'à ce que la fourrure en soit saturée. On laisse sécher naturellement sans feu, ni soleil. La peau redevient souple et le poil brillant.

Les fourrures claires peuvent se nettoyer par les procédés suivants :

Faites chauffer au four une petite quantité de poudre de raie ou de magnésie : quand cette poudre est très chaude, saupoudrez-e la fourrure a

nettoyer et attendez. Lorsque la poudre est froide, frottez la fourrure à rebrousse-poil. Puis battez et brossez.

L'hermine, le renard blanc et toutes les fourrures blanches se nettoient avec de la farine. On en saupoudre la fourrure et l'on frotte à rebrousse-poil avec un morceau de flanelle. On recommence l'opération jusqu'à ce que la farine retombe absolument blanche.

Les fourrures sombres se nettoient avec du sable fin ou du son sec, en procédant de la même façon que pour les fourrures précédentes.

Comment on les parfum.e. — Les fourrures conservent admirablement le moindre parfum, mais il faut éviter de les vaporiser avec des essences qui pourraient abîmer leur lustre.

Le meilleur système consiste à intercaler entre la peau et la doublure quelques petits sachets très plats, ou à enfermer les fourrures dans des boîtes parfumées à l'odeur préférée.

On peut aussi, au commencement de l'hiver, après avoir sorti les fourrures du poivre, les enfermer pendant une semaine dans une caisse, après les avoir saupoudrées d'une poudre parfumée assez tenace. On les saupoudre exactement comme s'il s'agissait de les poivrer pour l'été. Ce séjour est suffisant pour leur donner un parfum durable.

Comment on les répare et les coud. — Il est assez difficile de travailler la fourrure, et l'on ne possède que quelques indications à ce sujet.

Lorsqu'il s'agit de couper une fourrure, il faut la placer à l'envers et à plat sur une table, puis passer un rasoir ou un canif à l'endroit que l'on veut diviser. La lame doit attaquer la peau seulement. On écarte ensuite les poils avec soin pour ne pas les arracher ni les casser.

La fourrure se cOud à l'envers, à surjet. Il faut piquer l'aiguille à une distance raisonnable du bord pour que la peau ne cède pas. Mais il ne faut pas non plus que la couture fasse bourrelet et que le poil paraisse plus touffu à cet endroit. Il faut, en cousant, rabattre sans cesse les poils qui ont tendance à se prendre dans la couture et ne pas contrarier leur sens.

Avec un peu d'adresse, on peut très bien réparer la fourrur-, l'allonger, changer des parties abîmées, en ayant soin de suivre ces indications.

Pour coudre un bouton sur un manteau de fourrure, il faut bâtir, à l'endroit où le bouton doit être placé, un carré de papier de soie. On coud alors le bouton en traversant le papier de soie, que l'on retire ensuite en le déchirant doucement tout autour du fil. Si l'on ne prend pas cette précaution, non seulement ce petit travail de couture est ennuyeux, mais on abîme beaucoup la fourrure qui se prend dans le fil.

LES VÊTEMENTS Leur entretien. — Lorsqu'on a la précaution de brosser les vêtements chaque fois qu'ils ont été portés, de les détacher quand ils en ont besoin et de les suspendre toujours sur un cintre, on double leur durée. Rien ne déforme un vêtement ou une robe comme de l'accrocher par le col ou la manche. Des plis disgracieux se forment sous son poids, d'autant plus profondément que cette position défectueuse aura été prolongée.

Les soins journaliers sont donc des plus importants. Chaque matin, les vêtements doivent être brossés ; les poches doivent être débarrassées le soir, afin qu'aucun poids ne puisse les déformer. Les vestons, jaquettes, etc., sont disposés sur des cintres ou le dossier d'une chaise; les gilets sont plies et déposés à plat ainsi que les pantalons dont le pli est reformé soigneusement.

Après avoir été brossé, si la moindre tache subsiste sur le vêtement, on l'enlève immédiatement sans attendre qu'elle soit plus apparente. Enfin, les vêtements que l'on ne porte pas journellement ne doivent jamais rester suspendus à l'air et à la poussière. Les penderies et les armoires sont faites à leur intention.

Pour serrer les vêtements. — On prend une caisse ou un carton que l'on garnit de papier sur ses quatre côtés. On y dispose les vêtements soigneusement plies et saupoudrés de poivre auparavant. Lorsque la caisse est remplie, on poivre à nouveau abondamment, puis on rabat les papiers. On couvre et l'on colle le couvercle à l'aide d'une bande de papier ou de toile. Cette

mesure n'est même pas indispensable si la caisse est bien poivrée .

Toutes les préparations au camphre ou autres produits malodorants ne valent pas cette recette aussi simple qu'économique.

Lorsqu'on redoute, pour des vêtements fragiles, un pliage prolongé, on peut, après les avoir fait nettoyer, les suspendre dans une penderie bien close, où la poussière ne pénètre pas. On saupoudre les poches de poivre, et l'on couvre chaque vêtement avec une housse de cretonne. Ce système peut d'ailleurs être employé pour tous les vêtements que l'on porte rarement.

Pour enlever le lustre des vêtements. — On enlève le lustre des vêtements de drap en frottant, à l'aide d'une petite brosse, les parties abîmées avec du fiel de bœuf ou avec une eau ammoniacale : i partie d'ammoniaque pour 8 parties d'eau.

Il faut ensuite rincer à l'eau tiède et laisser sécher.

Lorsqu'on veut nettoyer une partie de vêtements très tachée, on peut, avant d'avoir recours aux procédés des teinturiers, la laver à l'eau tiède et au savon, en se servant d'une petite brosse dure. La brosse doit être à peine mouillée et le vêtement doit reposer sur plusieurs épaisseurs de serviettes. On frotte rapidement dans le sens du tissu, puis l'on rince à l'éponge et l'on repasse à l'envers.

On a ainsi raison des taches de sucre, de poussière et de gfraisse.

Nettoyage des cols de vêtements. — • Pour dégraisser les cols de vêtements, qui se salissent plus que le reste, il faut employer un mélange d'eau et d'alcali : une cuillère à bouche d'alcali pour un quart de litre d'eau.

On frotte le col avec un linge de toile imbibé de cette solution ; on opère non sur le col entier, mais sur un petit espace, pour éviter la trop prompte vaporisation de l'alcali. Il se produit alors une sorte de mousse que l'on racle à l'aide d'un coupepapier en bois. On rince ensuite à l'eau tiède et l'on sèche avec un linge sec. On repasse à l'envers, ou à l'endroit en ayant soin d'interposer un linge fin.

Les bas de manches peuvent se dégraisser de la même façon.

Entretien et conservation des robeSy corsages. — Les toilettes féminines ont besoin de tout autant de soins que les vêtements masculins.

N'accrochez jamais les jupes par n'importe quel endroit de la ceinture.

Ne suspendez pas les manteaux par une manche, ce qui leur donne un biais disgracieux, ni les corsages par le tour de taille ou le col.

Les jupes doivent être munies, à la ceinture, de petites ganses pour les suspendre de façon normale ; elles le seront bien mieux encore si Ton emploie, pour cela, les porte-pantalons métalliques qui font des porte-jupes parfaits. On plie la ceinture en deux et on la pince avec le porte-pantalon ; la jupe garde ainsi sa tombée naturelle.

Pour les vêtements et les corsages, il faut disposer d'un nombre de cintres en bois égal au nombre de vêtements. Ceuxci sont brossés et secoués chaque fois qu'ils ont été portés. Les volants; les galons et toutes les garnitures en général, sont des niches à poussière que la brosse ne doit pas négliger.

Les robes que l'on enferme d'une saison à l'autre se conservent comme les vêtements d'homme. Le poivre est le seul préservateur qui ne communique pas aux vêtements d'odeur désagréable. On peut l'employer pour tous les tissus de laine et les lainages, et le remplacer par des fleurs de lavande pour les mousselines, les robes de toile, de piqué, les tissus de fil ou de coton. Ceux-ci doivent être retirés, lavés et repassés, mais non empesés — car le long séjour dans l'apprêt d'amidon abîme les étoffes .

Lorsqu'on serre des robes et des corsages pour un certain temps, il est préférable de n'enfermer qu'un seul objet dans chaque carton, afin qu'il y soit à l'aise. On emplit les manches et l'intérieur du corsage de tampons de papier de soie, pour qu'ils conservent leur forme, et, si l'étoffe est claire et fragile, on étend entre les plis delà jupe des feuilles de même papier. Cette précaution est indispensable pour le velours et les étoffes brodées .

On garnit ensuite les vides du carton avec des tampons de papier pour empêcher le ballottement qui détruirait le pliage.

Lorsqu'il s'agit d'enfermer une robe complète, comme une

robe princesse, par exemple, il faut commencer par introduire dans le carton le bas delà jupe, puis on la replie autant de fois qu'il est nécessaire, de façon que le corsage et les manches se trouvent dessus.

LES GANTS Les gants neufs. — Pour conserver des gants

neufs quelque temps sans s'en servir, il faut en

prendre un certain soin, si l'on veut qu'ils ne se défraîchissent pas.

Chaque paire doit être enveloppée dans un papier de soie qui sépare en même temps les deux gants. On réunit ensuite toutes les paires dans un carton long pour ne pas avoir à les plier. Il faut redouter l'humidité et tenir le carton en lieu sec.

Au bord de la mer, les provisions de gants sont pure folie, car, quelque soin qu'on en prenne, au bout de très peu de temps la peau est criblée de piqûres.

Pour conserver leur forme aux gants que l'on porte, il faut, en les quittant, les étirer sur une table ; on maintient le poignet de la main gauche, tandis que de la main droite on tire l'extrémité des doigts.

Les gants blancs. — Il vaut mieux netto)^er les gants fréquemment que d'avoir à faire un nettoyage sérieux. La mie de pain rassis les débarrasse de la poussière adhérente.

Il est presque indispensable d'avoir une main de bois pour procéder au nettoyage des gants, surtout lorsqu'on se sert de matières inflammables. On sait combien ce petit travail peut être dangereux lorsqu'on ne prend pas de précautions.

Les gants blancs se nettoient fort bien à l'essence minérale. On place le gant sur la main de bois et à l'aide d'un chiffon de flanelle on frotte toutes les parties du gant, plus fortement aux endroits salis.

Pour le rendre brillant on le frotte une seconde fois en mélangeant à l'essence un peu de poudre de talc. On laisse évaporer à l'air.

Voici une autre recette.

Faites avec du blanc d'Espagne et de la benzine une crème légère. Frottez-en vigoureusement les gants. Quand ils sont secs, frottez-les avec un tampon d'ouate ou de flanelle et battezles bien.

Gants de couleurs. — Les gants de couleurs moyennes se nettoient avec le mélange suivant :

Savon en poudre 330 gr. 1 Eau de Javel 165 gr.

Ammoniaque 10 — I Eau ordinaire 130

Le procédé que voici réussit très bien aux gants fins, en chevreau.

Trempez une petite éponge dans du lait écrémé, puis savonnez-la doucement : elle doit être seulement humide, passez-la alors sur le gant bien tendu. Etirez avant qu'il ne soit sec.

Les couleurs tendres se détachent à l'essence de citron rectifiée.

Gants noirs. — Pour redonner aux gants noirs, blanchis par l'usure, leur teinte primitive on peut badigeonner les parties décolorées avec la mixture suivante.

Encre de Chine i cuillerée à bouche.

Huile d'olive , i — à café.

Gants lavables. — Pour les gants de chamois ou de suède lavables on se sert d'une brosse à ongle douce, que l'on trempe dans une eau de savon bien mousseuse. Le gant étant placé sur la main de bois on le frotte assez fortement, puis on le rince à l'éponge. Il faut se servir d'eau à peine tiède. On fait sécher à l'air après avoir redonné au gant sa forme normale.

LES CHAPEAUX Les chapeaux de soie. — Lorsqu'un chapeau de soie a reçu la pluie il faut bien se garder d'y toucher tant qu'il est mouillé. On laisse d'abord sécher, sans feu, ni soleil, puis on brosse dans le sens des soie^s avec une brosse à chapeau très douce et Ton donne le reflet désiré en lissant le chapeau avec un tampon de flanelle que l'on fait chauffer le plus possible. Ce procédé remplace avec avantage le coup de fer.

On détache les chapeaux de soie en frottant les endroits tachés avec un tampon de flanelle imbibé d'essence minérale.

Il ne faut jamais poser les chapeaux à plat. On les couche sur le côté ou on les suspend, ce qui est encore préférable.

Coup de fer. — Pour donner le coup de fer il faut placer le chapeau sur un C5''lindre de bois pour soutenir la partie que l'on repasse. Au contact du fer, la colle qui se trouve dans la carcasse du chapeau fond et la paroi se redresse. Puis la colle sèche et maintient le chapeau dans sa forme.

Chapeaux de feutre. — La benzine a presque toujours raison des taches des chapeaux de feutre. On la passe avec un chiffon de flanelle en frottant dans le sens du feutre.

Les chapeaux de feutre dur peuvent subir un nettoyage plus complet que le détachage, lorsqu'ils sont de bonne qualité.

Il faut pour cela employer de l'alcali. On en imbibe une brosse à ongles avec laquelle on brosse le chapeau en tournant dans le sens du feutre ; on frotte ainsi en spirale jusqu'au sommet que l'on nettoie de la même façon. On rince ensuite à l'éponge et à Teau claire, en suivant le même mouvement qu'avec la brosse. On sèche avec un linge fin et l'on suspend le chapeau à l'air en l'accrochant par le cuir intérieur que l'on a ressorti.

On peut nettoyer un chapeau de feutre mou en le plongeant dans un bain de savon très chaud. On le laisse ainsi jusqu'à ce que l'eau soit devenue tiède, puis on le frotte dans un bain de cristaux de soude — sans le déformer — et enfin on le rince.

Chapeaux de panama. — Placez le chapeau à nettoyer, après l'avoir plié en deux, sur une serviette épaisse et frottez-le avec une brosse fine trempée dans de l'eau oxygénée dédoublée. Rincez à l'eau tiède et redonnez au chapeau sa forme primitive. Laissez sécher en lieu sec.

On peut encore procéder par immersion : on prépare un bain, moitié eau de pluie, moitié eau oxygénée,, auquel on ajoute une cuillerée à café d'alcali.

Le bain devant être tiède on le prépare dans un endroit chaud. On y plonge le chapeau débarrassé de ses garnitures : cuir et galon, et on le laisse ainsi deux heures durant. On le retourne et on laisse encore deux heures. On le rince enfin à l'eau de pluie pure. Le chapeau doit sécher à l'abri du soleil.

Chapeaux de paille. — Les chapeaux de paille blanche se nettoient de différentes façons. On peut employer l'eau froide addi-

^donnée de jus de citron en lavage, suivi de fumigations de soufre.

On fait encore un excellent mélange en dissolvant dans un litre deau la valeur de 10 centigrammes d'acide oxalique. On en lave le chapeau avec une éponge et l'on rince copieusement à l'eau claire. On secoue le chapeau pour l'égoutter et l'on fait sécher bien à plat.

L'eau de savon, passée sur le chapeau avec une brosse, net-, toie bien la paille, mais il faut ensuite l'exposer à la vapeur, ce qui complique un peu le travail.

On recommande aussi de battre un jaune d'œuf avec de la fleur de soufre pour en faire une pâte légère. On en enduit le chapeau à l'aide d'une brosse. On laisse sécher au soleil, puis on brosse avec une brosse dure pour faire tomber la pâte.

Les chapeaux de femme en paille de riz ou en crin noir se nettoient à l'essence minérale, que l'on passe avec une brosse pour bien en imprégner la paille. Lorsque le chapeau est propre et n'a plus trace de poussière, on le pose bien à plat sur une table — non molletonnée — on le repasse alors en intercalant entre la paille et le fer, un linge mouillé.

Les ailes déformées retrouvent ainsi leur ligne primitive. On repasse la calotte de la même façon, mais on a soin d'y introduire une boîte ou un objet quelconque pour supporter le poids du fer.

BAS ET CEINTURES Les bas et ceintures élastiques, dont le DE CAOUTCHOUC ^issu absorbe poussières et transpiration,

ont besoin d'un nettoyage assez fréquent et minutieux car ils deviennent inutilisables dès qu'ils sont déformés.

Voici le procédé que recommandent les orthopédistes :

Faites une bonne eau de son, passez-la et ne l'employez que lorsqu'elle sera tiède.

Faites-y tremper bas ou ceinture pendant douze heures. Frottez-les légèrement dans cette eau et rincez dans une eau tiède. Secouez avant d'étendre, mais ne tordez pas. Faites sécher à l'ombre.

LES CHAUSSURES Les chaussures dont on prend soin font, comme toutes choses d'ailleurs, un bien

meilleur usage; elles conservent plus longtemps leur forme et leur souplesse.

Pour arriver à ce résultat, il faut nettoyer les chaussures chaque fois qu'elles ont été portées. On les débarrasse de la boue ou de la poussière aussitôt qu'on le peut, car leur contact prolongé avec le cuir abîme celui-ci.

Une excellente précaution consiste à poser les souliers que Ton quitte, sur le côté, de façon à exposer les semelles à l'air. Les souliers qui passent la nuit dans cette position sont, au matin, entièrement débarrassés de l'humidité et de la transpiration. C'est ainsi que l'on évite les doublures crispées et les contreforts raccornis, si insupportables aux pieds sensibles.

Le feu et l'humidité sont les ennemis les plus redoutables de la chaussure. Ne rangez donc jamais vos souliers dans un endroit humide et sans air. Placez-les, de préférence, sur un rayon ou un peu au-dessus du sol.

Ne les approchez pas non plus du feu pour les faire sécher. Mettez-les dans une pièce chaude mais que la chaleur du foyer ne frappe pas directement sur le cuir. Les semelles sèchent d'ailleurs assez vite lorsqu'on couche les souliers sur le côté.

Lorsqu'on nettoie une paire de chaussures il ne faut pas se contenter de brosser le dessus du soulier. La semelle doit également être débarrassée de la boue, avec un vieux coupe-papier de métal, car l'usage du couteau, même émoussé, est dangereux pour le cuir. Les coutures doivent subir le même nettoyage.

On peut faire absorber l'humidité des chaussures légères, imprégnées d'eau ou de boue, en les bourrant d'ouate hydrophile ; ce procédé les empêche également de se déformer en séchant.

On arrive au même résultat, pour les grosses chaussures et les souliers de chasse, en les remplissant de farine d'avoine. Une nuit suffit au séchage complet.

L'ouate et la farine resservent indéfiniment pour cet usage, si Ton a soin de les faire sécher après s'en être servi.

Les cirages. — Le choix des cirages, des pâtes et des crèmes est fort important. Les uns, à base d'acides, brûlent le cuir, les autres, malgré les éloges pompeux dont on les entoure, ne donnent qu'un brillant médiocre.

L'expérience seule peut donc guider dans ce choix judicieux.

Lorsqu'on a enfin trouvé un produit satisfaisant il faut en user avec modération, afin qu'il n'en reste pas trace une fois la chaussure faite ; la brosse ou le chiffon doivent Tenlever complètement.

Pour conserver les chaussures qu'on ne met pas. — Si l'on veut conserver aux chaussures que l'on ne porte pas ou que l'on ne met que rarement leur forme impeccable, il est indispensable de les mettre sur des embauchoirs de bois ou de métal; les premiers sont préférables.

Les petits souliers de satin ou de peau légère ne se déforment pas si l'on a soin de les bourrer régulièrement, en évitant les bosses et les creux, avec des chiffons doux ou de l'ouate. Une baguette de bois, ronde et polie, taillée à la longueur de la chaussure peut être introduite dans celle-ci, pour la maintenir bien tendue. Cette simple baguette empêche la semelle de se relever et l'empeigne de se plisser. Cela ne remplace évidemment pas l'embauchoir, mais c'est un moyen économique et pratique.

Voici un procédé pour rendre les chaussures imperméables à l'eau.

Faites bouillir et mettez en pot :

Cire jaune 125 gr- 1 Résine 5 gr.

Suif de mouton 125 — | Huile d'oeillette 1/2 lit.

Brossez fortement la chaussure, faites-la chauffer quelque peu et recouvrez semelles et empeignes de ce mélange jusqu'à ce que le cuir en soit imprégné.

Pour conserver les chaussures que Ton ne doit pas porter pendant un certain temps, il faut les enduire de glycérine. La vaseline pure est également préférable aux huiles et aux graisses spéciales.

Entretien des chaussures vernies. — Faites un mélange à parties égales avec de la crème fraîche et de l'huile de lin, étendez ce mélange sur un morceau de drap. Enlevez la boue ou la poussière des chaussures avec une brosse et passez sur le cuir

verni le morceau de drap imbibé, puis frottez avec un autre morceau de drap sec.

Chaussures en daim blanc et de couleurs. — Faites une pâte avec de la terre de pipe broyée, du savon de Marseille et un peu de bleu d'outre-mer. ^louillez une petite brosse, frottez-la sur la pâte que vous étendez sur la chaussure bien également sans surcharge; laissez sécher complètement et frottez ensuite avec un linge chaud.

Si les chaussures étaient tachées de boue, il faudrait au préalable les laver avec de l'eau et du savon.

Pour le daim de couleur procédez de la même manière en emplo)'ant les pains de pâtes assorties à la nuance de vos chaussures et qui se trouvent chez tous les bottiers.

Chaussures en chevreau. — Enlevez d'abord boue et poussière avec une brosse sèche et douce, puis versez sur un morceau de flanelle un peu d'huile d'olive avec lequel vous achevez le netto3^age de vos chaussures ; à moins que vous n'employiez quelques crèmes spéciales conseillées par votre bottier.

Chaussures de toile blanche. — Employez exactement le même procédé que pour les chaussures en daim blanc.

Chaussures en caoutchouc. — Pour leur conserver le brillant du neuf il faut, chaque fois qu'on les a portées, les laver avec précaution, sans frotter, avec une éponge humide et douce, les essu5'^er avec un linge souple et sec, puis les enduire avec un morceau de savon de Marseille humecté d'eau. Essuyez à nouveau avec le linge sec puis prenez un tampon de flanelle, frottez comme si le savon était de l'encaustique.

Chaussures j aunes . — On emploie généralement les crèmes de couleurs que l'on trouve dans le commerce; mais beaucoup de personnes préfèrent les composer elles-mêmes. Voici une excellente recette :

Essence de térébenthine . . 30 gr.

Huile de ricin 40 —

Cire jaune 160 —

Vaseline pure 160 gr.

Huile de lin 40 —

Curcuma pulvérisé .... 60 —

Faites fondre la cire jaune au bain-marie dans l'essence, ajoutez-y la vase

line et l'huile de ricin en remuant sans aiTêt jusqu'à ce que l'amalgame soit parfait.

Le Curcuma donne un jaune parfait mais qui tourne au rouge au contact de l'alcali et du savon ; délayez-le dans l'huile de lin et ajoutez ce dernier mélange à l'autre après l'avoir retiré du bain-marie. Vous pouvez conserver en petits pots.

Pour employer cette pâte, il faut d'abord essuyer la chaussure, passer la pâte sur le cuir avec un chiffon sec et fin, et faire reluire en frottant avec un morceau de drap ou de flanelle.

Chaussures de chasse et de sport. — Pour assouplir et imperméabiliser les chaussures de fatigue, voici le meilleur procédé :

Huile do lin i8ogr. 1 Poix de Bourgogne 10 gr.

Cire jaune 15 — | Essence de térébenthine . . 10 —

Faites fondre à feu doux la cire et la poix ensemble ; quand le mélange est complet, retirez sur le bord du feu pour ne pas laisser bouillir, et ajoutez en remuant l'huile de lin. Transportez loin du feu, ou même dans une pièce sans feu pour finir votre enduit par la térébenthine.

LES ÉTOFFES Entretien et conservation des couvertures de laines et des lainages. — Les couvertures de laine qui absorbent les transpirations avec une si grande facilité doivent être nettoyées assez fréquemment. Lorsqu'on ne possède pas la ressource d'un teinturier, ce nettoj'^age s opère à la maison; voici un excellent procédé ;

Préparez un baquet d'eau de savon tiède ; ajoutez à cette eau 500 grammes de cristaux de soude par 10 litres, et laissez tremper la couverture à nettOA'er pendant cinq heures dans ce mélange.

Frottez-la ensuite entre les mains en ne négligeant aucune partie.

Rincez alors à l'eau claire tiède, deux ou trois fois, plus s'il le faut.

Étendez sans tordre, dans un endroit sec, mais non chauffé.

Le nettoyage peut se faire de la façon suivante :

Mettez dans un baquet d'eau un verre d'essence de térébenthine, remuez et trempez la couverture dans ce mélange pendant vingt minutes ; frottez doucement, retirez et laissez sécher.

Les lainages. — Les lainages tricotés se déforment au lavage, il est préférable de ne pas trop les salir et de les nettoyer avec â.Q la farine ; voici comment on procède.

On saupoudre de farine une planche bien sèche et bien lisse. On y roule l'objet à blanchir, et on le frotte énergiquement. Quand la farine est sale on la remplace, jusqu'à complet nettoyage.

Cela ne s'applique qu'aux laines blanches ou très claires. Il suffit ensuite de bien les secouer pour les débarrasser de la farine.

Tous les lainages se lavent à l'eau de savon tiède, que l'on prépare à l'avance, car il faut éviter de frotter le tissu avec le savon même.

On fait tremper les objets pendant une heure ou deux, puis on les presse doucement, on les soulève et les retrempe plusieurs fois. On rince, toujours à l'eau tiède, jusqu'à ce qu'elle soit complètement claire. On presse sans tordre et l'on secoue bien avant d'étendre.

Tous les lainages, qu'il s'agisse de couvertures ou de vêtements tricotés, doivent être serrés propres. Le poivre les préserve fort bien des mites et de tous les insectes, mais il ne faut pas le ménager et la boîte qui les renferme doit être garnie de papier et doit fermer hermétiquement.

Les soieries. — Toutes les étoffes de soie se brossent avec une brosse très douce, à soies flexibles, ou mieux encore s'essuient avec un tampon de flanelle ou de velours, car le tissu s'éraille très facilement.

Pour conserver des soieries en pièce ou en coupon il ne faut pas les plier comme on le fait pour les tissus ordinaires ; il est préférable de les rouler sur un papier de soie, de même longueur que le coupon. On évite ainsi le frottement et les coupures qui se produisent toujours dans les plis.

Nettoyage des soieries blanches. — Il faut éviter lorsqu'on nettoie des soieries de les froisser entre les mains et de les tordre. Il est préférable de se servir d'une brosse très souple pour enlever les saletés trop adhérentes. Il faut aussi user d'eau tiède et de savon doux.

Plus le tissu est de belle qualité, plus le nettoyage est facile.

On étend la soie sur une planche lisse et propre et on l'imbibe, au moyen de la brosse, de la préparation suivante :

Eau de savon tiède;

Une cuillerée de miel.

Lorsque toute l'étoffe est ainsi recouverte on la plonge dans un baquet d'eau tiède où on la laisse tremper pendant une heure. On rince ensuite à plusieurs eaux, tièdes toujours, sans presser ni tordre, puis on étend. On repasse, à l'envers, encore humide, afin de redonner l'apprêt et le brillant.

Toutes les soies claires se nettoient ainsi, tout aussi bien que par les procédés chimiques, qui rendent les soieries rèches et cassantes. Pour débarrasser la soie des piqûres d'humidité récentes, il suffit de la placer sur un morceau de calicot mouillé. On roule les deux tissus ensemble et on les laisse ainsi pendant vingt-quatre heures dans un endroit frais, l'humidité du calicot absorbe les taches de la soie, qu'on repasse aussitôt.

Soieries noires. — Le satin noir se nettoie à l'alcool léger qui ne doit pas peser plus de 45 degrés.

On place le satin à plat sur une table (l'endroit en dessus), et on le frotte dans le sens du tissu avec une éponge imbibée d'alcool. On assèche un peu avec un morceau de flanelle et l'on repasse à l'envers en ayant soin d'interposer une mousseline.

Les autres tissus de soie noire peuvent se netto3^er avec du café chaud. On se sert pour cela de café ordinaire, que l'on passe avec une éponge, comme dans le nettoyage précédent.

Soieries de couleurs. — Les soieries de couleurs peuvent se nettoyer comme les soieries blanches ; on peut aviver les couleurs claires en délayant dans l'eau du rinçage une de ces boules colorantes dont on se sert pour les batistes de couleur.

Les soies foncées se nettoient à l'alcool.

LES DENTELLES Les dentelles noires. — Avant de nettoyer les dentelles, il faut les secouer pour en faire tomber la poussière, puis on agit comme il suit pour la dentelle noire.

Pliez la dentelle sur elle-même de manière à en faire un petit paquet que vous bâtissez avec un fil pour qu'il ne se défasse pas.

Plongez alors ce petit paquet dans une cuvette contenant deux litres de bière et laissez-le ainsi un quart d'heure. Frot-

tez-le ensuite entre les mains ; trempez et refrottez. Retirez enfin de la bière, enlevez le fil mais ne rincez pas. Etendez alors la dentelle entre deux serviettes et roulez le tout fortement pour exprimer l'humidité.

Repassez à l'envers sur une couverture de laine. La bière aura rendu à la dentelle tout son apprêt.

Dentelles blanches. — Pour ne pas déformer la dentelle, après l'avoir bien défroissée, enroulez-la sur un litre ordinaire et fixezla par un point.

Placez ce litre dans un baquet d'eau de savon blanc, assez profond pour qu'il puisse y tenir debout (remplissez le litre pour qu'il ne surnage pas), mettez alors le baquet sur le feu et faites chauffer sans bouillir pendant une heure. Renouvelez le liquide si la dentelle est très sale.

Retirez enfin la bouteille et laissez-la refroidir. Lorsqu'elle pourra supporter le contact de l'eau froide, placez-la sous un robinet ouvert, jusqu'à ce que la dentelle ne contienne plus traces de savon.

Pour la faire sécher, épinglez-la sur une planche couverte de molleton. Ne vous contentez pas de la piquer aux quatre coins. Epinglez-la tout autour en la tendant bien pour qu'elle ne prenne pas de mauvaise forme. Si l'opération est bien faite elle remplace le repassage le plus savant.

Blondes et tulles. — Pour nettoyer les blondes et les tulles il faut les enfermer dans un petit sac de toile fine, après les avoir secoués et défroissés. On laisse ce sac pendant vingtquatre heures dans un bain d'huile d'olive, puis on le plonge dans une eau de savon bouillante pendant un quart d'heure.

On rince ensuite à l'eau tiède et l'on passe dans une solution d'amidon.

On retire enfin les objets du sac, et on les fait sécher à l'air.

Teinture de dentelles. — Lorsqu'on veut donner aux dentelles blanches une légère teinte crème, il faut les tremper dans une décoction de chicorée : 25 grammes pour 5 litres d'eau. Si l'on veut accentuer la teinte, on augmente la proportion de chicorée en conservant la même quantité d'eau.

Cabinet de toilette et salle de bains. ~ i. Cabinet de toilette avec coiffeuse. Disposition des différents meubles servant à la toilette. - 2. Aménagen-ent d'une pièce en cabinet de toilette. — 3. Disposition dune salle de bains avec le chauffe-bains et la table de toilette

Niirsi-rv el chainbrr d'eiijliiils. — i. Modèle de nursery avec meubles et berceau de style moderne' anglais. — 2. Chambre modèle pour enfants sans tentures avec mobilier de stvlc simple. — 3. Autre modèle de chambre d'enfants avec meubles art nouveau.

Pour donner une teinte jaune prononcée, il faut employer la pelure de l'oignon sec. On fait bouillir quelques-unes de ces pelures légères, jusqu'à ce qu'on obtienne la décoction désirée. On y plonge alors la dentelle à teindre.

LES PLUMES Entretien et conservation des plumes d'autrtiche. — Pour conserver les plumes d'autruche belles et brillantes, il faut les garder de l'humidité, ce qui n'est pas toujours facile. Lorsque les plumes d'un chapeau ont été mouillées, il faut le secouer afin d'en égoutter l'eau le plus possible, puis on le suspend, sens dessus dessous, près du feu. De temps en temps on l'agite et on le balance au-dessus du foyer. On le transporte ensuite dans une chambre froide. Le duvet de la plume a repris toute sa fermeté.

Pour débarrasser les plumes de la poussière, on les brosse à l'envers avec une brosse de soie, puis on essuie le dessus avec un chiffon bien doux. Un plumeau léger peut remplacer le chiffon.

Pour conserver les plumes, on commence par les nettoyer, puis on enferme chacune d'elles séparément dans un papier de soie sans la serrer. Le meilleur moyen est de prendre une feuille entière, d'y poser la plume, et de réunir les quatre coins du papier contre la tige delà plume. On attache avec un brin de fil.

Les plumes ainsi enveloppées sont déposées dans un carton que l'on saupoudre de poivre.

Comment on les nettoie. — Les plumes blanches et de teintes claires se nettoient de la façon suivante.

Préparez une eau de savon tiède, plongez-y les plumes une à une en les tenant par la tige, agitez-les doucement sans les lâcher.

Retirez une plume et faites-la passer entre deux doigts pour en exprimer l'eau. Rincez-la dans de l'eau claire en procédant comme la première fois. Posez-la enfin à plat, sur un linge, pour la faire sécher.

Ayez soin de bien l'étaler pour qu'elle ne se déforme pas. Lorsque la plume est à peu près sèche, exposez-la au soleil ou devant le feu, ou mieux encore promenez-la au-dessus d'un fourneau. La chaleur gonfle le duvet et le rend superbe.

On peut encore nettoyer les plumes en les plongeant dans de la benzine rectifiée ou dans de l'eau contenant de la craie délayée. Mais rien ne nettoie mieux que l'eau de savon.

Comment on les re frise. — Pour redresser des plumes très abîmées il faut commencer par les plonger perpendiculairement dans l'eau, on les retire vivement, puis on les attache par la tige pour les faire égoutter; les brins reprennent ainsi le mouvement qu'ils doivent avoir.

On les façonne alors avec une pince à fleurs ou le dos d'une lame de couteau.

On fait passer chaque brin de duvet entre le pouce et la lame en le courbant le plus possible, sans tirer, car on risquerait de Tarracher.

Lorsque les plumes sont seulement défrisées et qu'elles n'ont pas besoin d'être passées à l'eau, on les expose simplement à la vapeur pour faciliter l'opération du frisage.

RUBANS ET Pour laver les mousselines très fragiles, voici MOUSSELINES un procédé qui rend le savonnage inutile. -^————^^-^ Faites cuire dans cinq litres d'eau, un litre de son. Dès que l'eau bout jetez-y la mousseline que vous laissez ainsi pendant vingt-cinq minutes sans la frotter.

Retirez le récipient du feu et faites couler dessus de l'eau froide jusqu'à ce qu'il ne reste plus trace de son.

Etendez la mousseline pour la faire sécher.

La mousseline et le tulle blanc peuvent se savonner et se rincer à l'eau froide ; pour leur rendre leur apprêt, on fait bouillir loo grammes de borax et 20 grammes de sulfate de magnésie dans 5 litres d'eau, qui font un excellent mélange dont on les imbibe.

Lorsque l'étoffe est bien humide on la repasse à l'envers avec un fer modérément chaud.

Pour rafraîchir le tulle noir on l'étend sur la table de repassage, et à Taide d'une petite éponge, on l'imbibe d'une infusion de thé légère ou d'un mélange d'eau et de vinaigre. On repasse aussitôt. Le tulle semble neuf.

Les rubans. — Presque tous les rubans blancs peuvent se

laver. Il faut pour cela les étendre sur une planche et les frotter, toujours dans le même sens, avec une brosse douce savonnée.

On rince ensuite sans froisser ni tordre et l'on repasse humide, à l'envers.

On peut aussi tremper les rubans dans un bol rempli d'essence minérale. On les retire au bout de cinq minutes et l'on fait sécher à l'air. Il suffit quelquefois de les frotter avec une éponge imbibée d'essence.

Les rubans fanés retrouvent leur éclat si on les mouille — à l'envers — avec une dissolution de 10 grammes de gomme arabique dans un verre d'eau. On repasse humide avec des fers peu chauds.

VOILES Pour remettre le crêpe à neuf il suffit de l'exposer ET CRÊPES à la vapeur sans l'étirer. Dès qu'il est moite, "~~^~~^~~ enroulez-le sur un bâton bien lisse, sans le tendre ni le faire plisser.

L'endroit du crêpe doit se trouver en dehors. Laissez ensuite le rouleau dans une pièce chaude. La surface redeviendra sèche et crêpelée.

L'endroit du crêpe est le côté dont les diagonales partant de la lisière montent de gauche à droite.

Pour repasser le crêpe anglais, il faut, après l'avoir secoué et brossé à la brosse de soie, l'étendre sur un morceau de flanelle en dessous duquel on aura placé un linge mouillé. Sur le crêpe on place une autre flanelle et par-dessus un autre linge mouillé. Le crêpe se trouve ainsi entre deux flanelles. Il faut repasser vivement avec des fers bien chauds.

LES VELOURS Pour rafraîchir les velours mâchés. — Les velours usés, mâchés ou couchés se redressent fort bien à l'aide de la vapeur.

Faites tendre, par deux personnes, le velours abîmé au-dessus d'un récipient d'eau bouillante. C'est l'envers qui doit être présenté à la vapeur. Lorsqu'une épaisse fumée s'en dégage brossez à rebrousse-poil les endroits abîmés. Faites ensuite sécher à plat. Pour le rafraîchir il suffit de le brosser partout doucement.

Comment les repasser. — Pour repasser le velours et lui redonner son apprêt, on peut imbiber son envers dune dissolution de 50 grammes de gélatine pour un litre d'eau. Le velours doit être maintenu en l'air bien tendu. Lorsqu'il est ainsi humecté, on le repasse en intercalant, entre le fer et le tissu, un morceau de mousseline.

On peut procéder plus simplement. Il suffit de poser sur l'envers du velours un linge mouillé; on repasse en l'air, à fer bien chaud.

LES TACHES Taches d'encre et de rouille. — Couvrez la tache légèrement et d'une façon égale d'un peu de sel d'oseille pulvérisé que vous ferez fondre en y versant goutte à goutte de l'eau chaude. La tache disparue, il faut laver à grande eau sans cela l'étoffe serait brûlée. Si la tache est sur une étoffe de couleur il faut au préalable faire l'essai sur un petit morceau de cette étoffe. Cet essai serait inutile sur de l'étoffe verte ou marron ; ces deux couleurs ne supportant pas l'action du sel d'oseille.

On peut également enlever les taches de rouille avec de l'acide sulfurique très étendu d'eau, on lave à grande eau dès que la tache a disparu.

On peut opérer encore avec une faible dissolution acidulée de sel détain dont on imbibe la tache sans avoir à redouter l'altération du tissu.

Pour les taches d'encre prenez du bon lait frais non bouilli, trempez-y la partie tachée, frottez-la en maintenant l'étoffe dans le lait; si la tache est ancienne il faudra renouveler l'opération jusqu'à ce que la tache ait disparu.

Taches diacides. — Quand les taches faites par des acides minéraux sont récentes on les fait disparaître en trempant l'étoffe tachée dans de l'ammoniaque étendu d'eau; souvent même simplement par la vapeur de cet alcali. Quand elles sont anciennes il n'y a d'autre remède que la teinture.

Sur les étoffes blanches, un lavage à l'eau et au savon enlève les taches des acides végétaux, tels que jus de citron, d'orangé, de fruits en général, de vinaigre, de bière, de cidre, poiré ; mais,

sur les étoffes de couleur il faut verser 10 à 12 gouttes d'acide sulfurique dans un verre d'eau, en imbiber l'étoffe tachée, puis laver à grande eau.

Taches de fruits. — Plus spécialement pour les taches de fruits on emploie le soufre. On mouille la tache et on tient l'étoffe tendue au-dessus d'un vase où l'on fait brûler du soufre ; une mèche soufrée peut aussi bien remplir le but. Si par extraordinaire la tache ne disparaissait pas on peut employer l'eau de Javel.

Taches de boue. — La boue des grandes villes forme des taches très persistantes parce qu'elle renferme des poussières minérales et végétales, qu'un lavage à l'eau de savon ne suffit pas à enlever. 11 faut donc commencer par un lavage au savon et à l'eau chaude suivi d'un rinçage à l'eau froide, vous humectez ensuite d'eau les taches qui restent et vous les couvrez d'un peu de crème détartre en poudre pendant 10 minutes, vous frottez et lavez enfin à l'eau ordinaire.

Taches de café, chocolat. — Ces taches s'enlèvent par un lavage à l'eau froide suivi d'un deuxième lavage à l'eau de savon chauffée à 40 ou 50 degrés. On expose ensuite la tache à la vapeur de soufre. Assez souvent, surtout pour les taches de café au lait, il est nécessaire de répéter plusieurs fois ces deux opérations.

Taches de cambouis et de couleurs épaisses. — Raclez l'épaisseur de ces matières avec un couteau, puis immédiatement imbibez la tache avec de l'essence de térébenthine et frottez avec une petite éponge. Imbibez encore et recouvrez de terre de pipe en poudre. Quinze minutes après environ, enlevez la terre, secouez, brassez même. S'il restait une ombre, la benzine l'enlèverait.

Taches de cire, de bougie. — Il ne faut pas racler ni frotter les taches de bougie et de cire, mais bien plutôt les faire tomber en tiraillant l'étoffe entre les doigts; imbibez alors la partie tachée d'alcool à 90° ou même d'eau de Cologne, ou mieux appliquez du papier buvard ou du papier de soie à plusieurs doubles

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