SUPPORT GOTHIQUE
EVOLUTION Du SUPPORT.
lution en vint à un point où fut inutile le chapiteau, qui servait de transition entre le support et la charge : le chapiteau disparut alors et les nervures descendirent jusqu’au sol. D'autres fois, les nervures s'enfoncent dans. un fûtrondou octogone ou ondulé.
Nous savons que le support gothique peut être une colonne extraordinairement élancée (fig. 59). Le support moderne,
LES ÉDIFICES RELIGIEUX DR A
à disposer de biais (fig. 273, à droite) le support de la nervure diagonale, en d’autres termes de l'ogive.
Dans quelques églises gothiques des environs de 1200 (PI. V, C), la partie inférieure du support, jusqu'à la naissance des grandes arcades, est une colonne, sur le tailloir de laquelle prend naissance le faisceau des colonnettes. Cette disposition ne | dura pas et, comme auparavant, les colon- | nettes partirent du sol.
Il est des piliers entourés de colonnettes indépendantes, reliées au noyau, de distance en distance, par des assises plates qui forment bague entre deux chandelles de pierre superposées.
Habituellement, dès l’époque romane, les colonnes sont engagées; noyau et colonnettes sont montés simultanément par assises. La colonne antique est tantôt adossée (fig. 274), tantôt engagée de moitié dans le mur voisin ; la colonne romane (fig. 275) est engagée d'un tiers environ ; la colonne gothique (fig. 276 et 277) est absorbée par le pilier : on distingue de moins en moins celui-ci et celle-là.
Le plan des supports gothiques ressembla de plus en plus au profil des membrures que ces supports soutenaient. Cette évo-
PRE AR et er
Poe LES GRANDES ARCADES —— depuis le XVII siècle, est plus trapu, armé de pilastres et non
plus de colonnes engagées.
Les grandes arcades. — Les vides ménagés entre les piliers et par lesquels la nef communique avec les bas-côtés sont toujours couverts d'un arc ; l’architrave disparaît sur ce point dès les premiers temps du Christianisme et ne reparaît pas avant le XVI® ou le xvII® siècle.
Dans les églises à transept, chaque bras du transept rompt l'ordonnance intérieure de la nef et ouvre dans la série des grandes arcades un très large vide, comme une arcade beaucoup plus importante. Cette arcade développe une poussée considérable et, d'autre part, la construction, affaiblie par ce vide, est moins en état de résister à la poussée des arcades voisines : de là vient la double nécessité de protéger et le percement du bras du transept et les arcades contiguës. Dans ce but, on a élevé aux angles de la croisée, de la travée d'’intersection, des piliers très vigoureux en outre, on a quelquefois fait plus étroites les deux arcades qui touchent au transept, ou monté à
mi-hauteur dans ces deux arcades un arc qui les étrésillonne, qui empêche les pieds-droits de se rapprocher (fig. 78). Il est permis d'attribuer pour une partà cettemême préoccupation les tribunes qui, dans certaines églises, garnissaient le débouché de chacun des bras sur la nef.
La poutre de gloire et le jubé. — On nomme arc triomphal celui qui marque du côté de l'Est l'entrée de la nef. Des églises latines ont en cet endroit un mur transversal ajouré de baies,
rappelant l'iconostase des églises grecques et qui pousse beau-
coup moins que l'arc triomphal.
Plus souvent, on a jeté en travers de l'arc triomphal une poutre destinée à porter un Crucifix, les statues de la Vierge et de saint Jean, des chandeliers, des reliquaires. C'est la poutre de gloire, qui pouvait être revêtue de métal et posée sur des poteaux ou sur des colonnes.
La poutre de gloire amena, pendant la période gothique, Je jubé. Le jubé est ainsi nommé de la formule que récite le diacre avant l'Évangile : : Jube, Domne, benedicere. C'est un mur transversal, portant une galerie qui servait à des lectures ‘ou à des chants ; il est orné du Crucifix, comme la poutre de gloire. Les jubés se rattachaient d'ordinaire aux clôtures laté-
a LES ÉDIRICESNRELTIGEUR er
rales du chœur. On en fit, au xIII® siècle, qui étaient merveilleusement beaux, et plus tard, aux XV° et XVI*, qui sont invraisemblablement ouvragés (fig. 278).
Les jubés avaient l'inconvénient d'encombrer la nef et de couper les perspectives. Ils ont été enlevés presque partout.
Les portes d'églises. — Les portes principales sont l'un des morceaux essentiels dans l'architecture des églises romanes, aussi bien que dans l'architecture des églises gothiques.
La porte des églises latines (PI. VI, A) est simple, pauvre même, si on la compare aux portes de la période qui suivit. Ces portes romanes (PI. VI, B-C) sont souvent d'une richesse extrême. Pour donner à l'encadrement son importance, on a multiplié les voussures, c'est-à-dire les arcs concentriques qui couvrent la porte, et les
FIG. 278. — JuBÉ. 1600. jambages, qui sont les Paris, Saint-Étienne-du-Mont supports de ces arcs. Il Cliché Hachette. a fallu augmenter égale-
ment les dimensions de
la baie (fig. 279). Or, le linteau, cette pièce horizontale qui clôt la baie, persista,et comme on ne pouvait pas en accroître indéfiniment la longueur, on le soulagea au milieu par un montant ou trumeau. I était naturel de placer contre ce trumeau une statue, qui, peut-être, conduisit à en poser d’autres contre les jambages. Enfin, pour avoir l'épaisseur de mur nécessaire à des encadrements aussi profonds, on logea souvent la porte dans un avantcorps, qui eut parfois une ordonnance particulière, avec son couronnement et sa corniche. Ainsi s'expliquent logiquement la formation et le développement du type des portes d’églises. Toutes les écoles n’ont pas de linteau et, par suite, de trumeau : 1l est fréquent que les belles portes de la Saintonge et du Bordelais en soient dépourvues. Ailleurs, principalement en Auvergne, le linteau, plus épais au milieu, rappelle un fron-
L'ESSPORTES D'ÉGLISES D :