LES FENÊTRES D'ÉGLISES
subsistèrent dans le Nord, qui ne jetait pas de voûte sur ses nefs, et dans partie du Centre et de l'Ouest, qui éclairaient le vaisseau central par les baies des bas-côtés.
Les baies pouvaient n'être munies d'aucune clôture. C’est l'exception : les châssis ont été refaits à peu près partout ; mais là même où onneles a pas remplacés, il reste (fig. 282, à gauche) | une feuillure pour les recevoir. Les clôtures de pierre à jour étaient rares, et l'usage du verre à vitre était courant dans les églises.
On pouvait adopter des partis très divers pour la décoration des fenêtres romanes : le plus simple consiste à marquer sur le linteau échancré les joints de claveaux simulés; Fc. 282. — Fenêtre n'écuse | le plus riche consiste à encadrer les ns:
baies, en dehors ou même sur les deux faces, d’une ou deux paires de colonnettes supportant un arc plus ou moins orné (pl. VII, B). C’est surtout dans les absides que l’on trouve les belles et somptueuses fenêtres de style roman. |
Les fenêtres d'églises à l'epoque gothique. — L'église gothique tendait à être toute en nervures, sans panneaux de maçonnerie ; aussi comportait-elle des fenestrages de plus en plus importants, jusqu’à occuper toute la longueur des travées entre les piliers. Mais l'architecture du Moyen Age n'arrivait pas d’un coup aux conséquences extrêmes de ses principes : les baies augmentèrent peu à peu. D'autre part, les grandes verrières offraient aux ouragans une telle surface que l’armature en fer les soutenait imparfaitement. Les premiers maîtres d'œuvre gothiques rapprochaient deux ou trois fenêtres et les surmontaient d'un œil-de-bœuf percé dans le mur ; la pile entre les baies était maçonnée, c'était un bout de mur monté par assises. Cette disposition, qui était déjà appliquée avec quelque timidité dès la période romane, persista longtemps, surtout dans le Midi (PI. VII, CO). |
Toutefois, à partir du premier quart du xini° siècle, on voit à ces baies accouplées se substituer une grande baie divisée en deux par un meneau, lequel est un montant léger, formé de pierres plus ou moins longues posées en délit ; vers le haut de
LES ÉDIFICES RELIGIEUX
la baie, les meneaux s’incurvent pour dessiner des arcs brisés,
qui supportent, soit un œil à redents, soit des trèfles (PI. VIT, D).
L'armature métallique concourt à maintenir le tout. Malgré cette dernière précaution, lorsque l'ouverture était
très large, chacun de ces deux panneaux avait encore trop de
surface. Depuis 1240 environ, on commence de les subdiviser
en quatre et même, en certains cas, les quatre en huit. La
multiplicité des arcs et des roses
superposés donnait à la partie supé-
rieure de ce réseau une importance
telle qu'il fallut abaisser les impostes
de l’arc d'encadrement; l'arc prit une
forme surhaussée et occupa désormais
une plus grande place dans l’ensemble
Fc. 83. de la fenêtre (PI. VII, E). Le ee SECTION Le dernier quart du xII® siècle DE