LE TRACÉ DES FORTIFICATIONS
de façon à battre le flanc droit, qui était plus vulnérable.
On obtenait le flanquement de plusieurs manières. Le plan des murailles décrit parfois des sinuosités ; la ligne rentre sur les points les plus accessibles, tandis que les points les mieux défendus forment saillants (fig. 302).
Ou bien (fig. 303, à gauche) la ligne est brisée, à crémaillères. Ou bien encore (fig. 303, à droite) elle pousse une pointe = en dehors, un redent. Le procédé le < N plus habituel de flanquement consiste fic. 304. — Tir nonmar. à élever des tours le long des fronts.
La portion de mur comprise entre les tours est la courtine. Les tours sont : en avant du mur, ou à cheval sur le mur, ou enfin, ce qui est exceptionnel, en arrière ; dans ce dernier cas, elles commandent la courtine sans la flanquer. La situation la
plus normale est que la tour soit à cheval sur la muraille : ainsi plantée, elle enfile le che-
min de ronde porté par la muraille et l'interrompt.
Les tours peuvent être
F1G. 305. — ANGLE MORT. carrées ou rondes. La
tour carrée, plus en fa-
veur dans le Midi que dans le Nord, donne prise au bélier ;
de plus, elle défend mal ses angles et elle est mal défendue
par les courtines. Le tir normal est, en effet, perpendiculaire
à la ligne du mur qui abrite le tireur; il existe donc (fig. 304)
des angles que le tir normal de la tour carrée n'atteint pas. De plus, en avant de la tour (fig. 305), un autre
espace forme un angle FRA LR N
mort, c'est-à-dire quil
n’est pas balayé par le F1G. 306. — TOUR A ÉPERON.
tir oblique des courtines.
La tour ronde souffre moins du choc des béliers : sous les coups, d’ailleurs mal assurés, les blocs, qui sont taillés suivant les rayons de la courbe, se coincent et ne se disloquent pas. Avec ce tracé circulaire, les feux divergents de la tour couvrent entièrement les approches. Enfin, l'angle mort est plus réduit. Dans certains ouvrages très soignés (fig. 306), on le fait disparaître |
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