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Livre. — Jésus-Christ, Apôtres, Évangélistes, Docteurs

Loup. — Saint François d'Assise.

Main bénissante. — Dieu.

Manteau (Cavalier partageant son). — Saint Martin.

Marteau. — Saint Eloi.

Nudité. — Un petit corps nu sans sexe figure une âme. Plu-

sieurs de ces petits corps tenus dans un linge par un vieillard sont des âmes bienheureuses dans le sein d'Abraham.

Orgue. — Sainte Cécile.

Martyrs.

Peigne. — Saint Blaise.

Pelle à enfourner. — Saint Honoré.

Pieds nus. — Sont représentés pieds nus Dieu, les Anges, saint Jean-Baptiste, les Apôtres, les Évangélistes, quelquefois les Prophètes.

Pierres. — Saint Étienne.

Poisson (Homme potant un). — Tobie.

Porc. — Saint Antoine.

Rats. — Sainte Gertrude.

Reptiles (Femme dont les seins sont mordus par des). — La luxure.

Roue brisée. — Sainte Catherine.

Salamandre. — La justice.

Scie. — Saint Simon.

Scorpion ou serpent. — La dialectique.

Seins sur un plat (Jeune fille portant ses). — Sainte Agathe.

Serpent. — La prudence.

T (Bâton en forme de). — Saint Antoine.

Tables de la loi. — Moïse.

Tête coupée (Évêque portant sa). — Saint Denis, saint Nicaise, saint Lucien.

Tiare (Vieillard coiffé de la). — Dieu le Père.

Tiare: — Saint Pierre.

Tour. — Sainte Barbe.

Verge fleurie. — Saint Joseph.

Voile. — Vierges.

Yeux sur un plat. — Sainte Lucie.

— 76 mn:

PC OMOIGRAPATEND EP UISeLEN XVe SIÈCLE

L'iconographie depuis le XV® siècle. — Après le xIII® siècle, l'iconographie entre dans une nouvelle voie : l'art paraît être descendu des cieux sur la terre, il devient plus humain et plus matériel. M. Mâle, qui a magnifiquement traité ces questions, constate que, dès le xXIV® siècle, on commence à sentir dans

| certaines représentations « le frémissement de la vie » : « la ten- | dresse humaine s'insinue peu à peu dans un art dogmatique

qui participait de la sérénité des pures idées ». Le fond resta d'abord le même ; c'est l'expression qui était différente : l’artiste, plus libre, recourait à des images inédites, à de nouveaux moyens d'émotion. .

Le succès de l’ordre franciscain est l’une des causes de ce changement : alors, comme aujourd'hui, les religieux de saint François s’adressaient au cœur plus qu’à la raison. Il semble bien, d'autre part, que les mystères, qui mettaient

| sur la scène les faits de la Bible, ont exercé une double

influence : le déroulement de l’action dramatique habituait les spectateurs à des épisodes jusqu'alors négligés, par exemple, dans la Passion, la descente de croix et la Vierge de Pitié, cette Mère de douleur qui tient sur ses genoux le corps inanimé de son Fils ; de plus, la mise en scène fixa certains détails dans le costume, dans les accessoires, dans les décors.

Puis, l’évolution fut plus profonde : dès la fin du Moyen Age, elle atteignit l'esprit même de l’art et les sources d'inspiration. Ce n’est plus seulement le cœur que l'on visait, mais les nerfs : la sensibilité fit place à un sensualisme mystique et douloureux, auquel les affres de la guerre de Cent Ans n'ont pas dû être étrangères. Les sculpteurs cherchèrent à représenter la mort dans son horreur, et ils y réussirent

! parfois terriblement. Ils perdirent en même temps cette

pudique aversion que les vieux maîtres éprouvaient pour le nu : déjà le cardinal Lagrange, mort en 1402, exposait sur son tombeau d'Avignon presque toutes les misères d’une anatomie squelettique ; la nécropole de Saint-Denis abrita des

| effigies nues qui étaient des portraits d’un art merveilleux et

d'une parfaite inconvenance.

L'art avait vécu de la foi et de l’imagination. Pour rempla-

| cer l’idée et la légende, chassées par le réalisme et par le ratio- | nalisme, l’'humanisme demanda au monde païen le culte de la

Dee

-— LES SUJETS DE LA DÉCORATION

forme et la mythologie. Le xXvi* siècle ne s’en tint pas aux

Sibylles, que le xt siècle connaissait d'ailleurs et qui étaient |

une transition entre l'antiquité sacrée et l'antiquité profane, entre les prophètes et les philosophes : il représenta Dieu sous les traits de Jupiter : Jésus-Christ descendant aux Limbes y est reçu par Pluton, Cerbère et Proserpine ; quand il ressuscite, il est, pareil à Ganymède, porté sur un aigle.

Attributs, trophées et motifs divers. — On a pu voir ci-dessus, avec les caractéristiques des saints, un certain nombre

| de symboles ou d’emblèmes, qui ont pour rôle non pas

d'accompagner un personnage, mais d'exprimer ou de rappeler une idée: des chameaux avec des rois sont une caractéristique des Mages, mais un chameau agenouillé est un emblème de l'obéissance. Ces emblèmes tiennent, au total, une petite place dans l’art décoratif du Moyen Age ; ils prennent de l'importance à partir du xvie siècle. C’est l’un des héri-

DRE EX tages de l’antiquité qui ont été re- Époque romaine. 1]l: 1 Mn de Bora cueillis par la Renaissance et par les

styles plus modernes.

Les attributs peuvent être groupés en trophées. Tantôt ils ont une origine païenne, comme les bucranes, têtes de bœuf décharnées qui rappellent les sacrifices, tantôt ils sont d'inspiration militaire: épées, casques, cuirasses, boucliers de diverses formes, rond, ovale, échancré ou pelta (fig. 131). Les attributs eurent sous Louis XV un caractère de galanterie futile, — amours, instruments de

Cliché de l'auteur.

musique, etc. ; — ils furent précieux sous Louis XVI, froids |

et secs pendant l'Empire. C’est le temps des réminiscences égyptiennes et aussi de ces grands casques nus que les romantiques retiennent pour caractériser le style pompier. Le x1x° siècle a usé largement des attributs, qu'il a, d'ailleurs, en partie renouvelés et adaptés aux idées modernes.

On sait que certains attributs peuvent fournir des indications chronologiques : la cordelière et le porc-épic figurent sur des œuvres du temps de Louis XII (fig. 132) ; la salamandre,

: CEE 78 Rue

mme ATTRIBUTS, TROPHEÉES,* ETC

de François [er : Le croissant, d'Henri II ; le soleil, de Louis XIV: les abeilles et l’aigle, de Napoléon.

Enfin, toutes les époques ont utilisé, pour la décoration architecturale, des motifs qui n'ont en soi aucune signification : ils relèvent du métier et il en sera question plus loin, à propos des procédés.

F1G: 132. — "ATTRIBUT DE Louis XII.

1500 env. Château de Blois.

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