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PLANCHE II

LES PROCÉDÉS DELA DÉCORATION

une œuvre du Moyen Age ressemble aux œuvres romaines et plus elle s’en rapproche comme date : une COPIE fidèle suppose

une habileté que les tailleurs de pierre de l'époque latine ou du x siècle ne possédaient

point. Parmi les chapiteaux romans à feuillages, ce sont les plus récents qui rappellent le mieux les modèles de l'antiquité.

La décoration gothique est autrement attachante. Au

Moissac. début,

la flore gothique est faite de plantes rondes et grasses (PI. II, C) : nénuphar, arum, plantain, cresson. Vers le milieu du x11I° siècle, apparaissent des feuilles plus découpées et moins pleines (PI. II, D) : lierre, vigne, fraisier. À la fin du xiÿ° et au xv®, les tiges sont épineuses et les feuilles sont froissées (PI. II, E) : chou frisé, chardon, chicorée. On dirait vraiment FIG. ne Ru

HF Je le flore suit la Coéaraie de Laon

vie du style gothi- Cliché Neurdein.

que : au xII° siècle, ce sont des bourgeons gonflés de sève ; c'est ensuite la splendeur des fleurs épanoules ; c'est enfin la sécheresse des feuilles épuisées et flétries.

L'imagier gothique disposa les plantes en vue de la fonction qui leur est dévolue :

EM | la feuille, vigoureusement nervée, s'at- Fic 153. — Coussner tache au plan du fond par une base large

XV® SIÈCLE. et solide, tandis que la tête se termine par Troyes. un bourgeon, par un paquet de pétales,

par une masse arrondie et puissante

(fig. 157). C'est ce qu'on appelle les crochets. Aux xIve-xv® siècles, on remplaça les crochets, suivant les cas, par des tiges ou des bouquets ou par des feuilles qu’un coup de vent

DE

FIG. 156. — RoOSACES, XII® SIÈCLE.

soufflant d'en bas semble coller sur un coussinet, de façon à

le recouvrir (fig. 158).

Les feuillages antiques sont un peu conventionnels et mono-

tones. La série des feuillages gothiques, plus vrais, plus variés, plus imprévus, s’adaptant mieux à leur rôle, est une des heureuses créations de l’art. Les feuillages modernes sont souvent d’une jolie facture, mais inutiles, en ce sens qu'ils n’ont pas d'autre raison d’être que le vague souci de décorer (Pi. II, F).

L'agencement des feuillages : culots, guirlandes, rinceaux, etc. — On ne s’est pas servi des feuillages pour les seuls chapiteaux ; nous les retrouvons à peu près dans toutes les parties que le ciseau de l'ornemaniste a touchées, et ils sont combinés différemment suivant la place qu'ils occupent.

Les feuilles appliquées et rangées en

imbrications, comme des bouts de tuiles dans un toit, 'décorent des surfaces plates ou courbes, des pilastres ou des fûts de

| Ben COULONS A GUDRIAINDES CRINCEAUX. ETC.

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