XII® SIÈCLE
Mantes.
légères que les guirlandes classiques : des bouquets plus ou moins espacés s’égrènent sur un cordon. Le style Louis XIV aurait inventé la guirlande, ci elle n'avait pas existé ; il y mit
fréquemment des feuilles de chêne et de laurier. Les guirlandes Louis XV ont des fleurs, notamment des roses, et les guirlandes Louis XVI peuvent être accompagnées de rubans à plis nombreux.
Le xvi1 siècle a fait aussi de pseudoguirlandes, formées d'un morceau d'’étoffe accroché, les bouts pendants.
Le mot rinceau, que l’on emploie souvent à tort, désigne proprement une tige | qui ondule suivant une ligne régulière
et qui jette des pousses à droite et à gauche. Des rinceaux romains développent sur des frises ioniques ou corinthiennes leurs enroulements somptueux ; d'autres rinceaux du même temps sont, au contraire, raides et maigres.
Les rinceaux romans (fig. 161) sont parfois singulièrement
riches et gras, surtout dans les écoles provençale et bourguignonne, et parfois pauvres et grêles (fig. 135); la tige
Fic. 162. — RINCEAU. x VI SIÈCLE.
| peut être relevée
Bordeaux, Saint-Michel.
Cliché de l'auteur.
de côtes, ou creusée en gouttière, ou
| ornée de perles, ou enfin entremélée d'animaux et même | de personnages. La Renaissance a fait de jolis rinceaux (fig. 162), auxquels on peut reprocher d’être trop légers pour de la sculpture monumentale ; à vrai dire, c’est moins de la
L'APDÉCORATIONCIMITATIVE =
sculpture que de la ciselure, et la pierre est traitée comme du métal. Aux approches du xvII® siècle et de nouveau vers la fin du règne de Louis XIV, la tige du rinceau se brise. Dans le style Rocaille, ces courbes interrompues se relient suivant des coudes, tandis que, dans l'architecture Louis XVI, des rubans se combinent avec les rinceaux.
La décoration imitative : objets divers. — Il est naturel de prendre comme motifs de décoration les objets usuels que l'on voit chaque jour ; les artistes des écoles primitives n'y ont pas manqué : les travaux de vannerie et de corderie, par exemple, tiennent une place importante dans l’ornementation de ces écoles. D'autres motifs sontimités en partie eten partie inventés. Ainsi en est-il des phylactères, nombreux pendant la période
gothique, et des cartouches, qui prirent faveur à la Renaissance. |
Les phylactères sont inspirés de bandes d’étoffe ou de parchemin et servent de champ à des inscriptions. Les cartouches du xvif
siècle rappellent du cuir découpé et enroulé ; sous Louis XIV, |
les cartouches présentent des moulures, des frontons minuscules, des éléments d'architecture ; sous Louis XV, ils sont de formes plus molles et se compliquent de roches ou de coquilles ; ils reprennent, sous Louis XVI, l’aplomb de leurs lignes et une gravité qui n'est pas sans quelque mièvrerie.
En France, les romans ont bien des fois reproduit :
Des nattes, câbles ou torsades (fig. 163) ;
Des barils : :
Des rubans plissés de façon à présenter alternativement
leurs deux faces (fig. 164) , a 2 Des entrelacs, dont certains paraissent inspirés des treillis de vannerie (fig. 165) ;
Quelquefois des chaînes, etc.
Les sculpteurs de la Renaissance ont ciselé sur les parements
des médaillons (fig. 162), qui reproduisent soit des plaquettes italiennes, soit des monnaies.
La décoration imaginative. — Parmi les motifs que les artistes ont à peu près tirés de leur imagination, certains caractérisent plutôt l’architecture antique et l'architecture classique moderne : ces divers motifs ne se trouvent guère, entre l'époque
romaine et la Renaissance, que dans les régions, comme la Pro- |
A Le d F2 vence et la Bourgogne, où les influences antiques ont survécu.
«…——— LES PROCÉDÉS DE LA DÉCORATION