LES CHAPITEAUX
Les chapiteaux romans nus, qui pouvaient d’ailleurs être destinés à recevoir une décoration peinte, sont moins nom- | breux que les chapiteaux sculptés. Trop souvent l’ornementation des chapiteaux ne tient pas compte du rôle dévolu à ce membre de construction : feuilles appliquées à plat sur la | corbeille, gravures géométriques (PI. III, C), personnages | (PL II, D), etc. Ces chapiteaux à scène ou chapiteaux historiés, si intéressants par ailleurs, rentrent dans la catégorie des chapiteaux irrationnels. Quand la décoration est bien comprise, elle réserve, aux angles, des masses de pierre qui soutiennent le tailloir (PI. IIL, À, B, E, F). Il faut bien reconnaître, en effet, que le chapiteau ne remplit pas sa fonction s’il ne porte pas le tailloir ; c'est un reproche qu’encourt le dorique. Les plus beaux chapiteaux romans sont des chapiteaux à feuillages (PER EE)
Le tailloir du Moyen Age ne dérive pas du tailloir antique ; il est plus épais que l’abaque de ces chapiteaux corinthiens dont sont issus en grande partie les chapiteaux romans et gothiques. Le tailloir latin (PI. III, Best parfois très massif; on dirait un bout d'architrave, un souvenir de l’entablement. Dans le tailloir roman, qui garde quelque chose de la lourdeur du précédent, l'épannelage, le profil d'ensemble, est un bandeau biseauté : il est tantôt mouluré ettantôt semédedessins courants. Sous ce tailloir roman, il n'est pas rare que le haut de la corbeille conserve trois petits dés, qui sont un vestige, une survivance de l’abaque antique.
Les chapiteaux gothiques. — Le chapiteau gothique (PI. IV) suit dans leur évolution le sommier, le claveau inférieur, qu'il porte, et le style général de la sculpture. Son tailloir est d’abord carré ou rectangulaire; puis, on en abat les angles; puis on le fait franchement polygonal. Le chapiteau gothique n'est pas historié. L’œil suit sur toute la hauteur le galbe de la corbeille, sur laquelle sont posés des crochets, plus tard des bouquets. Enfin, le chapiteau se réduit à une bague de feuillages. Il en vint à n'être plus qu'un ornement sans utilité, sans raison d'être ; vers la fin du gothique, il disparut.
L'architecte gothique, plus encore que l'architecte roman, comprend un pilier comme un faisceau de colonnettes. Il est
| donc amené à couronner tout le pilier d'une zone continue |
JAENS