‹ Pour comprendre les monuments de la FranceChapitre 15 sur 202 · LA CONSTRUCTION GALL 0~R O MAI NE · texte numérisé non relu

LA CONSTRUCTION GALL 0~R O MAI NE

dont tout 1 edifice est concu et execute ; dans la seconde, la richesse est un luxe d emprunt. Le Parthenon est beau comme un corps humain sain et gracieux ; 1 amphitheatre de Nimes fait songer a un travailleur robuste et noueux, affuble d un vetement trop magnifique.

II n en est pas moms vrai que les monuments romains temoignent d une imposante grandeur : Rome a voulu par eux montrer au monde sa puissance. Et comme les besoins et les programmes variaient moms frequemment que dans nos societes modernes, on n avait pas a prevoir les modifications ; on suppnmait, en elevant des edifices solides, les depenses consi derables d entretien et, du coup, on batissait pour 1 eternite.

D autre part, les monuments romains attestent une incom parable intelligence, une adaptation etonnante des moyens au but. Dans les thermes notamment, tout est dispose en vue de la commodite des services et pour la solidite de la construction : les petites salles sont utilisees, et elles sont groupees autour des grandes salles, de facon a ccntenir, a epauler les voutes de ces dernieres.

Enfin, 1 art gallo-romam reflete 1 orgamsation sociale, une forte centralisation, des ressources immenses en bras, grace aux corvees, en matenaux, a cause de 1 excellence des chemms. Les constructeurs pouvaient employer des blocs de dimension et ils 1 ont fait quelquefois ; mais, pour mettre en ceuvre ces grandes pierres, il fallait des appareilleurs de metier, et les Romains, qui voulaient se menager la possibilite de batir meme dans les provinces les plus amerces, comptaient avant tout sur des macons improvises : de la ces methodes, etudiees plus loin, permettant de construire de vastes monuments avec un petit nombre de maitres-ouvners, qui elevaient 1 ossature ou dingeaient le reste du personnel. On a pu comparer ces chantiers a nos chantiers de chemin de fer : quelques mgenieurs appliquant des formules a peu pres uniformes, une poignee d ouvriers specialises, enfin des chefs d equipe commandant a de tres nombreux manoeuvres.

Une pareille organisation entrainait une extreme division du travail : les uns construisaient, les autres decoraient. Amsi les Romains furent pousses a separer ces deux aspects de 1 art de batir ; ils en vinrent a faire consister la decoration en des

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