‹ Pour comprendre les monuments de la FranceChapitre 158 sur 202 · L ARMEMENT · texte numérisé non relu

L ARMEMENT

temes. Les unes avaient une longue fleche, terminee d un bout par une fronde, de 1 autre par un contrepoids. Dans le trebuchet (fig. 300), le contrepoids etait articule ; dans le mangonneau, il etait rigide et une equipe en augmentait la force par une traction vigoureuse. Trebuchet et mangonneau lancaient surtout des boulets de pierre. Le grand inconvenient de ces deux engins consiste en ce qu ils ne pivotent pas, d ou il resulte que le plan du tir est invariable.

D autres machines etaient a ressort : dans la pierricre ou baliste (fig. 301), I extremite libre de la verge etait fa~ connee en cuiller, sur laquelle on posait un boulet de pierre ; a la suite du declic, la verge, sous 1 action d un ressort, heurtait avec force un butoir, et le FIG. 3oi.

boulet contmuait suivant sa

trajectoire. LJarbalete a tour etait simplement une arbalete de fortes dimensions, montee sur un affut et lancant de gros traits. La catapulte avait un ressort en bois vert.

L artillene a feu ne realisa pas d abord un tres sensible progres : les boulets en pierre, dont la portee etait fort mediocre, se bnsaient contre les parements. La substitution des projec tiles en fer aux projectiles en pierre, a la fin de la guerre de Cent Ans, fut autrement importante que 1 emploi de la poudre a canon comme moyen de propulsion. Le XVI e siecle imagina les tounllons, qui, permettant d incliner plus ou moins la piece, facilitent le pointage, et I affut sur roues, qui donne a 1 artillene plus de mobilite. II fallut des lors changer les dispositifs de la defense. On sait que la portee et la force de 1 artillene se sont accrues sous le second Empire, par 1 invention des canons rayes, et depuis lors, par 1 emploi d obus charges de poudres explosives brisantes. Aujourd hui, les gros projectiles sont de ventables mines tres puissantes.

Un mot des armes portatives de trait : 1 arc, plus leger et beaucoup plus rapide que 1 arbalete, lancait des fleches empennees, a la volee ou de plem fouet ; 1 arbalete, que Ton bandait avec une mecanique,tiraitdes carreaux,plus courts et plus gros

Ls EDIFICES MILITAIRES

FIG. 3o2, FLANQUEMENT : TRACE SINUEUX.

que les fleches,Tarquebuse,quietaitune arme a feu.futen usage

des le XV e siecle et lemousquet depuisle XVII 6 siecle. Naturelle-

ment tous ces engins servaient a la defense,aussi bien qu a 1 attaque

Le trace des fortifications anterieurement aux fronts.

bastionnes. On choisit pour les forteresses une assiette defendue par des obstacles naturels, rivie res, pentes abruptes, etc., et qui domine, qm commande les environs. On garnit cette position d une enceinte et on pro tege cette enceinte ellememe par des ouvrages avances, destines a briser 1 elan des assaillants, a les tenirle plus longtemps possible sur un terrain

decouvert, exposes aux coups de la garnison. Les fosses, pleins ou sees, revetus, c est-a-dire maconnes, ou non revetus, avaient, en outre, pour but de rendre plus difficiles les travaux de mine. On appelle escarpe, le talus, le cote des fosses vers la place, etconrescarpe,le talus oppose. Uncheminde rondeest frequemment menage entre 1 escarpe etle pied du mur,et sur 1 aretede 1 escarpe on plante une barnere, que 1 on appelle //ces. Ce nom s etendit au chemin de ronde lui-meme. On fit d autres barrieres en avant du corps de la place, de meme que des terrassements et des {J^f^f^ ouvrages maconnes.

Mais il fallait prevoir que 1 ennemi, emportant ces lignes successives,

s approcherait de la muraille et, enfin, donnerait 1 assaut. Le trace etait etudie pour qu a ce moment decisif les defenseurs pussent prendre 1 assaillant en echarpe ; c est le flanquement. Or, aussi longtemps qu a dure 1 usage de preserver le flanc gauche de 1 homme par un bouclier, on disposa le trace

Reden

FIG. 3o3. FLANQUEMENT

Page 1